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Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Vacances sur une île

28 avril 2011 : Ensenada – Puerto Varas

La météo annonce quatre jours de soleil. Incroyable ! Quatre jours c’est ce qu’il nous faut pour arriver jusqu’à l’île de Chiloé. Mais si le ciel est dégagé, il ne fait toujours pas chaud. Pas plus de 12° aux meilleures heures de la journée et les nuits sont glaciales. Sans nuage, la vue sur les différents volcans de la région est idéale. Pour nous protéger du froid, nous achetons en chemin du miel mélangé à de la gelée royale. C’est bon et pour le prix nous avons droit à un dépliant listant tous les bienfaits de cette préparation de «mielothérapie». De là à dire que la vendeuse est un peu mielleuse…

Protégés de toutes les maladies de l’hiver pour le siècle qui vient, nous reprenons gaiement la route. 50km plus loin, nous sommes à Puerto Varas. Cette petite bourgade construite par les colons allemands fait étalage de son architecture germanique et de ses bonnes idées pour garer les vélos.

Nous faisons le tour des hébergements pour trouver le moins cher. Puis c’est la traditionnelle soirée au coin du feu.

29 avril 2011 : Puerto Varas – Puerto Montt

Nous sommes en Patagonie à la mauvaise saison, c’est évident. La météo devient prépondérante dans notre gestion des étapes. Qu’il fasse froid et nous écourtons le trajet. S’il pleut, nous essayons de rester où nous avons dormi quand c’est possible. Si le soleil se montre, nous pédalons le plus possible (bien que les journées deviennent terriblement courtes). Voilà un résumé de ce que j’ai compris de la météo de la région : si le vent vient du Nord, il est porteur de pluie mais pousse nos vélos vers le Sud. S’il souffle du Sud, il chasse les nuages, il fait froid et ensoleillé et nous pédalons plus fort pour avancer moins vite (si ce n’est pas clair, relisez les deux phrases précédentes, ça tombe sous le sens). Ca c’est la théorie. En pratique, aujourd’hui, le vent vient du Sud, il fait froid et le ciel est dangereusement bas. Ajouter à cela des pentes à plus de 20%, une circulation dense et vous comprenez que l’arrivée sur Puerto Montt ne restera pas un des meilleurs moments du voyage.

Seule récompense, nous arrivons sur l’océan pacifique que nous avions quitté à Trujillo au Pérou. Ici, la côte est belle, constellée d’îles et battue par les vents. Nous passons le reste de la journée à nous informer sur les différents ferries pour aller et revenir des îles. A la simple idée de prendre un bateau, il y en a deux qui sont heureuses.

30 avril 2011 : Puerto Montt – Huelmo

Puerto Montt est la dernière grande ville du sud chilien. C’est un port un peu tristounet sans véritable attrait. Pour continuer plus au sud, nous avons deux solutions : la route 5 rapide, asphaltée et encombrée de camions. Ou une petite route côtière partiellement asphaltée, plus longue mais plus tranquille. Et bien que nous nous soyons promis d’éviter autant que possible le ripio (route de gravier), nous choisissons l’option longue. Nous quittons donc Puerto Montt par les ports de pêche baignés dans l’odeur de poisson. Les nuages s’en vont enfin tout comme l’asphalte.

Nous quittons la piste pour rejoindre par un petit sentier le micro-village de Huelmo. Pour la première fois, nous mettons le pied à terre en descente tant la pente est importante. Sur la plage, la vue est imprenable. Le Nord de la Patagonie est vraiment superbe et malgré des conditions météo un peu difficiles, nous ne regrettons pas d’être venus jusque là.

1 mai 2011 : Huelmo – Calbuco

On trouve au Chili un réseau routier secondaire assez dense qui permet d’échapper à la route principale qui parcourt le pays du Nord au Sud. Inconvénient principal : c’est assez loin de l’idée de route que l’on a en Europe. C’est comme on dit ici :«pura piedra». Et puis évidemment ça fait des détours. Si vous avez l’impression sur la carte que l’on tourne en rond, rassurez-vous, c’est ce que nous faisons. Et c’est comme ça que nous finissons sur l’île de Calbuco (reliée au continent par un pont) à chercher les trois volcans qui nous sont devenus familiers et nous servent de points de repère. Mais comme il fait beau, profitons-en ! D’ailleurs le proverbe du jour c’est «mieux vaut pédaler sur une mauvaise route par beau temps que sur une bonne route par mauvais temps».

2 mai 2011 : Calbuco – Chacao

Si vous imaginez le Chili comme je l’imaginais – la Cordillères des Andes qui s’aplanit jusqu’à venir se jeter dans l’océan Pacifique – vous avez tout faux. Entre la Cordillère et l’océan, il y a la cordillère maritime. Autrement dit, plus on s’approche de l’océan, plus ça grimpe ! Comme le résume assez bien Zoé «dans les côtes on transpire, dans les descentes on s’enrhume». Elle sait de quoi elle parle, la pauvre a mal à la gorge et passe son temps à se moucher. Le miel aux 10 000 vertus ne tient pas ses promesses;-)

Nous nous arrêtons pour acheter quelques bonbons pour nos filles dans une station-service. Le patron paye un café aux parents. Ca n’a l’air de rien mais c’est ce genre de petites surprises qui nous font tant aimer l’Amérique du Sud. Et puis par ce froid, ça fait du bien.

Nous arrivons pour prendre le bateau pour Chiloé en fin d’après-midi.

Sur place, nous passons une demi-heure à l’office du tourisme à étudier l’itinéraire avec un passionné de l’île. Pour finir, il nous accompagne chez Ana Maria qui nous loue une maison face à la plage. A ce tarif-là, on peut dire qu’elle nous la prête. Le séjour sur l’île commence bien.

Proverbe du jour : «A chaque jour suffit sa panne».

3 mai 2011 : Chacao

Parce qu’on est bien, parce que Zoé est un peu malade, parce qu’il pleut, parce qu’au bout de tant de temps de voyage, nous avons enfin compris que ce qui compte ce n’est pas de «tout voir très vite» mais de prendre plaisir à voyager, nous restons tranquillement au chaud.

Et puis Ana Maria nous a promis de nous faire déguster la spécialité de Chiloé : un mélange de fruits de mer dont j’ai oublié le nom. C’est qu’elle est extraordinaire cette petite dame qui vit seule, fait trois métiers pour s’en sortir et peste contre ce président de droite qui replonge le pays dans l’ultralibéralisme initié par Pinochet. Elle regrette «la Bachelet», la précédente présidente, qui d’après elle se souciait plus des Chiliens et était en plus contre ce projet de pont qui doit relier l’île au continent. Car ici, le sentiment d’insularité est fort et l’ambiance est bien différente. Ile aux revenus modestes, l’hébergement et la nourriture y sont plutôt moins chers que dans le reste du Chili. Mais pour beaucoup d’habitants, joindre les deux bouts relève de l’exploit.

Et pour finir,  la suite de notre vidéo-blog :

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  1. Famille Desmarey

    Bonjour à tous les 4,
    Nous continuons bien sûr à vous suivre, à admirer la beauté des régions que vous traversez mais aussi votre courage face aux conditions météo pas toujours clémentes et aux dénivelés parfois vertigineux. De gros bisous à Zoé de la part de Louise qui prépare son anniversaire (au poney-club !) et regrette déjà de ne pas avoir sa copine à ses côtés ! On vous embrasse

  2. Ingrid

    Le monde est, pour l’Européen, un cosmos, à l’intérieur duquel chacun est en accord intime avec la fonction qu’il exerce; pour l’Argentin, le monde est un chaos.

    Jorge Luis Borges

    Une citation pour que vous nous parliez un peu des Argentins, est-ce que le monde est véritablement un chaos pour eux ?

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