08, 09 et 10 janvier 2011 : Uyuni

Se faire prendre pour des Américains dans des restaurants à touristes, ça nous lasse vite. Nous retournons manger dans la rue de délicieuses Saltenas (pains fourrés à plein de choses) et des galettes de pommes de terre. On fait assez vite le tour des curiosités locales : un musée où sont exposées des momies à crânes allongés et un cimetière de vieilles locomotives.

Le plus impressionnant reste les orages violents précédés de tornades qui balaient les rues. On achète quelques faux DVD et des fausses chaussures à Mahaut. Et nous nettoyons les vélos … comme toujours.

11 janvier 2011 : Uyuni – Tica Tica

On hésite longtemps entre partir vers le Chili en affrontant 300km de désert ou remonter dans la Cordiliière des Andes et affronter quelques cols. On choisit la deuxième solution et on la regrette au bout de quelques kilomètres. La route qui part vers Potosi, il faut arrêter de l’appeler «route». Notre moral plonge. C’est au moment où l’on désespère d’arriver au prochain village qu’un pick-up s’arrête pour nous proposer son aide. Et les gens qui nous aident à charger nos lourds vélos travaillent à la construction de la route qui prend du retard faute de paiement de la part du gouvernement. Génial !

Ils se proposent de nous emmener au prochain village où démarre l’asphalte. C’est finalement 70km plus loin qu’ils nous emmènent. Et tout ça avec le sourire. Six mois après notre arrivée sur le continent, la disponibilité des sud-américains continue à nous surprendre.

12 janvier 2011 : Tica Tica – ?

Un col : nous avions oublié ce que c’était depuis des semaines que nous nous baladons sur l’Altiplano. Pousser les vélos sur des routes de pierres et de sable nous donne envie de tout arrêter. Heureusement que la pluie nous épargne et que de l’autre côté, c’est pas l’Eldorado mais le Colorado.

Des montagnes rouges, vertes, grises et violettes. Nous sommes sur la route de Potosi entre des montagnes riches en minerai. Le soir, nous trouvons une petite montagne de sable rouge pour nous reposer.

13 janvier 2011 : ? – Chaquilla

Demander à 10 Boliviens comment est la route après, ils vous diront tous «totalement asphaltée à partir de maintenant !». En guise d’asphalte nous trouvons des pierres et du sable sur la majorité du trajet. Déprimant. 25km par jour semble être devenu notre horizon indépassable. A ce rythme, Potosi est encore loin. La pluie se rapproche. Heureusement qu’à Chaquilla, la gentillesse et le sourire des habitants nous réchauffent un peu. Sans eux, la Bolivie ne serait pas un pays pour le vélo.

14 janvier 2011 : Chaquilla – Porco

Encore une journée où l’on ne fait pas du vélo mais où l’on pousse les vélos. Epuisant même si les paysages sont incroyables. Tout y passe : désert, oasis, grand canyon et pour finir l’Irlande, ses moutons et sa pluie !

Et du sable partout et surtout sur la route.

Le soir, nous nous arrêtons faire quelques provisions dans un village. On nous indique un «Grand Hôtel» très proche. Une nuit à l’hôtel, pourquoi pas ? La douche chaude, les draps propres, on les voit déjà. Encore 4 km de montée ensablée et nous voici à Porco. Impossible de se faire ouvrir l’hôtel. Le fils du propriétaire nous explique que sa tante est partie à Potosi avec les clés dans sa poche. On le croit ! La moitié de ce village de mineurs semble en état d’ivresse.  Pas le bon plan pour camper et impossible d’aller plus loin. C’est un chauffeur de taxi qui nous indique un «alojamiento» (chambre chez l’habitant) triste et sale mais où nous sommes accueillis avec le sourire. Inutile d’aller payer un «tour opérateur» pour entrevoir les conditions de vie de misère des mineurs. Une nuit à Porco nous suffira. Attaque de chiens, hurlements d’alcooliques et la pauvreté à fleur de peau. Le lendemain, nous partons très tôt pour déjeuner au bord de la route.

15 janvier 2011 : Porco – Potosi

De longues montées et de l’asphalte au programme. Nous faisons le forcing pour arriver à Potosi avant la nuit. Comme hier les chiens sont partout et nous frôlent les mollets pendant que des habitants passablement imbibés frôlent nos sacoches. La fatigue aidant, nous perdons un peu notre sens de l’humour. Je lance des pierres à la tête des chiens et je hurle après les humains (et pas le contraire, rassurez-vous). Devant le terminal de bus ça zone pas mal. On pousse un peu plus loin et on s’engouffre dans le premier hôtel que l’on croise. 12h de sommeil.

16 janvier : Potosi

Ca y est ! Nous avons atteint le centre-ville de Potosi, trouvé une agréable pension et nous profitons enfin de cette ville historique «élevée sur un pandemonium de cupidité au pied de richesses découvertes par hasard».

Repos, Skype et compagnie.