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Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

PotoSucre

A peine arrivés à Potosi, nous sommes submergés par un flot de touristes, principalement Etats-Uniens et Argentins, qui sont venus ici pour la principale « attraction touristique » : la visite des mines. Nous n’irons pas les visiter. La principale raison est qu’aller « visiter » des mines en activité où les mineurs endettés à vie (ils payent l’accès à la mine), souvent malades dès l’âge de 40 ans, travaillant dans des conditions plus que difficiles nous semble plus relever du voyeurisme que du tourisme. Ajoutons à cela des agences sans scrupules ne respectant aucune des conditions de sécurité élémentaires et un certain ras le bol de notre part de voir cette misère village après village.

Alors, on se promène tranquillement dans les rues animées de la ville en mangeant des Saltenas. Et pour l’aspect historique de la ville, on visite la « Casa de la Moneda » où étaient fabriquées toutes les pièces en argent du royaume espagnol. Un vrai château fort. On en apprend aussi un peu plus sur l’étrange vie des « soeurs recluses » qui vivent encore dans les couvents de Potosi et dont la seule communication avec l’extérieur se fait par l’intermédiaire d’un tourniquet leur permettant de vendre leur production. Même ici, les vocations se font rares. On le comprend.

On peut également visiter les nombreuses églises de la ville. N’étant pas très porté sur les Jésus crucifiés (spécialement sanguinolents, il fallait terroriser les indigènes), je me régale plutôt de la visite des catacombes et de celle des toits qui offre un beau panorama sur la ville.

Dans un des couvents, un tableau de l’époque coloniale particulièrement éloquent : l’homme blanc plongé en enfer n’a qu’à lever les bras pour qu’on l’en sorte. L’indigène peut prier mais personne ne vient l’aider. Quant à l’homme noir (largement importé d’Afrique dans les mines de Potosi pour compenser les pertes d’indigènes), même pas considéré comme un homme, il peut se gratter et n’a même pas le droit à la prière! Un tableau qui pourrait s’intituler « l’enfer c’est pour les autres » en quelque sorte.

Enfin, nous rencontrons Florencio, boulanger et cycliste, qui accepte de nous garder nos vélos pendant quelques jours. Une fois n’est pas coutume, nous partons pour Sucre en bus. C’est l’anniversaire de Carine qui veut nous faire découvrir la capitale constitutionnelle et historique de la Bolivie. Bonne idée. La ville blanche a un côté très européen. Il y fait nettement plus chaud qu’à Potosi et les restaurants nous font pâlir d’envie. Truite au Roquefort, crevettes et un p’tit Pastis pour les 31 ans de Carine. Il n’en faut pas plus pour que nous décidions de prendre l’avion pour Lyon le lendemain !  La nuit portant conseil, nous choisissons finalement de rester.

Nous en profitons pour visiter les traces laissées par de gros animaux à écailles. En effet, à quelques kilomètres de la ville, à l’époque où celle-ci était une mer intérieure, une dizaine d’espèces différentes de dinosaures venaient se désaltérer laissant leurs empreintes dans le calcaire humide. Il y a 15 ans, la carrière de la cimenterie aujourd’hui installée sur le site, découvrait une immense paroi calcaire marquée de plus de 5000 empreintes. Cette découverte majeure se visite aujourd’hui. A l’aide de jumelles, on aperçoit encore les traces rondes et celles à 3 doigts de ces grosses bestioles dont certaines mangeaient plus d’une tonne de végétaux par jour (et rejetaient autant d’excréments et de gaz).

D’autres aussi ont laissé des traces dans la ville de Sucre et proposent encore aujourd’hui de délicieuses pommes de terre fourrées.

Au final, grande pause de presque deux semaines avant de reprendre la route dans quelques jours pour rejoindre l’Argentine avant l’expiration de notre visa de trois mois ! Passé ce délai, ils risquent de nous garder ici…

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  1. Ingrid

    Ne soyez pas pressés de rentrer, ici en France un appel à la grève est lancé pour votre profession grâce à ça:

    http://www.lesechos.fr/medias/2011/0125//0201099008200_print.pdf

    De futurs changements qui ouvrent des débats mais coupent la France en deux.
    Votre voyage me fait relativiser et penser que le peuple français ne sait pas toujours la belle vie qu’il a…

    Allez bonne route les amis !

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