Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

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Prochaine conférence

Depuis 10 ans, la Fraternelle de Rignieu-le-désert, sous l’impulsion de Gilbert Grosclaude, organise des rencontres avec des voyageurs revenant des 4 coins du monde. La première conférence était animée par Marcel BLANC, dont la formidable épopée à travers le monde et à vélo avait donné lieu à un livre. Nous aurons donc l »honneur d’être présents lors de cette rencontre anniversaire pour parler également de notre périple à vélo. Et pour que la boucle soit bouclée, Marcel BLANC sera là en tant que parrain de notre aventure et dédicacera son livre à ceux d’entre vous qui le souhaiteront.

Nous espérons vous y rencontrer nombreux.

Retour vers le futur

Plus de deux mois ont passé depuis notre retour. Pris dans le tourbillon des retrouvailles et du retour à la vie occidentale, nous n’avions pas vraiment eu le temps de nous retourner sur ces 14 mois hors du temps. Bien évidemment, la curiosité de ceux que nous rencontrons et qui sont au courant de notre périple les amène à nous poser des questions. On s’inquiète de notre retour à la « vraie vie ». On se soucie de notre réadaptation. On nous promet (comme toujours) bien des difficultés pour réintégrer la routine. « Ca ne va pas être facile après toutes ces vacances de retourner au travail ! ». Et bien désolé, mais c’est facile, très facile. Ne plus avoir à chercher un endroit où dormir tous les soirs, ne plus s’inquiéter du niveau des provisions, ne plus avoir trop chaud ou trop froid toute la journée, ne plus respirer la poussière des pistes infernales de Bolivie, ne plus lutter contre le vent de Patagonie, ne plus rester une semaine sans se laver, ne plus avoir honte de la misère autour de nous, ne plus manger du riz et du poulet des semaines entières, c’est maintenant que commencent les vacances…avant le prochain voyage ?!

Bien évidemment, nous souffrons déjà du matérialisme ambiant, après avoir vécu avec 8 sacoches et dormi dans 2m2 pendant tout ce temps. L’agression publicitaire, la surmédiatisation, la suffisance de ceux qui savent tout, l’ambiance politique délétère, des banquiers à la tête de pays ruinés par les banques, rien de tout ça ne nous a manqués. Mais dormir dans un lit et puiser dans un frigo à portée de main sont des plaisirs qui nous reviennent facilement.

Et puis ce blog. Je l’avais un peu oubliée la saine habitude d’écrire tous les jours coûte que coûte, le soir sous la tente ou le matin en buvant un café lorsque la fatigue nous avait abattue la veille. Plus le temps, trop de travail, trop de choses laissées en plan qu’il me tardait de reprendre. Et puis ce matin, dans le courrier, des photos envoyées gentiment par un voyageur français rencontré à Tupiza, à quelques kilomètres de la frontière Argentino-Bolivienne :

« La Tienda de… » et les souvenirs me sautent dessus sans prévenir. Nous avons passé plus d’un an de notre vie comme ça, sur des vélos à  parcourir un continent trop grand sur des montagnes trop hautes. Ce voyage nous aura permis de sortir de la trajectoire toute droite qui nous était destiné. Rien que pour ça, il fallait le faire.

Petite revue de presse

Un article dans le journal du Bugey salue notre arrivée. Il y a une petite confusion sur le nom de famille mais c’est pour passer incognito. Tous nos voeux de bonheur aux mariés qui partagent la page avec nous.

Et puis encore un autre dans la Côtière. Vous pouvez vous en épargner la lecture : c’est (presque) le même…

Merci à Gilbert Gosclaude et aux correspondants des deux journaux.

C’est fini

Nos familles, des amis sur la route, d’autres qui nous ont accompagnés à vélo, des messages plein d’encouragement, un accueil chaleureux, voilà le bilan de cette dernière étape. Nous vous remercions tous. C’est étrange et agréable de se retrouver ainsi chez soi après 14 mois de nomadisme.

MERCI !!

Une autre solution

Vous êtes plusieurs à nous faire remarquer que vous voudriez venir à vélo de Rigneux au point de rencontre puis retour avec nous. Un peu fatigués, nous n’avions pas pensé que 2 fois 33km, ça commence à faire. Alors pour ceux qui ne se sentent pas la réincarnation de Laurent Fignon, on peut se donner un second point de rencontre devant l’église de « Le Plantay » autour de 15h . C’est seulement à 13km de Rignieux soit 26km aller-retour.

Encore plus facile pour les petits enfants et les grands enfants, on passera devant l’église de Versailleux autour de 15h30 et de là, ça ne fait plus que 8km pour aller à Rigneux.

Et oui, nous n’avons plus de téléphone portable. Après un an sans utilisation, la ligne a été coupée.

Le début de la fin

Voilà, c’est fait. 87km à travers le Charolais bien vallonné pour arriver au sud de Mâcon. Demain dimanche sera bien l’ultime étape. Ceux qui nous reprochent d’être partis trop discrètement ne peuvent nous dire qu’ils ne savent pas quand nous rentrons;-) Le programme de la journée de demain est même assez bien défini : départ à 9h du petit camping municipal de Crêches-sur-Saône puis passage du pont au-dessus de la rivière pour arriver dans l’Ain. Ensuite nous allons descendre lentement vers le sud-est en passant par les petites routes : l’Abergement-Clémenciat, Châtillon sur Chalaronne, la Chapelle du Châtelard, Le Plantay puis Versailleux et Rignieux-le-Franc.

Comme nous sommes un peu fatigués, nous allons pédaler tranquillement. Nous devrions être à Châtillon vers 11h30. Ceux pour qui une petite promenade à vélo le long des étangs ne se refuse pas sont les bienvenus devant l’église de Châtillon-sur-Chalaronne entre 11h30 et 12h. Après ça, il reste 33 petits derniers kilomètres pour Rignieux-le-Franc… et c’est plat !

A très bientôt.

Que d’eau !

Demain, avant dernière étape. Pas la plus facile. Un peu plus de 80km avec quelques cols. Si nous y arrivons, alors nous serons bien là dimanche. Autrement ce sera lundi.

25 août 2011 : Crux-la-Ville – La Nocle-Maulaix

Pluie.

26 août 2011 : La Nocle-Maulaix – Palinges

Encore plus de pluie. Toute la journée en fait.

 

 

Arrivée …

Si tout se passe bien (pluie, santé, mécanique, route, etc…) nous arriverons dimanche 28 par Villars-les-Dombes. Ceux qui le veulent peuvent pédaler un petit bout de route avec nous ou nous rejoindre à l’arrivée. Nous continuons à vous tenir au courant via cette page. Je me dépêche, j’ai des kilomètres à faire…

La diagonale des fous

Le Morvan : nous avions oublié qu’il était sur notre route celui-là. Certes, il n’est pas aussi impressionnant que la cordillères des Andes mais cette fois-ci, nous avons une date à tenir. Il ne faut pas trop faire chuter la moyenne. Plus d’infos sur l’arrivée pour ceux qui veulent faire les derniers kilomètres avec nous très bientôt.

17 août 2011 : Honfleur – Brionne

Donc on repart. Il faut faire 750km en 14 jours. On se déleste de quelques affaires à la Poste mais ça ne transforme pas nos chars d’assaut à roulettes en formule 1. Tant pis. Allons en direction de l’Ain et on verra bien ce qu’il adviendra. On mange nos 60km, ce qui n’est pas si mal pour une reprise. Zoé et Mahaut sont au top de leur forme.

18 août 2011 : Brionne – Condé sur Iton

Temps orageux. «Ce sont des gens du voyage mais ils ne sont pas violents» m’explique un peu gêné l’agent municipal à l’étape du soir. C’est gentil de nous le dire mais nous n’avons pas de problème avec ces gens-là. D’ailleurs, nous nous sentons un peu «gens du voyage» après cette année de nomadisme. Et en plus d’être non violents, ils sont calmes, polis et le camping est dans un état de propreté impeccable. Comme quoi, on peut être sans domicile fixe et parfaitement civilisé. Ouf !

19 août 2011 : Condé sur Iton – Viliers le Mohrier

On annonce la canicule. Tant mieux. La forme est au rendez-vous.

20 août 2011 : Viliers-le-Mohrier – Andonville

Ca roule. 72km. Une pêche d’enfer.

21 août 2011 : Andonville – Chambon-la-forêt

Nous croisons quelques cyclistes du cru.

Plus loin c’est Chambon avec l’eau minérale et le camping de Richard. Si un jour vous passez par là, arrêtez-vous chez lui. L’endroit reflète l’esprit du gérant : calme et accueillant. Et puis quelqu’un qui récupère des vélos de facteur ne peut être que bon.

22 août 2011 : Chambon-la-Forêt – Briare

Un peu de passage à travers les fossés et les conseils avisés d’un vététiste nous permettent de rejoindre Briare uniquement par les petites routes de campagne où la voiture n’a pas encore été inventée. La ville aux multiples canaux est agréable mais ce soir c’est alerte orange pour raison d’orages violents prévus pour la nuit. On peut camper mais pas trop près de l’eau.

23 août 2011 : Briare – Donzy

Nous partons trop tard car nous dormons beaucoup. Le long de la Loire, nous rencontrons Marie Jo et René qui finissent leur tour du monde en 80 jours : Paris – La mer Noire aller-retour sur leurs beaux vélos. On bavarde. Comme souvent avec les fous à vélo, la rencontre est enrichissante.

Il fait très chaud et le secret dans ces cas là, c’est de bien s’hydrater. Les petites routes du Cher sont heureusement bien fournies en point de ravitaillement :

24 août 2011 : Donzy – Crux-la-Ville

Gros orages ce matin. Grosses galères avec le matériel trempé. Pas mal de grosses côtes aussi.

40 jours plus tard … 2ème partie

Déjà la moitié du parcours pour rentrer à la maison. Il fait chaud, les étapes sont trop longues mais la vie est belle.

Voici la fin du périple trans-océanien chez nos amis les Belges et nos voisins les Anglais.

04 août 2011 : Emden

Au petit matin, nous sommes à quai au port d’Emden. Avec la permission de midi, ça nous laisse suffisamment de temps pour descendre se balader dans la petite ville qui jouxte le port. Le choc est terrible. Tout est propre et calme. Un matin du mois d’août en Allemagne du Nord, rien de plus. Nous avions juste oublié cette étrange impression d’être parfaitement anonymes chez nous, en Europe. Certes, le taxi, que nous prenons faute de temps est dix fois plus cher qu’en Argentine mais nous ne le regrettons pas. Les rayons d’une célèbre chaîne de magasin de discount sont les plus fournis que l’on ait vus depuis bien longtemps. Et le bretzel est vraiment le seul pain capable de rivaliser avec la baguette. Nous sommes un peu étourdis et avons du mal à nous débarrasser de nos réflexes sud-américains. Où est ce … de réseau wifi gratuit que je consulte les mails ? Quoi !! 5 euros pour une heure d’internet, ce sont des bandits dans cette ville !! Viens, on s’en va.

05 août 2011 : Hambourg

Cette grande maison sur l’eau n’arrête pas de me surprendre. Ce matin, j’ouvre les rideaux et le décor a changé. Cette fois-ci, ce sont les sommets acérés des églises de Hambourg qui se dressent devant nous. Et le Queen Mary II. Oui, le plus grand bateau de passagers du monde nous fait de l’ombre.  Il est juste plus haut que nous et attirent tous les curieux. Quant au port, rappelez-vous vos cours de géographie : plus grand port d’Europe. Et c’est vrai. A perte de vue des containers et des files de cargos qui entrent et sortent par l’Elbe. Ca donne à Hambourg cette curieuse topologie : un immense port d’un côté du fleuve et une immense ville de l’autre. Nous traversons le pont car une visite du centre ville s’impose et nous avons quelques heures devant nous. J’assouvis mes fantasmes de technologie. Je rentre dans une grande surface pleine de matériel informatique et je contemple les ordinateurs et autres tablettes.

06 août 2011 : Hambourg – Tilbury

L’Europe est petite. En une journée, nous quittons le climat déjà assez moyen de l’Allemagne du Nord pour un temps carrément anglais, mélange de brouillard et de pluie.

07 août 2011 : Londres

C’est dimanche et ici, on ne travaille pas le dimanche. Toutes les activités de chargement et de déchargement du bateau sont donc remises à demain lundi. C’est une excellente nouvelle pour nous. Nous pouvons partir toute la journée sans horaire de retour. L’occasion est trop belle. Tilbury, où nous sommes à quai, est à 40km de Londres. Il nous suffit juste de prendre le train et à nous la capitale.

Zoé vient de finir un livre sur Londres et est très motivée pour cette visite. C’est donc tout sourire que l’on se fait bêtement arrêter par la police à la sortie du port. Sans le savoir, nous sommes en infraction. Les enfants sont interdits dans le port. Mais alors, formellement interdits. Va t-on nous jeter dans les geôles de la tour de Londres pour ça ? Non, mais presque. Ce soir, il faudra prendre un véhicule pour faire les 400m qui séparent l’entrée du port de la passerelle du bateau. Ok, sir ! On peut y aller maintenant ?

Je vous passe les détails de la journée. Londres est une ville fascinante.

De retour à 22h, un peu crevés, c’est le moment de repasser par nos «amis» des douanes. Sauf que le grouillot de ce soir semble avoir une réflexion encore plus limitée que celle de son collègue du matin. Cette fois-ci, c’en est fini de nous. C’est la deuxième fois que nous tentons d’enfreindre les règles du port. Nous sommes de dangereux criminels. Il appelle le poste de police. Mahaut veut faire pipi. A nouveau, le policier, un poil moins désagréable que le gardien, nous fait la morale mais accepte de nous conduire dans la voiture de police jusqu’au bateau. Pourvu que Mahaut se retienne. Inquiétude sur le visage de nos amis philippins puis sourire quand on les informe de la situation.

08 août 2011 : Tilbury

Après la grandeur de Londres, nous optons pour aller voir un peu où les vrais gens vivent dans cette bonne grosse ville industrielle de Tilbury. Il faut bien évidemment ressortir du port. D’après la police, il faut appeler un taxi. Finalement, après discussion avec le «watcher», un agent du port nous emmène jusqu’au centre ville. Mais ce soir, nous répète-t-il, pas de blague, il faudra prendre un taxi.

Un vieux fort anglais et un centre commercial plus tard, nous allons donc chercher le taxi qui doit nous faire rentrer dans le port. Et là, bien évidemment, il advint ce qui devait advenir. Le chauffeur de taxi se fait copieusement engueuler. Il n’a pas le droit de rentrer dans le port. Je perds mon flegme anglais et demande au «responsable» de la sécurité comment peut-on faire si on ne peut pas marcher ni prendre un véhicule pour rejoindre le bateau. Parce que je viens de me faire alléger de 10 euros pour faire 2 km. Compromis trouvé : le taxi s’arrête à une quinzaine de mètres de la passerelle et on finit à pied. Ils ont réponse à tout ces douaniers.

Au final, et pour la première fois depuis le début du voyage, aucun de ces imbéciles n’a contrôlé nos passeports lors de nos quatre passages par la douane.

Pour se détendre, on va faire quelques châteaux de sable sur la plage.

09 août 2011 : Londres – Anvers

Cap vers l’Est pour rejoindre le grand port belge. Quand on aperçoit enfin les côtes belges à la tombée de la nuit, il reste 75 km le long du fleuve pour atteindre le port d’Anvers. Il est tard. Nous partons dormir et manquons le passage par l’écluse géante.

10 août 2011 : Anvers

Le port d’Anvers, contrairement à ses homologues européens est posé au milieu des champs. Un petit tour dans la cité du diamant n’est donc possible que moyennant un taxi dont le prix est évidemment prohibitif. Du pont supérieur, j’aperçois le clocher d’une église. Pourquoi ne pas passer à travers champs pour rejoindre ce point de civilisation? Bienvenue dans la campagne flamande où l’on a l’impression que rien ne peut arriver.

11 août 2011 : Anvers

Je confirme ma théorie d’hier. Rien ne peut arriver ici. Tout est d’un calme olympien. Même l’activité du port semble tranquille. Des containers flottent dans les airs et volent du quai à l’arrière du cargo et vice-versa. Dans le navire, des techniciens italiens réparent une antenne par ici, un ordinateur par là. Nous sommes au port d’attache du cargo. Il se refait une santé avant de repartir pour deux mois de voyage.

12 août 2011 : Anvers – Le Havre

Nous devrions arriver au Havre dans la nuit et débarquer demain. Le cargo est à nouveau chargé de voiture, mais d’occasion cette fois-ci. Ainsi va le mouvement perpétuel des automobiles. Les voitures neuves sont majoritairement fabriquées à bas coût dans le sud avant d’être vendues trop chère dans le nord. Et nos vieilles voitures fatiguées font le chemin inverse où une nouvelle vie les attend entre les mains des mécaniciens géniaux d’Afrique ou d’Amérique du sud. Des milliers de voitures parcourent ainsi les océans chaque jour. La main invisible du marché semble bien s’amuser à déplacer ainsi des tonnes de ferraille entre Nord et Sud au nom de la logique mondialisée dans laquelle je n’arrive toujours pas à trouver la moindre trace de logique. L’Argentine et le Brésil veulent mettre un frein à ce jeu là en instaurant des règles de protectionnisme visant à développer une production locale pour le marché local. Moralité, notre cargo va effectuer son dernier voyage le mois prochain avant de rejoindre l’Italie. Trop axé sur le transport des véhicules, il risque de ne plus faire le plein.

13 août 2011 : Honfleur

Depuis que nous avons remis les pieds en France, c’est déveine sur toute la ligne. Faut-il y voir un signe du destin ? Peut-être qu’après tout, rentrer est une mauvaise idée…

D’abord, nous arrivons avec 24h de retard. Nous ne pouvons pas rencontrer le couple de cyclistes du Havre qui proposait de nous héberger. Dommage, ils ont l’air vraiment sympa. Puis après avoir déchargé nos montures du cargo, ma roue libre rend l’âme. Plus moyen de pédaler. Il est 11h. Il faut rejoindre la ville la plus proche en poussant les vélos. En plus de nos affaires habituelles, trois cartons remplis de livres que nous avions pour la traversée viennent alourdir la remorque. Nous comptions les envoyer par la poste. Vu l’heure, c’est raté. Honfleur, c’est joli, mais c’est loin à pied et on y trouve que des magasins de souvenirs. Impossible de faire réparer les vélos. Il faut prendre un bus pour le Havre. Mais il est trop tard. Il faut attendre mardi, week-end du 15 août oblige. Et puis les premiers échos que l’on a des vélocistes est mauvais. C’est le moi d’août. Au pire ils sont fermés, au mieux il y a 10 jours de délai pour obtenir la pièce. Sauf que dans 14 jours, il faut être rentré à la maison. C’est la poisse. En plus, il pleut sans interruption et le camping est inondé. Je veux retourner de l’autre côté de l’Atlantique !

14 août 2011 : Honfleur

La petite ville est saturée de touristes. Partout des restaurants archi-combles proposent des menus «Paradise» ou «Pleasure of Normandy». On se croit dans une colonie anglaise. De retour au camping, j’essaie de démonter une dernière fois le moyeu de ma roue. Il me manque des outils et un établi. Un jus couleur rouille coule de l’ensemble. Je suis un peu inquiet. Vais-je trouver un réparateur pour remettre tout ça d’aplomb ? La suite du voyage à vélo en dépend. Dans le cas contraire, il faudra rentrer en voiture. Une bien triste fin.

15 août 2011 : Honfleur

Erik Satie était originaire de Honfleur. Il y vécut dans une maison qu’il se plaisait à appeler le placard. D’ailleurs, on y entre par un placard. L’association des amis de Satie a créé en l’honneur du personnage un petit musée musical. Les gymnopédies me font oublier mes soucis de roue libre et de jour férié.

16 août 2011 : Le Havre

Journée marathon au Havre qui nous emmène chez un vieux réparateur de mobylettes qui démonte gracieusement la roue mais n’a pas la pièce de rechange. Laquelle pièce est  trouvée dans un magasin de vélo pour bobos où des gens qui ne font pas de vélo achètent des bicyclettes hors de prix que des mécaniciens en survêtement Lacoste blanc font semblant de réparer.  «Ils ne servent à rien mais tout le monde y va» lâche mon ami le réparateur de mobylettes quand j’y retourne pour qu’il remonte ma roue. Il vient tout juste de sauver notre voyage et quand je lui demande, un peu inquiet, combien il m’en coûte, il me répond : «Laisse une pièce au gamin». Je laisse un billet. C’est une enclave sud-américaine au Havre cette boutique.

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