De Tahiti et des Tahitiens, j’aurais tout entendu. Mes quelques mois au contact de ce peuple du bout du monde auront suffi à avoir une première impression qui contredit ce que l’on croyait savoir : soit c’est faux, soit ce n’est pas assez vrai.

Avertissement : Le tutoiement étant de rigueur sur ce joli caillou fleuri, je l’utiliserai dans tous les articles, non pas comme un élément provocateur mais comme une évidence naturelle du langage.

L’art de la la guerre (contre les moustiques)

Que Tahiti soit un eden terrestre ou pas, 2 choses sont à prendre en compte avant de s’expatrier : la pluie et les moustiques. Ne pouvant pas faire grand chose contre la première, nous allons nous attarder au traitement des seconds. Ce petit manuel devrait être utile à tous ceux qui comme nous feront le choix de vivre au plus près de la nature, certes magnifique mais également impitoyable et envahie par ces petits êtres sournois.

Avant de rechercher les moyens à mettre en oeuvre dans ce combat de tous les jours, il faut s’intéresser à l’ennemi. Polymorphe, le moustique tahitien peut être bruyant et pataud, petit et agile, rayé (le moustique tigre) ou encore minuscule (comprenez presque invisible). Sa particularité : il attaque à toute heure. Certains vous expliqueront qu’ils sont présents plutôt au lever du soleil, dans le creux de la matinée, avant le repas, pendant le repas, à l’heure de la digestion, en début d’après-midi, en fin d’après-midi, au coucher du soleil, quand le soleil est couché, exclusivement en début de nuit, avec de nombreuses explications relatives au climat, à l’humidité, au sens du vent, à la végétation, aux fleurs ou d’autres paramètres non maîtrisables, etc… La VERITE est pourtant là, devant nous : ils sont là TOUT LE TEMPS !

Non seulement leur piqûre est désagréable (comme avec tous les moustiques) mais en plus ils sont porteurs d’un panel de maladies bien pénibles (dengue, zika, chikungunya) et toutes sortes de réactions allergènes peu avenantes.

Ceci étant dit, il existe de multiples moyens de se battre contre leur envahissante présence. Les armes à votre disposition sont dans l’ordre d’efficacité constatée :

  • des habits longs avec chaussettes.

Un brin pénible dans un pays où la température avoisine régulièrement les 30°C. C’est assez radical mais les horribles bébêtes vont se concentrer sur les surfaces de peau restées accessibles : oreilles, cou et doigts.

  • les fumigènes (dits aussi serpentins)

Tous ne fonctionnent pas. On préfère ceux dits « naturels ». Ça marche bien à condition d’accepter de vivre dans un nuage de fumée. Plus de piqûre mais il faut supporter l’odeur de ces fumées et ne pas trop se poser de questions sur l’inhalation des substances qu’elles contiennent.

  • la raquette (dite « taser à moustiques »)

Alors là on passe à l’arme de destruction massive. Sous ses dehors de jouet pour enfant, on tient là une véritable arme qui transforme n’importe quelle bestiole volante en éclair bleuté. Avec un peu d’entraînement, on peut se faire ses 100 moustiques dans la soirée. Evidemment, c’est difficile de faire autre chose en même temps. Tu peux essayer de lire ton bouquin d’une main et chasser les moustiques de l’autre mais tu finis toujours soit par perdre le fil de l’histoire, soit par donner un coup de raquette sur la tête qui va te cramer quelques cheveux. Il faut faire attention…

  • le monoï

Produit tahitien naturel par excellence, l’huile, issue de la coco, est aussi utilisée comme répulsif à moustique. Une version parfumée à la citronnelle démultiplie l’effet anti-insecte. Personnellement, je crois plutôt que le produit est tellement gras qu’il transforme ta peau de piste d’atterrissage en patinoire. Plus rien ne peut s’accrocher à toi. En plus, ça résiste relativement bien à la baignade et reste donc efficace après un petit tour dans le lagon. En conséquence, c’est bien évidemment assez difficile de s’en débarrasser sur les mains après application. Effet doigts gras garanti sur les écrans tactiles, les papiers et les touches de claviers.

  • Les insecticides (off et autres poisons)

De l’avis des médecins, c’est le plus efficace : se bombarder la peau de produits censés repousser les insectes piqueurs. Ça fonctionne un peu après application mais dans un pays où tu te baignes 3 fois par jour et où tu transpire comme deux, l’efficacité est vite réduite à pas grand chose. C’est surtout la solution de secours contre le pétage de plombs (quand les moustiques te piquent sur tes boutons de moustiques parce qu’il n’y a plus d’autres endroits à piquer).

  • l’eau de mer

Un endroit où tu ne trouveras pas de moustiques : dans l’eau ! En plus, ça soulage les brûlures des boutons. Mais attention quand tu sors, ils adorent ta peau humide et légèrement salée et ça repart de plus belle. A réserver également aux situations d’urgence.

  • hors catégorie : le ICON

Ce n’est plus un mode de protection individuel mais un traitement global du problème. Ce produit, vendu presque partout, est à appliquer autour des maisons à l’aide d’un pulvérisateur. Réputé très dangereux pour la santé, on prend soin de s’habiller en cosmonaute avant de jouer avec. Le résultat à l’aube du jour suivant, c’est une hécatombe d’insectes : blattes, cent-pieds et autres rampants sont foudroyés dans la nuit. L’effet sur l’ennemi numéro un est à évaluer sur le moyen terme. Normalement, les larves de moustiques sont détruites et la situation doit s’améliorer jusqu’au prochain épisode de pluie qui rincera la produit. Mais cela nous ramène à un autre élément de la vie polynésienne que l’on traitera plus tard : la pluie.