Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

La route est belle mais elle est difficile

« Donde hay un deseo hay un camino
Donde hay un camino hay una aventura »

5 jours pour faire 210km. La route de Cuenca à Loja est tortueuse et montagneuse. Elle est réputée difficile même en bus ! Pour nous ça aura été la portion la plus difficile pour l’instant.

11 septembre 2010 : Cuenca – Col du Trinajilla

La route de Cuenca à Loja est jolie et le paysage nous rappelle celui de l’Ain. Nous sommes en forme mais notre progression est ralentie par un journaliste de «El Tiempo», le 3ème journal de Cuenca qui veut aussi son interview et ses photos. Un peu plus loin, c’est une famille en voiture qui s’arrête pour nous saluer et nous offrir des fruits. Ils ont vu l’article du «Mercurio» et sont très fiers de nous serrer la pince ! Ils tiennent un hôtel à Cuenca et voudraient nous loger pour la nuit. Après 5 jours de pause, nous avons les jambes qui nous démangent. Nous refusons poliment.

On peut enfin attaqué l’ascension du col du Tinajilla (3500m). A mi-chemin la panne : la roue libre de mon vélo n’accroche plus, autrement dit je pédale dans le vide. Il est tard. On demande à camper dans une ferme, on nous ouvre la grange. Je démonte le moyeu de la roue, je resserre et je remonte : ça a l’air de fonctionner. On verra demain.

12 septembre 2010 : Col du Tinajilla – La Paz

Après la mécanique du vélo, c’est la mécanique du pilote qui flanche : cette fois-ci c’est mes intestins qui sont en roue libre. Peut-être aurais-je dû éviter la peau de cochon grillé vendue sur le bord de la route. Le fait est que je ne dors pas de la nuit aidé par un coq déréglé et un matelas dégonflé. Au petit matin, j’ai à peine la force de pousser le vélo. A midi, je dors sur le bord de la panaméricaine. Il nous faut plus de 3h pour finir de gravir le col. Au sommet, une voiture s’arrête. C’est un médecin de Cuenca qui a lu les articles dans les journaux ! Quand je vous dis qu’on a de la veine. Il fait 60km aller-retour pour nous apporter du Coca, des gâteaux et du chocolat. Et donne 20 dollars aux filles «pour aider». Comme d’habitude, impossible de refuser. Le Coca fait son effet et nous poursuivons la route entre 3200m et 3500m avec l’agréable impression de rouler sur le toit du monde. Vue plongeante sur les montagnes avoisinantes.

Le soir nous croisons un ranch à l’américaine. Il y a de la place pour camper. Pas de problème pour les propriétaires qui nous offrent un café et des croque-monsieur. Bonne idée car il commence à faire sacrément froid.

13 septembre 2010 : La Paz – Ona

Cette nuit, nous avons été télétransportés. Quand nous enfourchons nos vélos, nous nous retrouvons dans l’ouest américain : grandes lignes droites désertes, pierre et terre rouges, cactus et végétations brûlés par le soleil. On aurait dû s’en douter : un ranch en Equateur ! La route magnifique est accrochée à la montagne. Le changement de décor est brutal mais on nous avait prévenu : le sud de la sierra est désertique.

Nous passons un nouveau col pour avant de plonger sur Ona. Un énorme pick-up aménagé en camping-car nous double. Ce sont des allemands qui pendant 3 ans parcourent la panaméricaine. Eux aussi ne vont pas aussi vite que prévu ! Pour eux, nous sommes fous de traverser un pays aussi escarpé à vélo. Ce soir, nous sommes d’accord avec eux.

Enfin, nos amis pompiers nous prêtent à nouveau une chambre. Sympas.

14 septembre 2010 : Ona – Saraguro

Deux cols, soit 1200m de dénivelé positif dans la journée, ça use.

Rencontre avec Kokoro, un Japonais fou. Déjà 4 ans sur la route et encore un an à pédaler. Incroyable.

Des paysages superbes et beaucoup d’encouragements sur la route, mais ça je l’ai déjà écrit plein de fois.

15 septembre 2010 : Saraguro – Cuenca

Hier soir, nous avons dîné avec Kokoro. Il nous a parlé de son voyage, du Tibet qu’il a tant aimé et du Japon également apprécié des cyclo-voyageurs. Lui qui a pédalé presque partout trouve que les Andes sont des montagnes difficiles sans plateau avec de longues successions de cols.

La journée d’aujourd’hui  n’échappe pas à cette règle. Avec en plus pluie, vent et froid. En milieu d’après-midi, il faut se rendre à l’évidence, nous n’arriverons pas à Loja. Nous décidons de continuer jusqu’à la nuit et de trouver un endroit pour camper. Nous finirons les quelques kilomètres restant dans la matinée.

Sauf que nous sommes en Equateur ! Un pick-up s’arrête. C’est un habitant de Loja qui nous a vus partir ce matin sous la pluie. Il ne veut pas nous laisser camper ici. Il nous emmène chez lui et nous invite à planter la tente dans son jardin. Et nous rencontrons une nouvelle fois un famille adorable et accueillante…

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Bonjour le Pérou, au revoir l’asphalte…

  1. le cousin Antoine

    salut mon cousin,

    que d’aventures, je regarde régulièrement votre blog qui me fait toujours rêver et relativiser mon départ proche. encore merci; je sais je me répète

  2. Papa d'Elise

    Quelle belle façon de relativiser notre quotidien lorsque nous apprécions vos photos. C’est l’aventure dans sa grande largeur, nous pensons à vous « con el corazon ».
    Fuerza.
    Ps: Est-ce que le réchaud fonctionne ?

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