Certains pensent que l’on est en train de transpirer sur les mauvaises pistes de Bolivie entre poussière et pluie. Mais le destin (qui a toujours bon dos) en a décidé autrement. En réalité, nous sommes en train de profiter de nos derniers jours en Bolivie entre piscine et promenades de santé. Un rythme assez éloigné de nos habitudes. Des vacances dans un far-west de rêve. Ailleurs, dans le far-east de Lyon, on pense à nous et grâce à la magie d’internet on fait un petit tour à la maison : http://www.rignieux-le-franc.fr/. Merci Jean-Marie et bonne année à tous les francs-rigniens !

29 janvier 2011 : Potosi

C’est aujourd’hui que l’on décide de partir de Potosi. Il a plu toute la nuit et c’est bien connu, quand il pleut la nuit, il ne pleut pas le jour et vice-versa (vieux dicton bolivien). Nous avions bien le sentiment d’être dans une cuvette encerclée de montagnes et toutes les indications recueillies pour sortir de la ville le confirme : « il faut monter ! ». Alors nous montons et vu l’inclinaison des rues, nous poussons nos vélos. Et le Cerro Rico qui domine la ville et nous paraissait si haut, nous l’atteignons au bout de 2h. Presque au sommet, au milieu d’installations minières d’un autre âge, nous avons froid et toutes les personnes rencontrées nous découragent de poursuivre la route à vélos. Ca fait 6 mois qu’on nous dit ça, pas la peine de se formaliser pour ces quelques avertissements.  Mais il faut bien reconnaitre que la route paraît trop longue, trop haute, trop vallonée et pas assez asphaltée. Ce dernier argument finit par nous convaincre. Arrivés à la bifurcation qui mène en Argentine, nous nous arrêtons pour attendre un camion ou un pick-up qui voudrait bien nous emmener plus loin et nous tirer de ce mauvais pas. Mais la providence semble nous avoir lâchés et il fait de plus en plus froid. Nous prenons la seule décision qui nous paraît fondée : ne pas s’engager sur plus de 200km de piste bolivienne. Nous redescendons toute la ville en direction du terminal de bus. J’avoue que c’est idiot de monter pour redescendre par  la même route mais le concept de route en Bolivie est si particulier que l’on n’a pas envie de vérifier l’avancement des travaux d’asphaltage. Et puis, même les bus évitent cette route que nous nous apprêtions à prendre. Au final, le bus (qui ne ressemble absolument pas à la photo que l’on nous montre au moment de payer) mettra 7h à faire les 160km qui nous séparent de Tupiza. On ne vous dit rien de plus sur l’état du véhicule et la conduite sportive du chauffeur, vous pourriez prendre peur. Ah si, quand même, à la pause pipi, je suis trop près du bus et notre impatient chauffeur (c’est bien le premier Bolivien impatient que je rencontre) referme la soute à bagages sur ma…hanche. Je lâche quelques jurons à son endroit, mais il est déjà remonté dans la cabine et démarre.

30 janvier 2011 : Tupiza

Pour beaucoup de voyageurs, Tupiza c’est le far-west bolivien. Pour nous, c’est la continuité de ce grand désert qu’est la montagne bolivienne avec ces pistes de sable si peu adaptées au vélo. Malgré tout, ces grandes montagnes rouges et l’atmosphère toute tranquille de cette bourgade expliquent le « pleasant town » de la carte. Pas encore envahie par les touristes qui préfèrent souvent filer jusqu’à la frontière, elle possède un charme tout particulier et une population encore plus accueillante qu’ailleurs.

31 janvier 2011 : Tupiza – La Torre

« Kid, la prochaine fois que je dis ‘allons dans un endroit comme la Bolivie’, allons dans un endroit comme la Bolivie ! » – Paul Newman – Butch Cassidy et le Kid (1969)

C’est à proximité de Tupiza que les deux plus célèbres bandits du farwest auraient trouvé la mort suite à leur dernier forfait. En fait, leurs corps n’ont jamais été retrouvés, ce qui n’empêchent pas les agences de proposer une route « Butch et Sundance » comme elles proposent une route du « Che » un peu plus loin. Nous traînons nonchalamment dans ces lieux hantés par des fantômes célèbres l’appareil photo en bandoulière.

Nous décidons également de redécouvrir que la bicyclette peut aussi être un plaisir. C’est sans nos lourdes sacoches et le long d’une voie de chemin de fer que nous explorons la région à la recherche des formations rocheuses qui l’ont rendue célèbre : canyon, tunnel, ravine, tout y passe. La plus connue est appelée pudiquement « La Torre » :

Une balade paisible où nous ne pouvons pas nous empêcher de porter nos vélos (plus exactement : où je ne peux pas m’empêcher d’entraîner tout le monde) pour franchir un passage bien entendu infranchissable. Comment dit-on trop simple déjà ? Ah oui, trop simple.

1 février 2011 : Tupiza – Quabrada Palala

Suite de l’exploration. Des photos…sous la pluie.

2 février 2011 : Tupiza – El canon

Le soleil revient. Nous partons pour le lieu dit « El Canon ». An fond de cet étonnant passage, nous mangeons des Saltenas (chaussons fourrés à la pomme de terre) et des papas rellenas (pomme de terre fourrées à la viande). Ca fait un peu Patateland comme menu mais si vous saviez comme c’est bon. J’en profite pour raconter à Zoé des histoires de brigands qui se cachaient dans ces canyons pour détrousser les riches marchands. Elle s’inquiète de savoir si l’on peut encore se faire attaquer dans ce genre d’endroits. A part par des chiens, je ne crois pas. Heureusement, les seuls chiens qui nous coursent appartiennent à un gentil monsieur qui nous confirme qu’ils n’attaquent jamais les femmes et les enfants. Sympa, je sais pourquoi j’ai toujours quelques cailloux dans les poches.

3 février 2011 : Tupiza – El Duende

Encore des photos :