Tu sais que tu es à Tahiti quand :

  • A la fin d’une séance d’équitation, tu te rends compte que tu n’étais pas seule sur le cheval. En enlevant ta bombe, le gecko respire toujours. Et toi aussi !
  • Quand tu vois flotter un gecko, mort cette fois, dans ton bac à vaisselle;
  • Quand ton évier est encore bouché;
  • Quand la nuit tu t’endors au son des vagues;
  • Quand tu prends ta 3° ou ta 4° douche de la journée (et que par la même occasion, tu changes encore de tenue);
  • Quand, après 5 jours de pluie consécutifs, ton linge qui pend n’est toujours pas sec (soyons honnêtes, vu l’odeur, toutes les 48h, tu le repasses à la machine mais sans résultat);
  • Quand c’est juste trop bien;
  • Quand parfois, le quotidien te semble trop compliqué;
  • Quand tu fais quelques pas et que tu te retrouves seul sur la plage, face à l’océan;
  • Quand tout va mal et qu’en quelques minutes, tu peux être sur ton canoë direction la barrière de corail;
  • quand, te croyant seul au monde, assis dans le lagon, tu te fais violemment mordre le haut de la cuisse par un poisson mécontent (sacré balliste !);
  • Quand tu contemples l’océan, assis sur ton tronc d’arbre, et que le chien du voisin te pisse dessus;
  • Quand tu te décides à consommer local, que tu achètes du matériel électrique « made in fenua » et qu’il tombe en panne en moins de 15 jours;
  • Quand tous les matins, tu fais quelques pas dans le jardin et que tu reviens les bras chargés de mangues;
  • Quand la voisine arrivent les bras chargés des meilleurs avocats du monde « parce qu’elle n’en peut plus, de tous ces avocats »;
  • Quand le jardinier te dépose un régime de bananes et un ananas sur le perron;
  • Quand un rat se promène sur ta vaisselle propre;
  • Quand tu te résouds à acheter des produits chimiques pour nettoyer ta maison parce que « ce n’est vraiment plus possible »;
  • Quand tu déposes ta fille à l’école face à l’océan et que sous le préau, les enfants entonnent un chant traditionnel;
  • Quand tu veux mettre un déchet à la poubelle et que tu te retrouves nez à nez avec maman gecko en colère (en même temps, tu avais essayé de l’empoisonner et la croyant morte, tu l’avais vulgairement jetée aux détritus);
  • Quand tous les matins, ton oreiller est trempé de sueur;
  • Quand, avec l’aspirateur, tu avales autant de poussière en une journée que dans ton ancienne maison en un an;
  • Quand au restaurant, tu commandes un plat et qu’on t’en apporte un autre et qu’avant de commander, tu avais ri avec ton conjoint en te rappelant que la dernière fois, ils s’étaient trompé de plat et que tu t’étais posé la question, cela vaut-il vraiment la peine de faire un choix ?
  • Quand à chaque fois que tu sors de chez toi, tu dois emprunter un chemin empierré qui abîme ta voiture pour rejoindre la route principale;
  • Quand tout le monde a la sourire parce qu’il fait beau, que l’eau est chaude et que, perdu au milieu du Pacifique, les mauvaises nouvelles d’Europe n’arrivent pas à t’émouvoir;
  • Quand ta fille passe des heures dans sa chambre à réciter son orero, en langue tahitienne;
  • Et quand un matin, elle se présente nue sous son paréo, au petit-déjeuner (on est à Tahiti, maman !);
  • Quand tu apprends où placer ton ordinateur sur le bureau parce qu’en cas de pluie, c’est plus prudent
  • Quand tu t’enduis de mono’i tous les jours;
  • Quand, pour te détendre, tu mets ton masque et tu pars observer les poissons;
  • Quand, à la fin de la journée, ton seul souci est le choix de la marque de bière que tu vas siroter sur la plage, face au soleil qui se couche;
  • Quand tu ne prends même plus la peine d’enfiler un maillot de bain pour aller te baigner (parce qu’ici, tout le monde se baigne habillé !);
  • Quand, quand on te parle de costume local, tu penses à un vieux T-shirt déchiré;
  • Quand, dans une même phrase, tu as 3 infos contradictoires;
  • Quand tu n’écoutes même plus ce que l’on te dit parce que tu sais que ça va changer;
  • Quand sur internet, tu consultes des sites en .pf;
  • Quand tu te présentes à un examen national le mauvais jour car tu t’es connecté sur .gouv.fr et que tu as oublié que quand c’est mardi en métropole, c’est encore lundi à Tahiti !
  • Quand le mot stress te paraît complètement incongru;
  • Quand tu vas sur la plage et que tu rencontres plein d’amis;
  • Quand la caissière a le sourire et prend le temps d’échanger plusieurs minutes avec chaque client;
  • Quand l’on t’informe que certes, les fenêtres et autres portes de la maison ne ferment pas vraiment mais que comme tu es sur un terrain sacré, tu n’as rien à craindre des voleurs;
  • Quand un ami, voulant protéger sa maison, fait l’acquisition de tikis et que son propriétaire lui fait remarquer que jolis comme ils sont, il va se les faire voler;
  • Quand, au retour de quelques jours sur l’île voisine, tu te rends compte que non seulement il te manque diverses choses dans la maison, mais qu’en plus ils ont pris une douche !
  • Quand le point positif du précédent, c’est que quelqu’un a pris soin d’aérer ta maison en ton absence;
  • Quand tu te rends compte qu’en plus, ils ont laissé leurs habits sales;
  • Et quand tu te rends compte que dans l’action, tu as lavé certains de leurs habits (non décidément, cette petit culotte n’est ni à Zoé, ni à Mahaut ! Et ce beau T-shirt, non, aucun de tes amis ne l’a oublié chez toi…)
  • Quand tu t’étonnes toi-même à pardonner de tels agissements;
  • Quand tu te sens bien;
  • Quand tu vis dans le présent, tout simplement.

Bref, quand tu es à Tahiti !