Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Catégorie : Tahiti

Hinano

Une chose est curieuse ici : la bière périme très vite. Je ne sais pas si cela est dû à des capsules de mauvaise qualité ou bien à du verre légèrement poreux mais le constat est là : il faut la boire très vite. Remarque bien que je n’ai pas fait d’études poussées sur le sujet et que je me contente d’une déduction, certes peu scientifique, mais basée sur une observation de multiple fois répétée : quand une glacière est pleine de bières, personne ne bougera tant qu’elle ne sera pas vide.

J’en déduis la capacité de péremption accélérée du produit.

D’ailleurs moi-même j’en achète peu et la bois vite pour éviter toute perte qui serait financièrement préjudiciable vu le prix des boissons alcoolisées sur l’île. Ce faisant, la mollesse qui m’habite (ne cherche pas, cet article est garanti sans contrepèterie) s’en trouve décuplée à chaque fois que je renouvelle l’expérience.

Ma capacité de raisonnement suit la même pente que la boisson houblonnée dans mon gosier et je me retrouve à me demander si la première gorgée de bière était meilleure que la dernière. Incapable de me concentrer sur les qualités gustatives comparées de la bouteille initiale et de la bouteille finale, je cours sans hâte (il fait chaud quand même) acheter un nouveau pack au commerçant du coin.

Considérant qu’il faut élargir l’échantillon pour affiner les résultats, j’appelle quelques amis pour m’aider dans ma dégustation. Conscients de l’importance de la tâche que je leur confie, ils se mettent à leur tour à descendre rapidement mais sans hâte excessive (il fait toujours assez chaud, même le soir) les bouteilles du précieux liquide.

Afin de maintenir une température corporelle constante, tout ce petit monde, se prêtant à l’expérience, se trempe jusqu’au cou, bouteille à la main au-dessus de l’eau, dans le lagon. Cette posture, typiquement locale, permet de prendre son bain tout en s’hydratant. Bref, joindre l’agréable à l’agréable.

Puis, le soleil se couchant, toute velléité de compréhension s’estompe doucement et le lumière rose-orangée que prend la voute céleste nous rappelle l’immensité de l’univers et repousse toutes les questions existentielles et scientifiques vers demain.

Bonne nuit.

En vrac (6 mois déjà !)

Tu sais que tu es à Tahiti quand :

  • A la fin d’une séance d’équitation, tu te rends compte que tu n’étais pas seule sur le cheval. En enlevant ta bombe, le gecko respire toujours. Et toi aussi !
  • Quand tu vois flotter un gecko, mort cette fois, dans ton bac à vaisselle;
  • Quand ton évier est encore bouché;
  • Quand la nuit tu t’endors au son des vagues;
  • Quand tu prends ta 3° ou ta 4° douche de la journée (et que par la même occasion, tu changes encore de tenue);
  • Quand, après 5 jours de pluie consécutifs, ton linge qui pend n’est toujours pas sec (soyons honnêtes, vu l’odeur, toutes les 48h, tu le repasses à la machine mais sans résultat);
  • Quand c’est juste trop bien;
  • Quand parfois, le quotidien te semble trop compliqué;
  • Quand tu fais quelques pas et que tu te retrouves seul sur la plage, face à l’océan;
  • Quand tout va mal et qu’en quelques minutes, tu peux être sur ton canoë direction la barrière de corail;
  • quand, te croyant seul au monde, assis dans le lagon, tu te fais violemment mordre le haut de la cuisse par un poisson mécontent (sacré balliste !);
  • Quand tu contemples l’océan, assis sur ton tronc d’arbre, et que le chien du voisin te pisse dessus;
  • Quand tu te décides à consommer local, que tu achètes du matériel électrique « made in fenua » et qu’il tombe en panne en moins de 15 jours;
  • Quand tous les matins, tu fais quelques pas dans le jardin et que tu reviens les bras chargés de mangues;
  • Quand la voisine arrivent les bras chargés des meilleurs avocats du monde « parce qu’elle n’en peut plus, de tous ces avocats »;
  • Quand le jardinier te dépose un régime de bananes et un ananas sur le perron;
  • Quand un rat se promène sur ta vaisselle propre;
  • Quand tu te résouds à acheter des produits chimiques pour nettoyer ta maison parce que « ce n’est vraiment plus possible »;
  • Quand tu déposes ta fille à l’école face à l’océan et que sous le préau, les enfants entonnent un chant traditionnel;
  • Quand tu veux mettre un déchet à la poubelle et que tu te retrouves nez à nez avec maman gecko en colère (en même temps, tu avais essayé de l’empoisonner et la croyant morte, tu l’avais vulgairement jetée aux détritus);
  • Quand tous les matins, ton oreiller est trempé de sueur;
  • Quand, avec l’aspirateur, tu avales autant de poussière en une journée que dans ton ancienne maison en un an;
  • Quand au restaurant, tu commandes un plat et qu’on t’en apporte un autre et qu’avant de commander, tu avais ri avec ton conjoint en te rappelant que la dernière fois, ils s’étaient trompé de plat et que tu t’étais posé la question, cela vaut-il vraiment la peine de faire un choix ?
  • Quand à chaque fois que tu sors de chez toi, tu dois emprunter un chemin empierré qui abîme ta voiture pour rejoindre la route principale;
  • Quand tout le monde a la sourire parce qu’il fait beau, que l’eau est chaude et que, perdu au milieu du Pacifique, les mauvaises nouvelles d’Europe n’arrivent pas à t’émouvoir;
  • Quand ta fille passe des heures dans sa chambre à réciter son orero, en langue tahitienne;
  • Et quand un matin, elle se présente nue sous son paréo, au petit-déjeuner (on est à Tahiti, maman !);
  • Quand tu apprends où placer ton ordinateur sur le bureau parce qu’en cas de pluie, c’est plus prudent
  • Quand tu t’enduis de mono’i tous les jours;
  • Quand, pour te détendre, tu mets ton masque et tu pars observer les poissons;
  • Quand, à la fin de la journée, ton seul souci est le choix de la marque de bière que tu vas siroter sur la plage, face au soleil qui se couche;
  • Quand tu ne prends même plus la peine d’enfiler un maillot de bain pour aller te baigner (parce qu’ici, tout le monde se baigne habillé !);
  • Quand, quand on te parle de costume local, tu penses à un vieux T-shirt déchiré;
  • Quand, dans une même phrase, tu as 3 infos contradictoires;
  • Quand tu n’écoutes même plus ce que l’on te dit parce que tu sais que ça va changer;
  • Quand sur internet, tu consultes des sites en .pf;
  • Quand tu te présentes à un examen national le mauvais jour car tu t’es connecté sur .gouv.fr et que tu as oublié que quand c’est mardi en métropole, c’est encore lundi à Tahiti !
  • Quand le mot stress te paraît complètement incongru;
  • Quand tu vas sur la plage et que tu rencontres plein d’amis;
  • Quand la caissière a le sourire et prend le temps d’échanger plusieurs minutes avec chaque client;
  • Quand l’on t’informe que certes, les fenêtres et autres portes de la maison ne ferment pas vraiment mais que comme tu es sur un terrain sacré, tu n’as rien à craindre des voleurs;
  • Quand un ami, voulant protéger sa maison, fait l’acquisition de tikis et que son propriétaire lui fait remarquer que jolis comme ils sont, il va se les faire voler;
  • Quand, au retour de quelques jours sur l’île voisine, tu te rends compte que non seulement il te manque diverses choses dans la maison, mais qu’en plus ils ont pris une douche !
  • Quand le point positif du précédent, c’est que quelqu’un a pris soin d’aérer ta maison en ton absence;
  • Quand tu te rends compte qu’en plus, ils ont laissé leurs habits sales;
  • Et quand tu te rends compte que dans l’action, tu as lavé certains de leurs habits (non décidément, cette petit culotte n’est ni à Zoé, ni à Mahaut ! Et ce beau T-shirt, non, aucun de tes amis ne l’a oublié chez toi…)
  • Quand tu t’étonnes toi-même à pardonner de tels agissements;
  • Quand tu te sens bien;
  • Quand tu vis dans le présent, tout simplement.

Bref, quand tu es à Tahiti !

(octobre 2017)

1) bonjour ! = ia ora na !

2) merci =mauruuru

3) salut ! (au-revoir) = nana !

4) la maison = te fare

5) bienvenue = maeva

« Ia ora na ! », « mauruuru !» et « nana ! » sont utilisés dans la vie de tous les jours : quand je salue mon voisin, quand j’entre dans un magasin… Dans la rue, les Tahitiens parlent français mais ils agrémentent cette langue de mots en Tahitien compris de tous (« Ia ora na  !» par exemple).

Le « fare » désigne la maison, le chez soi. La maison traditionnelle tahitienne, quand elle est située à proximité de la mer (C/Mer = Côté Mer (par rapport à la route de ceinture, et pas C/Montagne = Côté Montagne) dispose d’un Fare pote’e dans le jardin, très proche de la mer. C’est une petite construction de forme carrée, ouverte sur les 4 côtés mais disposant d’un toit, surélevé par rapport au sol, qui permet de profiter au mieux de l’océan à l’abri de la pluie, du soleil et des insectes (du moins ceux qui évoluent au sol!). Pour notre part, c’est là que nous avons mis notre hamac. On distingue le fare pote’e du fare hau pape. Mais c’est une autre histoire…

On s’est aussi posé la question : comment dit-on « le » ou « la » en Tahitien ?

le, la = te / la maison = te fare

Quand c’est à l’autre = taoe / ta maison = taoe fare

Quand c’est à moi = tau / ma maison = tau fare

Le petit défi du vendredi n°2

(octobre 2017)

6) Droite = ‘atau

7) Gauche = aui

8) En haut = i nia

9) En bas = i raro

10) Les épaules = pau fifi

Nous utilisons ces mots au cours de danse tahitienne.

Nana !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°3

(novembre 2017)

11) nord = to’erau

12) sud = to’a

13) est = maoa’e

14) ouest = aine

15) et… Mahaut = ma’o = le requin !

Nous sommes au bord de la mer, à Moorea !

Le petit défi du vendredi n°4

(novembre 2017)

Nous avons oublié de vous présenter l’alphabet tahitien.

Il ne contient que 13 lettres : 5 voyelles et 8 consonnes.

Lettres

Prononciation en reo ( tahitien )

A : «  a »

E : «  é »

F : « fa  »

H : « hé »

I : «  i »

M : «  mo »

N : «  nou »

O : «  o »

P : « pi »

R : « ro »

T : «  ti »

U : « ou »

V : «  vi »

+ 3 signes diacritiques :

– l’apostrophe : «  ’  » ( représente une consonne occlusive glottale / peut être considérée comme une lettre à part entière)

– le tréma : «  ¨  »

– le macron : «  – » ( barre horizontale que l’on place au-dessus d’une voyelle / indique un son long )

La langue tahitienne est le « reo tahiti ».

Le petit défi du vendredi n°5

(novembre 2017)

Aujourd’hui, nous allons vous présenter les jours de la semaine.

Te mahana

Lundi = Monire (de l’anglais « Monday »)

Mardi = Mahana piti (littéralement : jour 2)

Mercredi = Mahana toru (littéralement : jour 3)

Jeudi = Mahana maha (littéralement : jour 4)

Vendredi = Mahana pae (littéralement : jour 5)

Samedi = Mahana ma’a (littéralement : jour nourriture)

Dimanche = Tapati (du mot « sabbat »)

En tahitien, « mahana » veut dire jour . Donc « te mahana » veut dire les jours.

Le « ma’a » est le terme communément utilisé pour désigner le repas. Samedi se dit « mahana ma’a » soit « jour nourriture » puisqu’au temps des missionnaires protestants, c’était le jour où l’on préparait la nourriture pour le dimanche, tout travail étant alors interdit le dernier jour de la semaine.

« Au temps des missionnaires protestants », c’est à dire entre 1797 et 1842.

– 1797 : débarquement des missionnaires de la London Missionary School à la pointe Vénus

– 9 septembre 1842 : Tahiti devient un protectorat français

L’ambition des missionnaires de la London Missionary School était de détruire les cultes maohi et de christianiser la population.

Attention, ce n’est qu’en 1812 que Pomare II se convertit au protestantisme. Pomare II ne sera reconnu Ari’i Rahi, c’est à dire roi de Tahiti, qu’en 1815. La féodalité tahitienne et l’aristocratie militaire sont alors remplacés par une monarchie absolue. En 1817, les Evangiles sont traduits en tahitien et enseignés dans les écoles religieuses.

Ce n’est que dans les années 1820 que l’on peut considérer l’ensemble des Tahitiens convertis au protestantisme.

Nana !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°6

(novembre 2017)

Au centre culturel, il y a des affichages en tahitien (les mots sont traduits en français). Maman en a recopié un. Le voici :

Te mau ma’a hotu

Painapo = ananas

Mei’a = banane

‘I’ita = papaye

Tuvava = goyave

Taporo = citron

Mereni = pasteque

Anani = orange

Ha’ari = coco

Uru = fruit de l’arbre à pain

Vi = mangue

Et aussi (ceux-là sont affichés sur notre frigo) :

Ropere = fraise

Pea = poire

‘Apara = pomme

Les pommes que nous mangeons viennent de Nouvelle-Zélande.

Nana !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°7

(décembre 2017)

Quelques légumes d’ici .

Te mau ma’a tupu

Ufi = igname

Unara = patate douce

Mautini = potiron

Mape = châtaigne

Pota = légume vert

Tomati = tomate

Taroti = carotte

Totoma = concombre

Re’a = gingembre

Taro = taro

Bonne semaine !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°8

(décembre 2017)

Et voici le dernier affichage du centre culturel.

Te mau ‘u

Vert = matie

Bleu = ninamu

Jaune = re’are’a

Noir = ‘ere’ere

Orange = puatou

Rose = tarona

Violet = vare’au

Blanc = ‘uo’uo

Rouge = ‘ute’ute

Clair = teatea

Foncé = pa’o

Nana !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°9

(décembre 2017)

Voici ce que j’apprends à l’école :

Te ‘utuafare

papa : père

mama : mère

tamaiti : fils

tamahine : fille

tuane : frère

tuahine : soeur

‘ O vai to’oe papa ? ‘ O Florian to’u papa.

‘ O vai to’oe mama ? ‘ O Carine to’u mama.

‘ O vai to’oe tuane ? ‘ O ………… to’u tuane.

‘ O vai to’oe mau tuane ? ‘ O ………….. e ………….. to’u mau tuane.

‘ O vai to’oe tuahine ? ‘ O Zoé to’u tuahine.

‘ O vai to’oe mau tuahine ? ‘O Zoé e …………. to’u mau tuahine.

Aujourd’hui, c’est le dernier jour d’école. Les vacances de Noël durent 4 semaines. Cela correspond pour nous à la saison chaude et humide. Pour fêter cela, c’est « journée polynésienne » au lycée. Au centre culturel, nous regardons Moana en tahitien. (extrait)

Nana !

Mahaut

Le petit défi du vendredi n°10

(janvier 2018)

C’est la reprise ! Et c’est déjà le n° 10…

Te mau ava’e

Mois : Ava’e

Janvier : Tenuare

Février : Fepuare

Mars : Mati

Avril : Eperera

Mai : Me

Juin : Tiunu

Juillet : Tiurai

Août : Atete

Septembre : Tetepa

Octobre : Atopa

Novembre : Novema

Décembre : Titema

« mau » indique que le nom est au pluriel.

Te ava’e : le mois

Te mau ava’e : les mois

Cependant, cette particule est souvent omise quand le contexte suffit à indiquer qu’il s’agit du pluriel. Dans notre exemple, le titre « Te ava’e » est également recevable puisqu’il est suivi de la liste des 12 mois de l’année.

Si l’on reprend le défi n°5, soit la liste des 7 jours de la semaine, on remarque que le titre était alors « Te mahana », « les jours ». La maîtresse de Mahaut n’avait pas cru bon d’ajouter « mau » puisque le titre était suivi des 7 jours de la semaine. Elle le fera pour la liste des 12 mois de l’année, l’occasion pour nous de procéder à quelques recherches dans la bibliothèque de notre maison pour comprendre cette particularité !

A très bientôt !

Merci pour votre intérêt,

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n° 11

(février 2018)

On continue avec les chiffres, de 0 à 10 :

1- ho’e

2- piti

3- toru

4- maha

5- pae

6- ono

7- hitu

8- va’u

9- iva

10- ahuru

Un quelconque lien avec le défi n°5 ?! Presque de la révision, en fait.

A très bientôt !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°12

(février 2018)

La suite :

10 – ahuru
20 – piti ahuru
30 – toru ahuru
40 – maha ahuru
50 – pae ahuru
60 – ono ahuru
70 – hitu ahuru
80 – va’u ahuru
90 – iva ahuru

Et aussi :

100 – hanere
1000 – tauatini
1000 000 – mirioni

La construction de la langue tahitienne est donc des plus logiques :

10 : ahuru

20 : piti ahuru soit 2 fois 10

30 : 3 fois 10 = toru ahuru

Etc, etc…

A très bientôt,

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°13

(février 2018)

Et enfin :

11- ahuru ma ho’e

12- ahuru ma piti

13- ahuru ma toru
14- ahuru ma maha
15- ahuru ma pae
16- ahuru ma ono
17- ahuru ma hitu
18- ahuru ma va’u
19- ahuru ma iva

Donc ?

On vous propose un petit quizz :

Comment dit-on :

– 21 ?

– 34 ?

– 52 ?

– 79 ?

– Ou encore 95 ?

A gagner, un sashimi de thon ? Et quelques mangues en dessert ? Bref, on vous attend !

A très bientôt !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°14

(février 2018)

A l’école, Mahaut apprend toujours le tahitien avec sa maîtresse. L’apprentissage de la langue tahitienne et la découverte de la culture polynésienne sont inscrits aux programmes de l’école primaire. Puis, en classe de 6° et de 5°, les élèves poursuivent cet apprentissage à raison d’1h par semaine. A partir de la 4°, le tahitien devient une option.

Voici un exemple de leçon en classe de CM1 :

Date :

Monire 4 nō tetepa i te matahiti 2017

Te i’oa

’O vai tō’oe io’a ? ’O Mahaut tō’u io’a.

Quel est ton prénom ? Mon prénom est Mahaut.

’O vai tō’oe pa’era’a ? ’O ANTOINE tō’u pa’era’a.

Quel est ton nom ? Mon nom est ANTOINE.

’O vai tōna io’a ? ’O Teva tōna io’a.

’O Maeva tōna io’a.

Comment s’appelle-t-il (t-elle) ? Il s’appelle Teva.

Elle s’appelle Maeva.

E tamahine vau.

Je suis une fille.

E tamaroa vau.

Je suis un garçon.

E aha tō’oe mahana fanuara’a ?

Quand es-tu né(e) ?

Ua fanau hia vau i te : 1 nō Tēnuare i te matahiti 2008.

Je suis née le 1er janvier 2008.

I hea’oē e noho ei ?

Où habites-tu ?

E noho vai i Papara.

J’habite à Papara.

De retour de Huahiné, une île superbe et sauvage, où nous avons eu la chance de retrouver des amis.

Nana !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°15

(mars 2018)

Nous reprenons le petit défi n°9. Avec ma maîtresse, nous avons enrichi la leçon.

Te ’utuāfare

(la famille)

Te metua fānau : les parents

Te metua tāne : le père (pāpā)

Te metua vahine : la mère (māmā)

Te mau tupuna : les grands-parents

Te mau tamari’i : les enfants

Te tamāhine : la fille

Te tamāroa : le garçon

Et voici un extrait de notre premier petit dialogue :

Te ’utuāfare o Marama

(la famille de Marama)

– ’Ia ora na e Pito.

– ’Ia ora na e Marama. E Marama, ’o vai tō ’oe nā metua fānau ?

– ’O Tihoni tō’u metua tāne ’e ’o Mareta tō’u metua vahine.

– E Marama, tē ora noa ra tō ’oe mau tupuna ?

– ’Ē. ’O Terii ’e ’o Herenui te metua fānau o tō’u pāpā. ’O Taniera ’e ’o Rava te metua fānau o tō’u māmā.

Ouf ! On continue la semaine prochaine !

Nana !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°16

(avril 2018)

Après une petite pause (le temps passe trop vite sur le fenua !), on reprend nos petits défis !

Te ma’a po’ipo’i

(le petit déjeuner)

Le pain : te faraoa

Le beurre : te pata

La confiture : te mōmona

Le thé : te tī

Le lait : te ū

Le fromage : te pata pa’ari (c’est à dire le beurre dur!)

Les oeufs : te huero moa

Le café : te taofe

Le poisson : te i’a

Les firifiri ou beignets : te firifiri (C’est une spécialité de Tahiti, ce sont des beignets à base de lait de coco consommés principalement pour le po’ipo’i du dimanche)

E mea au na’u i te faraoa .

(J’aime le pain.)

E’ita vau eau i te firifiri .

(Je n’aime pas les firifiri.)

A Tahiti, il est courant de manger du poisson dès le petit-déjeuner. Le dimanche matin, ce repas revêt une importance particulière : le long de la route, des marchands ambulants proposent des firifiri, du cochon rôti, du pain coco, du poisson cru à la tahitienne et ddifférentes spécialités chinoises.

A très bientôt. C’est l’heure du ma’a !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n°17

(mai 2018)

Nous reprenons notre premier dialogue et vous proposons d’essayer de compléter l’arbre généalogique de Marama.

Te ’utuāfare o Marama

(la famille de Marama)

– ’Ia ora na e Pito.

– ’Ia ora na e Marama. E Marama, ’o vai tō ’oe nā metua fānau ?

– ’O Tihoni tō’u metua tāne ’e ’o Mareta tō’u metua vahine.

– E Marama, tē ora noa ra tō ’oe mau tupuna ?

– ’Ē. ’O Terii ’e ’o Herenui te metua fānau o tō’u pāpā. ’O Taniera ’e ’o Rava te metua fānau o tō’u māmā.

Nous vous avions déjà envoyé ce petit dialogue au mois de mars (petit défi n°15). Pour vous aider, un rappel du vocabulaire utilisé :

Te ’utuāfare

(la famille)

Te metua fānau : les parents

Te metua tāne : le père (pāpā)

Te metua vahine : la mère (māmā)

Te mau tupuna : les grands-parents

Te mau tamari’i : les enfants

Te tamāhine : la fille

Te tamāroa : le garçon

Nous avions déjà travaillé cette thématique au mois de décembre, confer le petit défi n°9 que je retranscris en partie :

tamaiti : fils

tamahine : fille

tuane : frère

tuahine : soeur

‘ O vai to’oe papa ? ‘ O Florian to’u papa.

‘ O vai to’oe mama ? ‘ O Carine to’u mama.

‘ O vai to’oe tuane ? ‘ O ………… to’u tuane.

‘ O vai to’oe mau tuane ? ‘ O ………….. e ………….. to’u mau tuane.

‘ O vai to’oe tuahine ? ‘ O Zoé to’u tuahine.

‘ O vai to’oe mau tuahine ? ‘O Zoé e …………. to’u mau tuahine.

Bon courage !

Nous aussi, nous avons failli baisser les bras à ce moment-là. Un peu de découragement, un travail énorme à fournir à l’approche du concours de orero : voilà les véritables raisons des quelques semaines de pause (qui auront été l’occasion de révision pour certains, j’en suis sûre !).

Nous profitons de ce petit défi pour saluer tout le monde et vous remercier pour votre intérêt.

A la semaine prochaine !

Carine et Mahaut

PJ : arbre généalogique



Le petit défi du vendredi n°18

(mai 2018)

En pièce jointe, l’arbre généalogique de Marama complété par Mahaut.

Pour le prénom des frères et soeurs de Marama, vous avez besoin de la suite du dialogue. La voici :

– ’O’oe ana’e te tamari’i i roto i teie ’ōpū feti’i ?

– E ’ere, e maha mātou.

’O Tarita te matahiapo, ’e ’o Mere, te ’aiū fānau ’āpī, te mau tamāhine.

’O Tama, te piti o te tamari’i,’e ’o vau nei, te mau tamāroa ïa.

– Māuruuru maita’ï e Marama nō teie mau parau iti !

’A pārahi rā, tē ho’i nei teie i te fare !

Te tamari’i = l’enfant

Te matahiapo = l’aînée

Te tamāhine = la fille / Te mau tamāhine = les filles

Te tamāroa = le garçon / Te mau tamāroa = les garçons

Et aussi :

Māuruuru = merci

Te fare = la maison, le foyer

Là, ça devient complexe et malgré toute notre bonne volonté et le recours au dictionnaire en ligne de l’Académie tahitienne, nous ne sommes pas arrivés à comprendre toutes les subtilités du texte.

A la semaine prochaine !

Mahaut et Carine

Le petit défi du vendredi n° 19

(mai 2018)

Pendant la semaine du patrimoine, à l’école, nous avons appris à préparer le poisson cru à la tahitienne.

Te i’a ota

(poisson cru)

Ingrédients : Te mau ano’i

Tomate = tomāti

Concombre = tōtoma

Oignon = oniani

Sel = miti pōpa’a

Citron = tāporo

Lait de coco = miti ha’ari

Poisson = i’a

« Miti » est un terme qui a un rapport avec la mer :

  • miti popa’a = sel courant, de mer
  • miti ha’ari = lait de coco auquel on a ajouté de l’eau de mer, ce qui est très courant ici : par exemple, on rince le poisson directement dans le lagon puisque souvent le dimanche, on mange sur la plage.

Préparation : Fa’aineinera’a

1) Tapupu te i’a .

2) Tapupu te tomāti, te tōtoma, te oniani.

3) Mani’i te tāporo, te miti ha’ari e te miti pōpa’a i ni’a i te i’a . Fa’arapu .

4) Ano’i te i’a e te mau ma’a.

Tapupu = découper

Le poisson utilisé est le thon rouge, très commun sur l’île (mais un met de luxe en France!).

Il est possible de préparer le poisson cru de 2 autres façons : à la chinoise (sucré) et à la grecque (base tomate).

Bon appétit ! Tama’a maita’i !

Mahaut et Carine

Où t’habites ?

Comme le Japon, lointaine île cousine du Pacifique, la Polynésie possède cette étrange particularité qui surprend les touristes mal informés : il n’existe pas d’adresses précises des lieux. Si une rue a un nom, il est certain que les bâtiments qu’ils la composent n’auront pas de numéro. Et comme la plupart du temps, les rues n’ont pas de nom…

Les plages, ce n’est pas ça qui manque, ni les manguiers, ni les dos d’âne.

Fini donc les 324 rue général Tartempion, 2ème étage gauche. Trop simple, pas poétique du tout, ce système d’adressage européen risquerait de te faire trouver trop vite le lieu que tu cherches. Ici on préfère, à gauche au gros manguier près de la plage, après le 7ème dos d’âne, la maison derrière la grosse pierre.Evidemment, la première fois ça surprend. Les plages, ce n’est pas ça qui manque, ni les manguiers, ni les dos d’âne. Mais avec un peu de pratique, on se repère à quelques éléments du paysage : un magasin d’alimentation, une maison abandonnée, un portail en bois et on devient expert pour trouver à peu près tout ce que l’on cherche : personnes, services, vendeurs.

Mais alors, te demandes-tu, comment il fait le facteur ? Héhé, tout simplement, y’en a pas ! Si tu veux recevoir du courrier et des colis, il faut louer une boîte postale. Ton adresse s’enrichit alors d’un BP 123456. Tu as une petite clé et tu peux aller régulièrement à l’OPT (La Poste) pour vérifier ta petite boite.

Deux personnes peuvent donc habiter au PK 30 et être diamétralement opposées sur l’île.

Pour le repérage sur l’île, on parle de PK : le Point Kilométrique. Le PK 0 étant situé devant la cathédrale de Papeete, il faut ensuite compter le kilomètres en s’éloignant. Mais attention, il y a des PK en partant sur la côte Est et également sur la côte Ouest. Deux personnes peuvent donc habiter au PK 30 et être diamétralement opposées sur l’île. Et puis les PK se comptent de Papeete au Nord vers Taravao au Sud mais également de Taravao vers Papeete. Une borne kilométrique affiche donc 2 numéros. Exemple : une personne qui habite au PK 40 (de Papeete) est voisine d’une personne qui habite au PK20 (de Taravao) !

Et si tout cela n’était pas assez compliqué, on recommence à compter les PK sur la presqu’île sur les deux côtes et dans les 2 sens.

Et enfin, on indique dans l’adresse géographique, le côté de la route. Ainsi on peut habiter côté montagne ou côté mer. Perpendiculairement à la route on va donc emprunter une servitude qui peut desservir un ou plusieurs quartiers.

Pour autant, on se perd rarement, il n’y qu’une route de ceinture et le tour de l’île fait à peine 120 kilomètres.

Petit exercice pour la prochaine fois : si j’habite au PK4 de Taravao côte Est, combien de temps je mettrai pour rejoindre la plage « PK 18 » en passant par la capitale sachant que la vitesse moyenne hors embouteillage est de 40km/h ?

Le Uke

Un des symboles de Tahiti, loin derrière les palmiers s’inclinant sur le lagon, les surfeurs dévalant des montagnes d’eau ou les couronnes de fleurs fraîches des vahinés, est un petit instrument de musique dont les particularités en disent plus sur le mode de vie tahitien que bien des ouvrages universitaires. Le ukulele est largement connu dans le monde sous sa forme Hawaïenne de guitare miniature à 4 cordes dont les images et le son sont fortement attachés à la saveur des îles de rêve dans leur écrin de sable blanc. Largement moins connu est le ukulele polynésien, voire tahitien dont la forme intrigue dès le premier regard.

En apprenant à le connaitre, c’est à dire en apprenant à en jouer, on réalise rapidement qu’il est pourtant à l’image des gens qui peuplent ce caillou fleuri au milieu du pacifique sud.

Comme eux, il a une construction robuste. Fait d’un seul morceau de bois, sans fioriture et sans accessoire tapageur, il s’autorise tout au plus quelques tatouages de motifs géométriques pour appuyer ses lignes épurées.

Quel autre instrument possède 4 cordes parfaitement identiques qui ne nécessitent pas un périlleux et long voyage jusqu’à la ville pour être achetées ?

Simple, il l’est dans son utilisation et dans son entretien : quel autre instrument possède 4 cordes parfaitement identiques qui ne nécessitent pas un périlleux et long voyage jusqu’à la ville pour être achetées ? Si une corde du ukulele casse, rendez-vous à la quincaillerie la plus proche où tout le monde sait quel fil de pêche permettra de corder son ukulele pour 3 fois rien et sans prise de tête.

Modeste et discret, il a cet impossible design avec l’ouverture de la caisse vers l’arrière quand tous les autres instruments à cordes projettent le son vers l’avant et un son sec et sans profondeur, croisement improbable d’un ukulele hawaïen et d’un banjo américain qui en fait autant un instrument à cordes qu’une percussion.

Entendre le son du ukulele tahitien, c’est savoir que l’on est au fenua

Joueur et très franc il se laisse transporter partout et aime se faire entendre dès que la fête pointe son nez ou pour meubler le bruit incessant des vagues heurtant la barrière corallienne.

Entendre le son du ukulele tahitien, c’est savoir que l’on est au fenua entouré de gens dont il est l’étrange et réjouissante incarnation en instrument de musique.

France ou pas ?

S’il y a bien une question par ici qui n’appelle pas de réponse simple c’est « Alors, Tahiti, c’est la France ou pas ? »

Et nous voilà repartis pour des heures de débat. Entre autonomie, indépendance, pays d’outre mer et autres grands mots, pas facile de s’y retrouver. Alors moi je vais vous dire, j’ai une réponse simple : Tahiti, c’est comme la France d’il y a 30 ans.

Évidemment les moins de 30 ans vont avoir du mal à comprendre les références de cet article mais tant pis. Ils se feront aider par plus vieux qu’eux.

30 ans plus tôt.

Fouille dans ta mémoire à une époque où les pompes à essence avaient leur pompiste. Quand tu étais petit, c’est le monsieur à qui ton papa tendait un billet en disant « le plein s’il vous plait ! » en début de mois et « 30 francs, ça suffira » en fin de mois. Il s’occupait de plein de voiture en même temps et ne se trompait jamais sur les montants. Trop fort. Le pompiste tahitien, il est pareil que celui de ton enfance sauf que tu le tutoies et que les montants c’est plutôt « 4000 francs s’il te plait ! ».

Tu te rappelles quand pour avoir internet on utilisait des modems qui faisaient plein de lumière et que même plus ça clignotait dans tous les sens, moins ça allait vite ? Bienvenue sur l’internet polynésien ! C’est cher, pas rapide et quand ça ne fonctionne plus il faut appeler le service client qui ferme à 16h.

Et te souviens-tu du prix d’un abonnement au réseau GSM (c’était comme ça que ça s’appelait avant la 4G) avant qu’une entreprise n’invente le forfait à deux euros ? Et même que t’avais des sms limités et qu’il fallait faire attention à ne pas dépasser et te prendre la tête avec le report des minutes d’un mois sur l’autre mais attention ça ne marchait plus le mois suivant à moins que t’aies collecté assez de points fidélité. Et bien ça marche encore comme ça ici.

Et puis : quand la carte bleue était encore un truc de geek que tes grands-parents refusaient d’utiliser parce que « c’est quoi cette monnaie en plastique et pis j’oublie tout le temps le code ». Tu sortais ton chéquier à tout bout de champ et au moment où t’en avais le plus besoin : Paf! Plus de chèques !

C’est toujours ainsi sur les belles îles de Tahiti.

Et quand il fallait attendre des plombes pour avoir la carte grise , précieux sésame délivré après avoir rempli en 3 exemplaires une feuille sur laquelle tu ne comprenais pas la moitié des items. Bon OK, c’est toujours comme ça en France.

Mais ici on lèche encore le timbre fiscal devant l’hygiaphone (cherche pas, il n’y a pas de contrepèterie).

Et avant les répondeurs automatiques, il fallait absolument joindre ton interlocuteur pour lui délivrer ton message. Rassure-toi, ici aussi les smartphones ont un répondeur (avec ce superbe accent tahitien) mais personne ne semble l’utiliser. On t’appelle et on ne te laisse pas de message. Il reste ce besoin de parler de vive voix. Pas toujours pratique.

Ça fait partie du charme polynésien. Et puis il y a quand même une différence. Ici tu t’en moques de tout ça. Tout le monde te sourit et personne ne râle. Pas très français pour le coup !

L’art de la guerre

De Tahiti et des Tahitiens, j’aurais tout entendu. Mes quelques mois au contact de ce peuple du bout du monde auront suffi à avoir une première impression qui contredit ce que l’on croyait savoir : soit c’est faux, soit ce n’est pas assez vrai.

Avertissement : Le tutoiement étant de rigueur sur ce joli caillou fleuri, je l’utiliserai dans tous les articles, non pas comme un élément provocateur mais comme une évidence naturelle du langage.

L’art de la la guerre (contre les moustiques)

Que Tahiti soit un eden terrestre ou pas, 2 choses sont à prendre en compte avant de s’expatrier : la pluie et les moustiques. Ne pouvant pas faire grand chose contre la première, nous allons nous attarder au traitement des seconds. Ce petit manuel devrait être utile à tous ceux qui comme nous feront le choix de vivre au plus près de la nature, certes magnifique mais également impitoyable et envahie par ces petits êtres sournois.

Avant de rechercher les moyens à mettre en oeuvre dans ce combat de tous les jours, il faut s’intéresser à l’ennemi. Polymorphe, le moustique tahitien peut être bruyant et pataud, petit et agile, rayé (le moustique tigre) ou encore minuscule (comprenez presque invisible). Sa particularité : il attaque à toute heure. Certains vous expliqueront qu’ils sont présents plutôt au lever du soleil, dans le creux de la matinée, avant le repas, pendant le repas, à l’heure de la digestion, en début d’après-midi, en fin d’après-midi, au coucher du soleil, quand le soleil est couché, exclusivement en début de nuit, avec de nombreuses explications relatives au climat, à l’humidité, au sens du vent, à la végétation, aux fleurs ou d’autres paramètres non maîtrisables, etc… La VERITE est pourtant là, devant nous : ils sont là TOUT LE TEMPS !

Non seulement leur piqûre est désagréable (comme avec tous les moustiques) mais en plus ils sont porteurs d’un panel de maladies bien pénibles (dengue, zika, chikungunya) et toutes sortes de réactions allergènes peu avenantes.

Ceci étant dit, il existe de multiples moyens de se battre contre leur envahissante présence. Les armes à votre disposition sont dans l’ordre d’efficacité constatée :

  • des habits longs avec chaussettes.

Un brin pénible dans un pays où la température avoisine régulièrement les 30°C. C’est assez radical mais les horribles bébêtes vont se concentrer sur les surfaces de peau restées accessibles : oreilles, cou et doigts.

  • les fumigènes (dits aussi serpentins)

Tous ne fonctionnent pas. On préfère ceux dits « naturels ». Ça marche bien à condition d’accepter de vivre dans un nuage de fumée. Plus de piqûre mais il faut supporter l’odeur de ces fumées et ne pas trop se poser de questions sur l’inhalation des substances qu’elles contiennent.

  • la raquette (dite « taser à moustiques »)

Alors là on passe à l’arme de destruction massive. Sous ses dehors de jouet pour enfant, on tient là une véritable arme qui transforme n’importe quelle bestiole volante en éclair bleuté. Avec un peu d’entraînement, on peut se faire ses 100 moustiques dans la soirée. Evidemment, c’est difficile de faire autre chose en même temps. Tu peux essayer de lire ton bouquin d’une main et chasser les moustiques de l’autre mais tu finis toujours soit par perdre le fil de l’histoire, soit par donner un coup de raquette sur la tête qui va te cramer quelques cheveux. Il faut faire attention…

  • le monoï

Produit tahitien naturel par excellence, l’huile, issue de la coco, est aussi utilisée comme répulsif à moustique. Une version parfumée à la citronnelle démultiplie l’effet anti-insecte. Personnellement, je crois plutôt que le produit est tellement gras qu’il transforme ta peau de piste d’atterrissage en patinoire. Plus rien ne peut s’accrocher à toi. En plus, ça résiste relativement bien à la baignade et reste donc efficace après un petit tour dans le lagon. En conséquence, c’est bien évidemment assez difficile de s’en débarrasser sur les mains après application. Effet doigts gras garanti sur les écrans tactiles, les papiers et les touches de claviers.

  • Les insecticides (off et autres poisons)

De l’avis des médecins, c’est le plus efficace : se bombarder la peau de produits censés repousser les insectes piqueurs. Ça fonctionne un peu après application mais dans un pays où tu te baignes 3 fois par jour et où tu transpire comme deux, l’efficacité est vite réduite à pas grand chose. C’est surtout la solution de secours contre le pétage de plombs (quand les moustiques te piquent sur tes boutons de moustiques parce qu’il n’y a plus d’autres endroits à piquer).

  • l’eau de mer

Un endroit où tu ne trouveras pas de moustiques : dans l’eau ! En plus, ça soulage les brûlures des boutons. Mais attention quand tu sors, ils adorent ta peau humide et légèrement salée et ça repart de plus belle. A réserver également aux situations d’urgence.

  • hors catégorie : le ICON

Ce n’est plus un mode de protection individuel mais un traitement global du problème. Ce produit, vendu presque partout, est à appliquer autour des maisons à l’aide d’un pulvérisateur. Réputé très dangereux pour la santé, on prend soin de s’habiller en cosmonaute avant de jouer avec. Le résultat à l’aube du jour suivant, c’est une hécatombe d’insectes : blattes, cent-pieds et autres rampants sont foudroyés dans la nuit. L’effet sur l’ennemi numéro un est à évaluer sur le moyen terme. Normalement, les larves de moustiques sont détruites et la situation doit s’améliorer jusqu’au prochain épisode de pluie qui rincera la produit. Mais cela nous ramène à un autre élément de la vie polynésienne que l’on traitera plus tard : la pluie.

Tahiti loin des clichés

Premières impressions

Tout d’abord, il me faut rappeler nos premières impressions. Des cocotiers, partout. L’omniprésence de la mer : des lagons magnifiques, un océan plus sauvage au-delà de la barrière de corail. Des couleurs. Prédominance du bleu. Le bruit aussi, peut-être. Nous louons une maison à quelques mètres de l’océan.

Un côté déglingue également. Loin des clichés du Tahiti touristique. Quelque chose de pas net dans les habitations, même chose à l’hôtel « classe » où nous passons notre première nuit. Mais peut-être est-ce dû seulement à la proximité de la mer, qui vieillit et rouille tous les objets prématurément, maisons et voitures compris. Un côté péruvien en somme. Ceux qui me connaissent (très bien) comprendront parfaitement à quoi je fais allusion.

On accède à la maison par un chemin. Plus de goudron mais une suite d’ornières. De grandes flaques. A la première pluie, on est sous l’eau ! Il nous faudra changer de voiture très rapidement. Moi qui aimais tant marcher, on me refuse le droit de le faire sur ce chemin : les flaques d’eau permanentes seraient le foyer de la leptospirose, la fameuse maladie des rats.

La maison est une vieille maison en bois, de famille. Les meubles sont de (très grande) qualité. Le parquet, massif, est en bois exotique. La propriétaire travaille au Ministère de la Culture. Elle a été plusieurs années directrice du « Musée des Îles », le seul musée publique de Tahiti. C’est la maison de sa mère. Elle l’a laissée telle quelle. La décoration, traditionnelle mais de bon goût, est composée de nombreux tableaux et objets rares (on a failli faire les journées du patrimoine chez nous !) et d’une belle collection de coquillages. Nous jouissons aussi d’une bibliothèque hors du commun, surtout que sur l’île, les livres sont plutôt absents.

C’est une maison traditionnelle. La cuisine est séparée du reste de l’habitation. La ventilation naturelle est assurée par un espace laissé ouvert entre le haut des murs et la toiture. Une façon écologique de lutter contre la chaleur. Pour éviter les rats, une série de petites pointes a été installée. Cela n’empêche pas une famille geckos de vivre derrière le buffet. D’ailleurs, je crois même qu’ils ont eu des petits ce mois de septembre. Nous nous sommes offerts un petit luxe : une fontaine d’eau, comme dans les films (ou les entreprises, dixit mon frère. Moins poétique.) Eau fraîche à volonté, eau chaude sur demande. Sur Tahiti, l’eau du robinet n’est pas toujours potable.

Notre chambre est immense et haute de plafond. Du bois de qualité recouvre en partie les murs. Nous dormons à côté d’une reproduction de Gauguin et sous le portrait d’une jolie jeune femme (la grand-mère jeune). Nous disposons de deux salles de bain. A Tahiti, c’est la norme.

L’endroit de la maison que nous utilisons le plus est la terrasse. Elle est lumineuse et abritée de la pluie. Elle est entourée de verdure et on aperçoit l’océan. Là encore, nous disposons d’un mobilier de qualité, dont un superbe bureau d’extérieur. Le tout en bambou. C’est là que nous mangeons, travaillons, discutons. Que nous vivons en fait.

La maison est située sur un terrain de 3500 m2 entièrement arboré. Nous vivons au coeur d’un jardin botanique. Magnifique. Une journée par semaine, un jardinier vient l’entretenir. Ramasser, brûler… Et toutes ces cocos qui tombent quotidiennement ! Nous avons aussi un manguier. A force de rouler sur des mangues, nous avons levé les yeux et découvert tous ces fruits à disposition. C’est une caractéristique de Tahiti, relevée par ses premiers colons. Ici, il suffit de tendre la main pour se nourrir. Pas besoin de cultiver, la nature est généreuse. C’est originellement ce qui qualifiera Tahiti de paradis.

Nature sauvage

Ici, la nature est différente. Plus sauvage. Elle échappe plus facilement au contrôle de l’homme. Les premières semaines, nous avons profité du jardin de façon essentiellement visuelle. Nous avions peur de nous aventurer plus près : le sol est relativement humide, il paraît qu’il s’y cache des « 100 pieds » (nous n’en avons pas encore vu un seul !). Il y a plein de petites bêtes « inconnues », disons que nous n’avons pas l’habitude de fréquenter. Quand il pleut par exemple, notre traditionnel escargot est remplacé par le bernard-lhermitte. Il y en a plein le jardin ! Il faut faire attention aux noix de coco qui tombent aussi. Réellement dangereux. Et puis, notre jardin est ouvert sur le monde; pas de barrière ni de portail. C’est une particularité (rare à Tahiti !) que nous apprécions à sa juste valeur. Par contre ici, les chiens divaguent. Le Tahitien des années 2000 a très peur des cambriolages. De hauts murs et de grands portails entourent désormais la plupart des maisons (ce n’était pas le cas 30 ans plus tôt, dixit une personne qui a vécu à Tahiti à cette époque). Il se dit que le Tahitien possède en moyenne 4 chiens : un évolue à l’intérieur de la maison, les 3 autres sont dehors. Ils sont propres et éduqués mais en liberté totale plusieurs heures par jour. Nous les rencontrons sur la plage mais aussi dans notre jardin ! Les premiers jours, « P’tit Paul » , un énorme chien qui a l’habitude de surveiller notre maison, nous faisait un peu peur. Aujourd’hui, il fait partie de notre quotidien. S’ajoute également « Billie », ou plutôt « Lily » (« coconet » pour notre propriétaire tahitienne, « minuscule » en français). Cette petite chienne vraiment adorable fait le bonheur de Zoé et Mahaut. Elle, elle vit presque ici. Nous avons aussi en permanence les 2 chats de la propriétaire. Une aubaine pour les filles, qui ont laissé les leurs en France.

Nous avons donc investi depuis peu le jardin : nous passons une grande partie du temps sur la terrasse extérieure, couverte. Nous avons installé depuis peu une table, des chaises confortables et 2 transats dans le jardin (loin des cocotiers) où nous profitons du soleil et de la nature luxuriante. Nous avons pendu notre hamac dans le «fare pote», construction traditionnelle présente dans de nombreux jardins tahitiens du bord de mer. Les maisons sont plus éloignées de la plage, tandis que le «fare pote» en est très proche et permet de profiter un maximum de l’océan : c’est une petite construction ouverte sur les 4 côtés, dotée d’un toit, à laquelle on accède par quelques marches. Un plancher en bois ajouré permet de profiter du jardin sans être à même le sol.

Il y a bien entendu le lagon, à quelques pas de la maison. L’endroit est juste magnifique. C’est un petit paradis. L’eau est chaude et toujours claire. Les poissons sont omniprésents. Bien sûr, et c’est une caractéristique de tout lagon, il y a du corail un peu partout. Mais pas de concombres de mer ! Et ça, c’est chouette. Le sable est noir et se mélange à la poudre de corail blanche. De petits morceaux de corail sont échoués un peu partout sur la plage. Nous passons beaucoup de temps à profiter tout simplement de l’endroit, assis face à l’océan. La douceur du lagon se combine à la force de l’océan sauvage au-delà de la barrière de corail. De notre plage, nous avons vu sur le spot de surf très réputé de la Taharuu. Nous aimons particulièrement boire notre café le matin sur la plage (à l’ombre des arbres, assis sur un des deux troncs d’arbre disponibles ou à même le sable), partager une bière au coucher du soleil, ou tout simplement nous rendre dans cet endroit merveilleux plusieurs fois dans la journée pour le seul plaisir de voir l’océan évoluer (il y a la configuration marée haute, marée basse, mer d’huile, mer agitée…). Par delà la barrière, il est possible, à cette époque de l’année, de voir les baleines et leurs baleineaux. Magique. Enfin, grâce à la gentillesse de notre voisine, nous disposons d’un kayak de mer. Florian en profite beaucoup et emmène Mahaut marcher sur la barrière quand les conditions le permettent.

Je n’ai pas encore parlé des moustiques. Omniprésents. Une véritable nuisance. Parfois, leur présence ne nous permet pas de profiter d’un lieu (par exemple le jardin ou notre chambre). Il y a des heures dans la journée où nous nous faisons dévorer, sans qu’aucune protection (électrique, fumigènes, monoï à la citronnelle, répulsif type « Off »…) ne fonctionne réellement. A d’autres moments, ils sont tout simplement (presque) absents. C’est pour cela que la nature est certes omniprésente à Tahiti, mais qu’on s’y sent parfois rejeté. (Autre exemple : la présence (sporadique) de nuées de fourmis ailées, qui nous oblige alors à un repli à l’intérieur de la maison).

Quotidien

Je parlerai maintenant de notre vie quotidienne. Elle est rythmée par l’école pour les filles. Mahaut se rend à l’école primaire tous les jours. Il y a école les lundis, mardis et vendredis de 7h20 à 15h, les mercredis de 7h20 à 11h30 et les vendredis de 7h20 à 11h. Avant de rentrer en classe, tous les élèves sont réunis sous le préau pour commencer la journée en chantant. Il y a 2 récréations pendant lesquelles les élèves ont la possibilité d’acheter de véritables sandwichs pour se restaurer. Zoé va au lycée tous les matins pour 7h. Elle finit la plupart du temps à 15h, le mercredi à 11h.

Nous habitons à Papara, un village situé à 40 km de la capitale, Papeete. C’est assez rural et plutôt modeste. Mais depuis peu, Papara dispose d’un centre culturel dynamique que nous fréquentons 4 jours par semaine : danse tahitienne, initiation au ukulélé… L’activité « danse tahitienne » comprend forcément une découverte de la culture dont elle est issue : étude de la langue vernaculaire, découverte des contes et légendes polynésiens, pratique de l’artisanat local et/ou traditionnel (tapa, tressage, couronnes de fleurs…).

Je parlerai encore de l’école de voile de la Baie Phaeton, où Florian et Zoé s’initient chaque fin de semaine à la voile : catamaran, planche à voile et bientôt laser ? Mahaut profite de stages pendant les vacances (toutes les 5 semaines…) puisque le samedi, nous nous rendons toutes les 2 au ranch du Plateau de Taravao pour garder le contact avec cet animal qui nous fascine tant, le cheval.

La Baie Phaeton se situe à l’extrémité de l’île principale (Tahiti Nui), juste avant la petite ville de Taravao qui fait la jonction avec la presqu’île, Tahiti Iti (sur laquelle se trouvent le plateau de Taravao, quelques vaches mais aussi la mythique vague de Teahopoo pour les surfeurs).

L’île de Tahiti ne souffre aucunement du tourisme, pour ne pas dire qu’elle ne profite guère (voire pas) de la manne touristique drainée par les autres îles. La ville de Papeete ne présente pas ou peu d’intérêt, si ce n’est sa maison de la culture, unique bibliothèque publique de l’île (au parfum de nos bibliothèques d’enfance, bancs en bois et collections surannées). La ville est grise et dans l’ensemble peu animée. Il est possible de longer la mer en empruntant les jardins du parc Paofai, joliment aménagés avec vue sur le port industriel et ses cargos pleins de promesses de voyages (qui ne manquent pas de nous rappeler notre traversée de l’océan Atlantique en 2011 pour rejoindre l’Europe). On longe également une belle marina (bateaux de plaisance). Des Va’a évoluent sur l’océan et au bout du parc, c’est le départ des ferries pour l’île toute proche de Moorea. Papeete est ouverte sur le monde. C’est aussi le centre culturel de l’île. Tahiti offre de nombreuses possibilités de sorties, concerts en tout genre, mais aussi théâtre. La maison de la culture dispose de 2 salles de spectacle. Une compagnie de théâtre a investi les lieux: un programme dynamique et engagé (une des pièces proposées par exemple traite des essais nucléaires en Polynésie). De belles représentations de danse contemporaine également (un clin d’oeil au travail de la compagnie Tschan), avec accueil de chorégraphes du monde entier (Nouvelle-Zélande, France…). Le patrimoine culturel polynésien se mêle à la création contemporaine : le festival de ukulele, le Heiva (danse tahitienne) sont autant d’occasions de sorties que d’espaces d’innovation artistique. La culture polynésienne est ancrée dans le quotidien de ses habitants et ne se cantonne pas à être l’objet d’une exposition dans un musée. La Polynésie est un pays vivant.

Par contre, il y a assez peu de possibilités de randonnée sur Tahiti même. On profite chaque semaine de l’itinéraire proposé par les Jardins d’Eau de Vaipahi (2 boucles pédestres, en plus d’un endroit magnifique). Les autres randonnées sont plus difficiles à trouver, et à suivre. Souvent, il faut faire appel à un guide local et traverser des terrains privés. Dommage. Mais la situation ne peut qu’évoluer positivement, comme c’est le cas sur l’île voisine de Moorea.

Je n’ai pas encore parlé de la nourriture. Saine, délicieuse. Traditionnellement à base de poissons et de fruits (et légumes) variés. Le poisson, sous toutes ses formes: cuit, cru, mariné… Dans tous les cas fondant et goûtu. On alterne entre thon rouge, thon blanc, saumon des dieux, mahi-mahi, meka… Il est possible de l’acheter en bord de route, directement au pêcheur. Les fruits sont délicieux. Colorés. Et pour la plupart, nouveaux. Mangues du jardin, coco, papaye, goyave, corossol, ananas, citrons verts et bien sûr bananes, dont la variété «fe’i» se cuisine comme un légume.

Les légumes sont plutôt traditionnellement des fruits ou des racines : il y a le «uru», le fruit de l’arbre à pain, le taro, mais aussi les mape ou encore l’avocat. En dessert, nous mangeons du «poe» ou encore du « retia » et divers gâteaux à la banane ou à la farine de uru. Ou encore du «ipo» et des «firi firi». Hélas, depuis quelques années, Tahiti subit la déferlante de la malbouffe, qui provoque des cas d’obésité préoccupants (selon des chiffres avancés par la Direction de la santé, 70% de la population adulte serait en surpoids dont 40% obèses et pour les enfants, plus de 35% seraient en surpoids, dont plus de 16% seraient obèses). Le sandwich ici (appelé «casse-croûte») ne coûte que 2 ou 3 euros. Avec Florian, nous avons eu du mal à finir sa version combo (avec 3 ou 4 éléments protéinés différents, associés à des frites et leur sauce) que nous nous sommes partagé une fois, format de sandwich avalé par d’autres comme simple en-cas à 10h. L’équilibre alimentaire n’est guère au rendez-vous. La cantine scolaire ne fait pas exception à cette règle. Quel dommage !

A Tahiti, on peut manger partout, tout le temps (enfin, pas après 20h quand même !). Une particularité : les «roulottes», ces restos qui ne s’installent que le soir venu et qui servent une nourriture roborative bien que tout à fait correcte, à des prix très abordables au vu des quantités servies (un seul plat suffit amplement pour 2 adultes européens, pas encore trop tropicalisés !).

Mais le plus important, c’est peut-être la douceur de vivre qui se dégage de cette île et de son peuple, l’absence de tout stress et/ou prises de tête inutiles. Les températures sont clémentes toute l’année (26° environ) et malgré une saison humide qui peut être pénible, le climat est dans l ‘ensemble plutôt très agréable. La gentillesse du peuple tahitien est désarmante, son sens de l’accueil légendaire. Entourés d’eau, si loin du rythme de l’Europe, une véritable impression de bout du monde ici. Voire de paradis. Même si, même si…

En conclusion, je me permettrais juste de rappeler que l’ailleurs pour les uns est l’ici pour les autres. Qu’en aucun cas, on ne peut comparer 2 vies. Vivre à Tahiti n’est pas mieux ou moins bien que vivre en France métropolitaine. C’est juste très différent et c’est pour tenter de rendre compte de ces différences que j’ai rédigé ce texte. Nous avons la chance de ne pas aborder Tahiti en tant que touristes. C’est désormais notre lieu de vie, de résidence et ce pour 4 ans. Nous profitons chaque minute de la chance qui nous est offerte de partager le quotidien de cette île, de vivre toute l’année au bord de l’océan. On sait déjà qu’une partie de notre coeur restera ici, comme on sait aussi que nos proches, nos amis, les membres de notre famille, mais aussi nos animaux de métropole nous manquent quelquefois cruellement. (Mais Mahaut veut rester toute la vie à Tahiti «quand même», tout comme son père. Et peut-être aussi Zoé ? Bref, le retour sera dur. On le sait déjà.)

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