Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Catégorie : Perou (Page 1 sur 2)

Tous à l’école

Comme un dernier souvenir du Pérou, voici (enfin) un petit résumé vidéo de notre journée dans une école péruvienne :

Oups !

Est-ce l’abus de Pisco ou de l’excellente Cusquena Negra, le fait est que j’ai oublié 2 jours dans les articles précédents. Voici le forfait réparé :

15 novembre 2010 : Urco – Moccoraisi

Petit déjeuner au bord du lac. Nous avons rendez-vous avec Mario 30 km plus loin. La route est facile et le temps idéal. Une fois dans le petit village de Moccoraisi, nous nous régalons à nouveau de l’excellente cuisine péruvienne. L’après-midi est consacré à la visite du village qui bien que peu éloigné de la route donne l’impression d’avoir franchi une frontière. Ici, on parle Quechua et quelques curiosités valent la peine d’être racontées :

1 – La justice locale

Il existe au centre du village un tribunal communautaire parfaitement reconnu par la justice péruvienne. On y règle, sous l’autorité d’un sage élu pour 2 ans, les problèmes entre habitants du village. Ce premier niveau de justice présente l’énorme avantage d’être totalement gratuit.

2 – La construction des maisons

On continue à construire, comme à l’époque des Incas, les maisons en adobe. Les techniques de construction sont connues de tous les habitants et l’entraide permet de bâtir sans avoir à payer une entreprise. De la véritable «autoconstruction».

3 – Les tuiles faîtières

Depuis Cusco, les tuiles faîtières sont décorées. Ici des taureaux apportent solidité aux maisons et éloignent les mauvais esprits. Pour cela il faut qu’ils regardent apparaître le premier rayon du soleil disent certains. D’autres pensent qu’il vaut mieux qu’ils soient orientés vers le soleil couchant. Ce serait plus efficace contre les mauvais esprits de la nuit. Quoi qu’il en soit, ce culte du soleil énervait les Espagnols qui imposèrent la religion catholique. Les habitants du village trouvèrent vite la solution : on remplaça un des taureaux par une croix !

4 – L’arbre mangeur de pierres

Il existe dans le village un arbre curieux : un «pierrivore». la preuve en photo :

Et un passage à la radio locale también :

16 novembre 2010 : Moccoraisi

Journée studieuse ! Tous à l’école. Sur l’invitation de Mario et de son père, Carine va intervenir dans une classe de l’école publique de Moccoraisi. Mahaut en profite pour faire sa première journée à la maternelle.  Et moi pour faire un petit reportage vidéo sans prétention que vous aurez un peu plus tard.

A plat !

17 novembre 2010 : Moccoraisi – Combata

Quand on reste trop longtemps au même endroit, on s’étale. Ce matin, pour quitter les dortoirs confortables de Mario, il nous faut presque 3 heures ! Le trajet continue paisiblement ponctué par des pauses au bord de la rivière. Nous prenons lentement de l’altitude et dormons à 3400m. Encore 1000m de dénivelé avant de redescendre sur le lac Titicaca.

18 novembre 2010 : Combata – 10km avant Aguas Calientes

De grandes lignes droites un peu monotones ponctuées par la visite de Raqchi. C’est le dernier des cinq grands sites incas que nous visiterons. Il est connu pour son immense temple qui soutenait le plus grand plafond de l’époque.

Nous décidons d’aller jusqu’à des eaux thermales que nous n’atteindrons pas à cause de la nuit. Tonio et André repèrent un jardin avec de l’eau et des toilettes. On nous accepte avec nos tentes pour la nuit qui sera froide (4000m déjà).

19 novembre 2010 : 10km avant Agua Calientes – Santa Rosa

Nous passons sans trop de difficulté le col de la Raya. Il faut dire qu’on se trempe dans des eaux thermales et que comme ça nous donne faim on déguste une truite à 9h du matin. Ca aide.

En haut, la récompense est totale : nous voici sur l’altiplano péruvien, ce plateau situé à plus de 4000m et habité par l’homme. Le paysage change radicalement. Les Andes que l’on côtoie depuis maintenant trois mois nous surprennent encore.

20 novembre 2010 : Santa Rosa – Ayaviri

Plat, c’est plat ! Du jamais vu. Moins de 1m de dénivelé par kilomètre.

Plus plat que la plaine de l’Ain ! Avec une ligne de chemin de fer fantôme. On se croirait dans un road-movie américain.

Ce soir, c’est le Pérou comme on le connaît : pas d’eau dans le village et pour le menu c’est poulet-frites ou poulet-riz…

21 novembre 2010 : Ayaviri – Caracara

De grandes lignes droites avec le vent de face : le cauchemar du cycliste.

Et pour finir, le gros point sur la carte où l’on comptait acheter à manger et dormir se révèle être un hameau de quelques fermes sans rien. On campe en mangeant les restes.

22 novembre 2010 : Caracara – Juliaca

Toujours plat, toujours droit. Je commence à regretter les cols et les pistes.  Côé positif : il fait beau et chaud et le vent est redevenu notre ami.

Nous arrivons à Juliaca par une banlieue triste avant d’atterrir dans un centre-ville agité où faire du vélo relève du jeu vidéo.

Et pour finir, le 2ème épisode de notre grande série du mois où nos valeureux pères se battent avec des chiens et une tente :

Et enfin un message de dernière minute d’André :

Dédé remercie tous ses amis pour leurs messages d’encouragement et de sympathie souvent chargés de l’humour qui leur sied si bien et leur dit à bientôt.

De 7 à 77 ans

33 ans, 34 ans, c’ est vos réponses au grand jeu concours. Voyons un peu :

Carine : vous le voyez sur les photos, toujours 20 ans !

Florian : depuis mes 35 ans, je compte à l’ envers pour rejoindre Carine ! C est à dire bientôt 33 ans…

Mahaut : 3 ans le 1 janvier

Zoé : 8 ans

André : on ne dit plus son âge à cet âge. Disons « x »

Tonio : pareil. Disons « y »

Cela nous fait une moyenne de (20+33+3+8+x+y)/6=33,5

Chouette alors, vous avez tous gagné. On vous apporte votre lot dans 10 mois. Patience…

10 novembre 2010 : Ollantaytambo

Enfin arrivés à Ollantaytambo nous projetons de visiter les ruines Inca. Face à l’afflux de touristes, nous renonçons pour monter dans la montagne en face explorer d’autres ruines totalement délaissées par ce tourisme de masse. D’ici, superbes points de vue sur la vallée.



Et même dans ces villages envahis de bus, nous trouvons des restaurants prisés par les locaux où l’on mange bien pour presque rien et un hôtel paradisiaque pour guère plus. André parle déjà de revenir….

11 novembre 2010 : Ollantaytambo – Aguas Calientes
Lorsque Hiram Bingham redécouvre le Machu Picchu en 1911, il l’appelle «la cité perdue des Incas». Aujourd’hui, la cité est un des endroits les plus visités du monde. Et elle n’est plus perdue pour tout le monde : transport en train au prix exorbitant et droit d’entrée très élevé sans rapport avec le terme «patrimoine de l’humanité» : A ce tarif, seule une petite partie de l’humanité peut se l’offrir. Avec Carine, nous étions d’ailleurs partisans de ne pas visiter le site. Mais, tous les voyageurs rencontrés nous ont fortement conseillé de ne pas le manquer. Alors nous voici ce soir à Aguas Calientes qui est loin d’être le village plein de ce charme du bout du monde que décrit le «guide du routard». Temple du tourisme de masse serait plus adapté comme terminologie : magasins d’artisanat vendant tous la même chose, restaurants pizzerias au menu identique à prix très européen, rabatteurs pénibles abusant d’un «amigo» peu sincère et hôtels trop chers. Tout cela me rend un peu ronchon. Heureusement, avant de prendre le train, on s’est offert la visite matinale des ruines de Ollantaytambo :




12 novembre 2010 : Aguas Calientes – Ollantaytambo

Je sais que vous ne tenez plus, alors comme promis voici révélé le secret du Machu Picchu :
vu d’en haut, il ressemble à ça :

Incliner la photo de 90° et vous voyez ça :

Le visage de l’Inca apparaît de profil avec son grand front et son grand nez !





Notre objectif est de monter tout en haut du nez de l’Inca, c’est à dire au sommet du Huayna Picchu. Seuls les 400 premiers sur le site ont le droit de faire l’ascension, préservation du site oblige. On se lève à 4h00 pour atteindre l’entrée du site une demi-heure avant l’ouverture et obtenir le précieux tampon. Il faut porter Mahaut toute l’ascension et presser le pas, nous ne sommes pas les seuls. On arrive épuisés mais sous les applaudissements des autres marcheurs, étonnés de voir deux enfants faire l’ascension. La montée au Huayna Picchu n’est pas simple non plus mais au sommet nous sommes récompensés par une vue complète du site qui si vous regardez bien a une forme de condor.






Alors, à la question «fallait-il aller au Machu Picchu ?», je réponds oui. Du site se dégage une magie et une beauté architecturale étonnantes. Arriver tôt parmi les premiers permet de profiter du site et sans la foule qui arrive massivement en début d’après-midi…avec la pluie.


13 novembre 2010 : Ollantaytambo – Pisac


La même route qu’il y a trois jours mais à l’envers. Toujours dans notre vallée sacrée avec deux sacrées crevaisons. On mange de la charcuterie pour la première fois au Pérou et de la bonne.

14 novembre 2010 : Pisac – Urco

Nous continuons à remonter le fleuve qui descend jusqu’au pied du Machu Picchu pour rejoindre la Panaméricaine dont Mario m’a vanté le peu de trafic. Il n’a pas tort, c’est calme comme une route secondaire. On roule à un bon rythme pour atteindre la lagune de Urco. Le lieu est idéal pour camper. Et pour changer du vélo, on fait un tour de pédalo ! Un bon orage au montage des tentes permet de vérifier encore une fois que le temps change vite en altitude. Ambiance de fin du monde au village privé d’électricité.

C est tout ? Et oui, c est tout pour aujourd hui. Les tuyaux sont percés : plus d’ eau et guère plus d’ internet où nous sommes. Mais plein de bonnes choses pour bientôt : le deuxieme épisode des Papys Au Perou, l’ arbre mangeur de pierre et Carine qui reprend du service à l’ école … péruvienne.

3 générations sur la route

« Les voyages sont la partie frivole de la vie des gens sérieux, et la partie sérieuse des gens frivoles » (Sophie Swetchine)
Soyons honnêtes, la moyenne d’âge de 18 ans fièrement affichée en en-tête de ce blog  doit être légèrement surévaluée pendant quelques semaines. Je vous laisse faire le calcul en ajoutant nos deux nouveaux pimpants cyclistes. Le premier à nous envoyer la bonne réponse gagnera un cadeau à notre retour.
06 novembre 2010 : Cusco

Nous nous installons chez Mario à deux pas de la place centrale. Les filles ont été bien malades pendant les 32h de bus et ont besoin de repos. On explore un peu le centre de Cusco : c’est une ville propre, belle et chère…
07 novembre 2010 : Cusco – Cusco

Première sortie à vélo pour Tonio et André. Pas de sacoche et seulement 10km aller-retour, le soleil et deux sites Inca.

Un bon entraînement pour les grands-pères. En fin d’après-midi, nous avons rendez-vous avec Mario et sa femme dans leur maison en banlieue de Cusco. Nous sirotons un cocktail maison avant de nous régaler à table. Les grands-pères n’ont pas besoin d’entraînement dans ce domaine 😉

Mario nous fait part de son idée de créer une école dans un village proche de Cusco. Il souhaite qu’en tant que professeurs nous intervenions auprès des enfants pendant une matinée. L’idée est intéressante et l’expérience certainement enrichissante pour tout le monde. Rendez-vous est pris dans une semaine, le temps pour nous de nous balader dans la vallée sacrée.
08 novembre 2010 : Cusco – Pisac

Nous quittons la cuvette de montagnes dans laquelle est tranquillement installée Cusco. 350 petits mètres de montée ponctuée par la visite de sites Inca. Puis une longue descente vers la vallée sacrée nous permet d’observer quelques sommets enneigés. Pisac est un village agréable où une hospedaje nous tend les bras. Première douche chaude depuis 2 semaines pour nous.








09 novembre 2010 : Pisac – 5km avant Ollantaytambo


Journée chargée : levés à 5h30 pour partir visiter les ruines de Pisac, considérées par certains comme aussi intéressantes que celles du Machu Picchu. Une heure d’ascension sportive pour découvrir le site encore déserté par les touristes.



Tonio, victime de crampes pendant la nuit, nous rejoint à 8h en taxi avec les enfants. Nous redescendons vers le village pour le traditionnel menu du jour à moins d’1 euro. Reste à faire 60km dans l’après-midi pour rejoindre un autre site Inca : Ollantaytambo.

Nous pensions le faire avant le nuit. C’était sans compter sur Carine qui déjante (enfin plus exactement sa roue arrière) et Tonio qui chute poursuivi par des chiens. Le soir se transforme en exercice de démocratie : que fait-on ? Je suis partisan de m’arrêter avant la nuit, Carine veut poursuivre jusqu’au village. On s’engueule et on choisit la solution médiane : à la nuit noire, on trouve l’hospitalité dans une salle de bar. Nous dormons entourés de bouteilles de bière. Je surveille toute la nuit que personne n’y touche !

Et pour finir, le premier épisode de notre nouvelle série : Les Papys Au Perou...

Noël en Novembre

Carine et moi retrouvons nos pères respectifs à Cusco.  Ils arrivent les bras chargés de cadeaux tels des pères Noël ayant troqué leurs traineaux contre des vélos. Outre les nécessaires pièces de rechanges pour nos bicyclettes fatiguées, nous avons le plaisir de trouver de nombreux courriers accompagnés de saucissons, de fromages de chèvre, de bracelets, de livres, de jeux, de photos, de dessins… C’est une surprise énorme pour nous et les enfants. Vous êtes à 10 000 km de nous et vous continuer à nous gâter. Attention, si ça continue, on va rester ici !

Alors, vous, les amis, la famille, l’école de Zoé, nous vous adressons un énorme merci. Déjà vos mails sont un perpétuel encouragement à ne pas se décourager mais alors là, c’est carrément du dopage !

Regonflés à bloc, nous partons demain avec nos vélos pour le Machu Pichu et après direction la Bolivie.

Et pour finir, nous remercions tous Mario Yepez qui accueillent des cyclovoyageurs depuis très longtemps et qui nous loge dans son bureau à quelques mètres de la place centrale. On ne pouvait pas rêver mieux.

Un message d’André

Malgré la fatigue du voyage, du décalage horaire et de l’altitude, nous sommes très heureux les papys de retrouver nos enfants et petits enfants dans un environnement très dépaysant.

Je tiens à remercier toutes les persones qui m’ont aidé à préparer cette expédition, en particulier :

– Mon épouse Nicole qui a pensé aux moindres détails de ce voyage.

– Nicolas T. qui m’a très gentiment prêté son vélo déjà rôdé à l’Amérique du sud.

– Christophe C. qui m’a préparé et réglé ce vélo comme une formule 1 en véritable pro qu’il est.

– François C. qui m’a coaché et testé dans un col semblable à ceux de l’Altiplano : « le col de Savoyeux ».

Je passe aussi un petit bonjour à tous mes amis(es) de Val de Gray Marathon. Je les avertis que je vais faire le plein de globules rouges. A mon retour vous aurez intérêt à être très affûtés. Tenez vous prêts les Laurent, Olivier, Roland, Alain et consorts, vous risquez d’être en danger.

A bientôt.

Plus dure est la chute

Du 27 octobre au 04 novembre 2010

La route après Huamachuco commençait bien :

Mais à force de voir des momies, Carine a voulu leur ressembler, pleine de bandages avec un look d’outre-tombe.

Une bonne chute un peu trop vite et voilà qui est fait. Tous les voyageurs à vélo ont leur petite histoire de « gamelles » plus ou moins graves. Nous aussi maintenant. Rassurez-vous, tout va mieux. Le plus pénible est d’aller chaque jour à l’hôpital pour soigner les bobos. Et de rester 5 jours à Trujillo, ville dans laquelle nous ne pensions pas nous arrêter plus d’une nuit.

Nous en profitons pour aller voir le Pacifique : l’eau est glacée (merci Humbolt) et une brume permanente empêche de voir le ciel. Par contre on mange de délicieux Cebiche : poissons et fruits de mer crus marinés dans du jus de citron.

Impossible de ne pas aller également voir Chan Chan, cette cité construite dans le désert et classée par l’Unesco. Ils ont bien fait de protéger ce site car non seulement, les 9 citadelles ont l’air de grands châteaux de sable mais en plus elles fondent comme des châteaux de sable.

Pour la suite du voyage, nous partons maintenant vers Cusco, rejoindre deux retraités fuyant la France (ils doivent avoir peur qu’on leur demande de travailler à nouveau) et qui croient qu’ici c’est le Pérou !

Nous faisons un petit pas pour le bus mais un grand pas pour le cycliste. 32h de voyage motorisé. Que ce pays est grand ! La route traverse le désert (re-merci Humbolt) et longe le pacifique. De grandes lignes droites et beaucoup de circulation. Pas forcément très marrant à vélo.

Mise à jour

Je profite de notre arrivée à La Casa Del Ciclistas de Trujillo et de la gentillesse de Lucho et de sa famille pour mettre à jour le site. Les photos manquantes de l’article « Comme des momies au Pérou » sont maintenant en ligne : Kuelap, des fruits inconnus, des animaux incroyables, des momies et plein d’autres choses…

Ca ne s´arrêtera jamais…

C’est une petite histoire bien connue. Disons qu’elle se passe au Pérou :

Un pêcheur péruvien va pêcher trois heures chaque matin dans le lac près de chez lui pour nourrir sa famille. L’après-midi il se repose en regardant les nuages et le soir il va jouer de la guitare et chanter avec ses amis. Un jour, un homme d’affaires américain vient le voir et lui dit :

«- Pourquoi ne pêches-tu pas plus longtemps ?

– Pour quoi faire ?

– Pour pêcher plus de poissons !

– Et qu’est-ce que j’en ferai ?

– Tu pourras les vendre au marché de ton village et gagner un peu d’argent.

– Et qu’est ce que je ferai de cet argent ?

– Tu pourras t’acheter un plus gros bateau et aller pêcher plus loin sur le lac d’autres poissons et faire les marchés dans la région.

– Et après ?

– Avec tout l’argent gagné, tu achèteras des bateaux pour aller pêcher sur l’océan.

– Mais je ne pourrai pas m’occuper de tous ces bateaux.

– Tu prendras des employés que tu payeras peu en leur faisant croire qu’ils ont de la chance d’avoir du travail.

– Et après ?

– Tu construiras des usines pour mettre en boîte les poissons et tu exporteras ta production dans tout le continent.

– Et alors ?

– Tu deviendras millionnaire, tu te feras construire une immense maison et tu auras plusieurs voitures.

– Et après ?

– Après ? Tu prendras ta retraite et tu profiteras des dernières années de ta vie.

– Pour faire quoi ?

– Et bien … tu pourras aller pêcher tranquillement le matin pendant trois heures, te reposer l’après midi en regardant les nuages et le soir aller jouer de la guitare et chanter avec tes amis…»

C’est à cette histoire à laquelle je pense quand, du haut de mon vélo, j’observe le mode de vie nonchalant et tranquille de ces villages agricoles où passe à peine une route et où tout le monde sourit.

20 octobre 2010 : Cajamarca
 

 

 

On dit de Cajamarca qu’elle est la ville la plus espagnole du Pérou. C’est vrai que la place centrale est jolie avec une richesse architecturale inhabituelle. Mais son véritable atout à nos yeux est qu’on y trouve plein de fromages ! Pas de quoi rivaliser avec un plateau bien de chez nous, tous ces fromages étant plus ou moins des dérivés de gouda. Mais nous ne boudons pas notre plaisir tout de même.

Et comme pour chaque retour dans la civilisation, on en profite pour assouvir nos envies de cuisine européenne. Ce sera dans un excellent restaurant italien avec des lasagnes savoureuses !

21 octobre 2010 : Cajamarca – San Marcos
 

 

 

La journée de repos nous a donné des ailes (à moins que ce soit la Pina Colada d’hier soir…) : deux cols et 70 km de route asphaltée. Du bonheur. On arrive un peu tard à San Marcos mais nous dormons pour trois fois rien dans un hôtel en construction.

22 octobre 2010 : San Marcos – Aguas Calientes
 

 

 

Réveil difficile. J’ai un peu de fièvre et des courbatures. Carine n’a guère plus d’énergie que moi et Zoé en a marre également. Nous gravissons un col. On s’arrête pour souffler au sommet.

Je discute avec un groupe de profs au bord de la route. Ils m’indiquent des eaux thermales un peu plus loin. Nous suivons les indications et découvrons un paradis (non fléché). Je demande à camper à la première hospedaje. Une vieille dame nous ouvre gratuitement son jardin avec bain d’eau thermale à disposition. Le rêve ! On retrouve tous le sourire et la forme.

23 octobre 2010 : Aguas Calientes – Cajabamba
 

 

 

Une dernière trempette à 50°C et c’est l’heure du départ. Aujourd’hui, c’est jour de marché. Embouteillage sur la route surchargée de taureaux, de moutons, d’ânes et de chevaux. Nous nous frayons un chemin à contre-courant. Un peu plus loin, nous sommes arrêtés par la police deux fois de suite. La première, c’est pour nous donner des oranges, la deuxième pour nous indiquer où dormir. A Cajabamba, nous trouvons une petite maison coloniale avec patio pour garer nos vélos. Nous prenons une chambre et nous nous offrons le traditionnel poulet-frites de la victoire. Et nous dormons comme des bébés pendant 12h.

24 octobre 2010 : Cajabamba – Chuipan
 

 

 

Bien décidés à prendre notre temps comme de vrais péruviens, nous déambulons dans le gigantesque marché du dimanche. Ici, c’est le bruit et l’odeur (comme dirait l’autre) et c’est un vrai régal (preuve qu’il n’avait rien compris). On vend de tout, les bonimenteurs se donnent en spectacle et il faut slalomer entre la foule, les mototaxis et les ânes. Dépasser tout le monde d’une tête se révèle être un bon avantage…

Il nous faut ensuite remonter sur les vélos et l’état de la route n’est pas au beau fixe. Mais les villages traversés sont agréables.

Les costumes des femmes deviennent de plus en plus colorés et les sourires toujours aussi nombreux. Nous traversons un village spécialisé dans la fabrication des tuiles (en terre cuite évidemment). Nous projetons de faire une grande étape mais à l’entrée d’un village, un couple nous propose de dormir là. On accepte d’autant plus qu’ils nous ouvrent la maison de leurs parents absents pour l’instant. Nous sommes également invités à partager la soupe du soir et le petit déjeuner. Moments uniques où l’on partage le quotidien de ces montagnards. Notre hôte nous révèle ainsi le vrai secret du Machu Pichu. Mais je vous le dirai plus tard…

Cela nous donne l’occasion de montrer à quoi ressemble l’intérieur d’une maison de paysan (soit l’écrasante majorité de la population dans la région) :

25 octobre 2010 : Chuipan – Sausacocha
 

 

 

Nous avions un objectif modeste pour cette journée : aller déguster une truite fraîche près d’un lac. Que voulez-vous, le moral est dans l’assiette ! C’était sans compter avec les travaux. Remarquez, maintenant nous savons tout de la construction d’une route. D’abord, prenez une route défoncée abandonnée depuis 20 ans (5km à éviter les trous),

ajoutez un lit de pierre et de gravier (5km à tomber et à remonter),

recouvrez de sable fin (5km à pousser les vélos dans la poussière),

et enfin déroulez de l’asphalte bien collant (5km à reboucher les pneus et les semelles).

Plusieurs heures plus tard, on pense être enfin sorti de cet enfer quand la pluie et le vent glacial nous signalent que nous sommes bien arrivés au col. Et le sable plus de l’eau ça colle. Descente périlleuse. On s’abrite un peu puis on repart. Mais rassurez-vous, on dégustera bien notre truite accompagnée de café brûlant. Campement à côté du restaurant avec nos amis les chiens.

26 octobre 2010 : Sausacocha – Huamanchuco
 

 

 

L’état de la route ne s’améliore pas. Après les graviers, nous voici en train d’essayer de pédaler sur une route en … sable !

Et ça monte. Jusqu’à une montagne dont on exploite les gisements d’or.

Vu l’état du village de mineurs, je pense qu’ils ne doivent pas en garder beaucoup pour eux de l’or…

Nous, on ne trouve que des noix de pécan.

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