Archives pour la catégorie Equateur

La route est belle mais elle est difficile

« Donde hay un deseo hay un camino
Donde hay un camino hay una aventura »

5 jours pour faire 210km. La route de Cuenca à Loja est tortueuse et montagneuse. Elle est réputée difficile même en bus ! Pour nous ça aura été la portion la plus difficile pour l’instant.

11 septembre 2010 : Cuenca – Col du Trinajilla

La route de Cuenca à Loja est jolie et le paysage nous rappelle celui de l’Ain. Nous sommes en forme mais notre progression est ralentie par un journaliste de «El Tiempo», le 3ème journal de Cuenca qui veut aussi son interview et ses photos. Un peu plus loin, c’est une famille en voiture qui s’arrête pour nous saluer et nous offrir des fruits. Ils ont vu l’article du «Mercurio» et sont très fiers de nous serrer la pince ! Ils tiennent un hôtel à Cuenca et voudraient nous loger pour la nuit. Après 5 jours de pause, nous avons les jambes qui nous démangent. Nous refusons poliment.

On peut enfin attaqué l’ascension du col du Tinajilla (3500m). A mi-chemin la panne : la roue libre de mon vélo n’accroche plus, autrement dit je pédale dans le vide. Il est tard. On demande à camper dans une ferme, on nous ouvre la grange. Je démonte le moyeu de la roue, je resserre et je remonte : ça a l’air de fonctionner. On verra demain.

12 septembre 2010 : Col du Tinajilla – La Paz

Après la mécanique du vélo, c’est la mécanique du pilote qui flanche : cette fois-ci c’est mes intestins qui sont en roue libre. Peut-être aurais-je dû éviter la peau de cochon grillé vendue sur le bord de la route. Le fait est que je ne dors pas de la nuit aidé par un coq déréglé et un matelas dégonflé. Au petit matin, j’ai à peine la force de pousser le vélo. A midi, je dors sur le bord de la panaméricaine. Il nous faut plus de 3h pour finir de gravir le col. Au sommet, une voiture s’arrête. C’est un médecin de Cuenca qui a lu les articles dans les journaux ! Quand je vous dis qu’on a de la veine. Il fait 60km aller-retour pour nous apporter du Coca, des gâteaux et du chocolat. Et donne 20 dollars aux filles «pour aider». Comme d’habitude, impossible de refuser. Le Coca fait son effet et nous poursuivons la route entre 3200m et 3500m avec l’agréable impression de rouler sur le toit du monde. Vue plongeante sur les montagnes avoisinantes.

Le soir nous croisons un ranch à l’américaine. Il y a de la place pour camper. Pas de problème pour les propriétaires qui nous offrent un café et des croque-monsieur. Bonne idée car il commence à faire sacrément froid.

13 septembre 2010 : La Paz – Ona

Cette nuit, nous avons été télétransportés. Quand nous enfourchons nos vélos, nous nous retrouvons dans l’ouest américain : grandes lignes droites désertes, pierre et terre rouges, cactus et végétations brûlés par le soleil. On aurait dû s’en douter : un ranch en Equateur ! La route magnifique est accrochée à la montagne. Le changement de décor est brutal mais on nous avait prévenu : le sud de la sierra est désertique.

Nous passons un nouveau col pour avant de plonger sur Ona. Un énorme pick-up aménagé en camping-car nous double. Ce sont des allemands qui pendant 3 ans parcourent la panaméricaine. Eux aussi ne vont pas aussi vite que prévu ! Pour eux, nous sommes fous de traverser un pays aussi escarpé à vélo. Ce soir, nous sommes d’accord avec eux.

Enfin, nos amis pompiers nous prêtent à nouveau une chambre. Sympas.

14 septembre 2010 : Ona – Saraguro

Deux cols, soit 1200m de dénivelé positif dans la journée, ça use.

Rencontre avec Kokoro, un Japonais fou. Déjà 4 ans sur la route et encore un an à pédaler. Incroyable.

Des paysages superbes et beaucoup d’encouragements sur la route, mais ça je l’ai déjà écrit plein de fois.

15 septembre 2010 : Saraguro – Cuenca

Hier soir, nous avons dîné avec Kokoro. Il nous a parlé de son voyage, du Tibet qu’il a tant aimé et du Japon également apprécié des cyclo-voyageurs. Lui qui a pédalé presque partout trouve que les Andes sont des montagnes difficiles sans plateau avec de longues successions de cols.

La journée d’aujourd’hui  n’échappe pas à cette règle. Avec en plus pluie, vent et froid. En milieu d’après-midi, il faut se rendre à l’évidence, nous n’arriverons pas à Loja. Nous décidons de continuer jusqu’à la nuit et de trouver un endroit pour camper. Nous finirons les quelques kilomètres restant dans la matinée.

Sauf que nous sommes en Equateur ! Un pick-up s’arrête. C’est un habitant de Loja qui nous a vus partir ce matin sous la pluie. Il ne veut pas nous laisser camper ici. Il nous emmène chez lui et nous invite à planter la tente dans son jardin. Et nous rencontrons une nouvelle fois un famille adorable et accueillante…

Cuenca

Du 06 au 10 septembre 2010 : Cuenca

Cette petite semaine à Cuenca s’achève et nous aurons tout fait sauf ce que nous souhaitions : nous reposer (à  ce sujet, la petite maxime reçue il y a quelques jours correspond assez avec notre état d’esprit : «mieux vaut ajouter de la vie aux années que des années à la vie»). Il a fallu régler quelques problèmes administratifs avec la France (merci Pascal !). Ce qui nous a fait rencontrer Mme Carmen Moreno, consul honoraire à Cuenca. Très dynamique, elle nous a fait faire quelques interviews avec les médias locaux. Cette présence dans la presse pourrait bien nous aider en cas de difficultés lors de la suite du voyage.

Nous avons également rencontré Hernan, un ami de German (notre hôte à Ambato) qui nous a invités dans sa grande maison. Accueil chaleureux et discussions autour des différences culturelles entre la France et l’Equateur. Hernan est inquiet de l’influence des Etats-Unis sur l’identité de son pays. Zoé joue avec Evelyn, sa fille de 9 ans.

N’oublions pas l’aspect culturel de Cuenca avec notre premier site Inca. Il n’en reste pas grand chose à vrai dire mais les ruines montrent à quel point ces cités étaient modernes et développées. A l’intérieur du musée, des têtes réduites dorment paisiblement. Elles en ont de la chance !

Nous réfléchissons également à la suite du parcours. Après Cuenca, nous devrions traverser une zone plus désertique avant de rejoindre le Pérou. Là-bas, nous hésitions entre rester dans la Sierra (les Andes) sur des pistes ou bien descendre le long de l’océan pacifique sur la panaméricaine au risque de s’ennuyer un peu pendant les 1500km (très plats) pour rejoindre Lima. Les tuyaux de ceux qui sont passés par là à vélo sont les bienvenus.

Amis végétariens et amis des animaux, ne lisez pas ce qui suit :

Pour finir en beauté avec Cuenca et la famille Gomez qui nous accueille, nous allons ce soir au restaurant manger … des cochons d’Inde ! Et oui, ici on ne les élève pas comme animaux de compagnie mais on les mange. Il parait que ce sont les pattes la meilleure partie. Je confirme.

Bon appétit et à bientôt.

A Cuenca

Après notre virée dans l’Oriente, nous revenons à la civilisation dans la sympathique ville de Cuenca. Nous sommes hébergés dans une famille Colombienne à la gentillesse désarmante qui nous donne bien plus que nous ne pourrons leur donner…

Carine donne sa première interview dans les rues de Cuenca pour le journal du soir.

Nous passons à la radio pour une interview dans une émission sportive où Zoé surprend en répondant en espagnol.

D’autres événements devraient suivre dans les jours qui viennent.

Départ prévu samedi … si nous pouvons partir;-)

J’en profite pour ajouter deux nouvelles pages :

«dans nos bagages» : une liste du matériel emporté (cette question revient souvent dans vos mails).

«presse» : nous essaierons d’y mettre les différents articles publiés.

Nous allons mettre à jour le journal de Zoé. Patience, elle est en train de faire ses devoirs…

L’Oriente

Toujours confortablement installés dans les locaux de l’alliance française de Cuenca (que nous remercions au passage), voici la suite du récit :

28 août 2010 : Banos – Rio Verde

Levés à 5h du matin (c’est une idée de Carine, vous vous en doutez). C’est pour la bonne cause. On va se baigner au lever du soleil dans les sources d’eau chaude de Banos. A un autre horaire, la piscine est prise d’assaut et il fuit attendre des heures avant de pouvoir entrer. Le fait est que c’est agréable de se glisser dans de l’eau à 50°C venant du volcan. Régulièrement, il faut sortir et se passer sous l’eau glacée de la cascade avant de retourner au chaud. C’est agréable et d’après les Indiens, ça soigne presque tout les maux.

Pour le reste de la journée, nous avions prévu de descendre tranquillement jusqu’à Puyo, porte d’entrée de l’Amazonie, soit 1500m de dénivelé négatif.

C’était sans compter avec Federico. Alors que Carine et Zoé sont suspendues au dessus du vide dans une tarabita (moyen de transport inventé par les Incas pour passer d’une montagne à l’autre sans redescendre dans la vallée, pas comme nous !), Federico vient observer de près la carriole.

Il veut la même pour sa moto. Nous discutons vers son étal. Federico est peintre et avec sa femme, ils fabriquent des bijoux et peignent des t-shirt et des chaussures dans leur atelier puis les vendent sur les marchés. Il insiste pour que l’on visite la huitième merveille du monde El Pailon Del Diablo située dans son village à Rio Verde. Et bien évidemment, nous sommes les bienvenus chez lui. Ce n’est qu’à 18km. Nous prenons notre temps, le paysage se transformant petit à petit du paysage andin des hauteurs en celui plus dense et plus vert de l’Amazonie. Des cascades surgissent de partout et des plantes géantes prennent le relais des arbres.

La cascade de Rio Verde tient ses promesses. Nous l’ajoutons à la liste des huitièmes merveilles du monde déjà visitées.

Nous nous baladons à pied dans les environs de Rio Verde, Zoé et Mahaut se voient offrir des cadeaux par les commerçants du coin. A la nuit, nous mangeons avec Federico & Jenny et un ami. Nous discutons en buvant de la bière (ça nous change des jus de fruits et du coca). Assommés de fatigue, nous partons nous coucher au milieu de la soirée. Se lever si tôt, ça ne nous réussit pas.

La route descend, la température monte.

Nous goûtons à la spécialité locale ; la truite. On boit du jus de canne pour recharger nos batteries et arrivons à Puyo où l’hospitalité nous est offerte ce soir par les pompiers.

Au petit matin, ils nous invitent à partager leur petit déjeuner. Les cheveux d’or de Zoé et Mahaut font une nouvelle fois fureur.

Moustiques partout, justice nulle part.

30 août 2010 : Puyo – Reserva Hola Vida

J’écris tranquillement installé dans un hamac. Le rythme équatorien gagne du terrain…

Ce matin nous rendons visite à un couple de suisses francophones qui ont monté, il y a quelques années, un refuge pour les singes victimes du trafic d’animaux (le troisième trafic illégal d’équateur). Ces singes, habitués à l’homme, sont attachants et fouillent dans nos poches tout en nous grimpant dessus. Ils apprécient particulièrement la chevelure de Carine.

Au moment de partir, l’un d’eux tentera même la grande évasion en grimpant sur la carriole.

Pour le reste, la route continue à descendre, disons globalement, avec quelques côtes comme seul l’Equateur sait en produire.

Une fois de plus, nous décidons de ne pas suivre la route principale qui coupe à travers la forêt équatorienne, pour rejoindre à l’aide d’une route partiellement asphaltée une réserve écologique. L’endroit est sublime, au bout du monde. Rusés, nous montons la tente sous une cabana, pour ne pas avoir à payer et être à l’abri de la pluie. Les chutes d’eau nocturnes sont impressionnantes. Heureusement, les hamacs sont au sec.

31 août 2010 : Repos (ou presque)

Nous sommes à une dizaine de kilomètres de Nuevo Mundo. Déjà une semaine que nous pédalons. Nous décidons de rester une journée pour «descansar», verbe sublime qui signifie «défatiguer». L’Equateur comme nous l’imaginions est ici. Les bruits de la forêt, les oiseaux colorés, les fleurs gigantesques, les piscines naturelles nous donnent envie de profiter un peu plus de l’endroit. Bien évidemment, on ne tient pas en place et on se fait une petite balade dans la forêt suivie d’une virée en pirogue.

Pas d’eau courante, pas de douche, pas de cuisine, nous nous adaptons à cette vie nature.

Ce pays est magnifique et nous allons nous y attarder.

Suite du petit lexique d’espagnol :

«Cuanto cuesta tu bicicleta ?» : Combien coûte ta bicyclette ? Question essentielle quand on sait qu’ici, un vélo neuf (VTT) coûte entre 2000$ et 5000$, soit trois fois plus qu’en Europe.

«Te gusta Ecuador ?» : Ca te plait l’Equateur ? Les Equatoriens sont fiers de leur pays et encore plus des «gringos» qui essaient de le découvrir à vélo.

«La comida es muy buena en Ecuador» : La nourriture est très bonne en Equateur. Beaucoup de riz, un peu de viande et de légumes et beaucoup de jus de fruits frais. Avec un tel régime, pas étonnant que dans certains villages, on trouve beaucoup de centenaires.

01 septembre 2010 : Nuevo Mundo – Chuitaya

Les soirs se suivent mais ne se ressemblent pas. Pour cette nuit, c’est dans une sorte d’hôtel au bord de l’eau normalement fermé que nous trouvons à dormir. On se lave dans le Rio Pastaza tout proche et comme tous les soirs, nous nous faisons dévorer par ces moustiques noirs minuscules dont les piqures sont très douloureuses.

Dans la journée, nous avons poursuivi notre route à travers l’Amazonie.

Nous avons traversé de nombreuses communautés shuar, descendants directs des indiens Jivaro, célèbres pour leurs réductions de tête. Ils ne s’amusent plus à ça depuis longtemps et vivent dans de petites maisons sur pilotis.

Ils ne nous ont même pas attaqués pour nous dépouiller sur cette route déserte réputée dangereuse. Il semble que beaucoup d’Equatoriens aient peur des indigènes. Des réflexes de méfiance envers les plus pauvres que l’on connait malheureusement bien en Europe également.

02 septembre 2010 : Chuitayo – Macas

Plus de 60 km de montagnes russes entre Chuitayo et Macas dont une partie sous la pluie et tout ça pour arriver dans une ville peu accueillante : ça vous donne une idée de notre moral en fin de journée.

En plus, les petites sont un peu malades (eau? nourriture ? chaleur ?) et moi aussi d’ailleurs. Bref, nous ne sommes pas mécontents de quitter ce petit bout d’Amazonie pour rejoindre à nouveau les Andes.

03 septembre 2010 : Macas – Tayuza

Encore 60km à monter et à descendre. En fin de journée nous demandons dans les villages où camper. «Allez à l’hôtel» nous dit-on. Pourquoi des gringos comme nous veulent-ils camper? Parce que les hôtels sont loin.

A la nuit tombante, je repose la question à deux curieux qui viennent me voir. «Tu peux dormir là» me disent-ils en me montrant du doigt un petit parc au centre du village. Même réponse donnée à Carine par la marchande du coin. Bon, et bien dormons là. Je ne dors que d’un oeil entre les aboiements des chiens et le chant des coqs.

04 septembre 2010 : Tayuza – Mendez

Allez, on s’offre le luxe d’une petite étape et d’une arrivée avant 11h. Il fait une chaleur à tuer un cyclo-touriste et toute sa famille avec. Une terrasse ombragée nous tend les bras. On s’installe quand deux cyclos suisses germanophones arrivent. Ils viennent d’Argentine et remontent sur Quito avant de rejoindre Zurich. Ils vont manger mais passent à leur hôtel avant pour prendre une douche. Regard envieux de Carine. OK, j’ai compris, on s’offre l’hôtel. De toute façon, nous avons vraiment besoin de nous laver.

05 septembre : Mendez – Cuenca

Comment faire pour parcourir les 180km qui nous séparent de Cuenca sachant que l’on a devant nous 2000m de dénivelé (positif cette fois) et que nous sommes attendus demain pour quelques projets dont je vous reparlerai plus tard ?

Prendre le bus est impossible, il ne prenne qu’un vélo à la fois et le tandem pose problème. Reste le pouce. Toujours optimistes, et malgré les avertissements des autochtones, nous nous lançons dans le combat du cycliste au vélo chargé contre la pesanteur. Assez vite, nous comprenons qu’à ce rythme, il nous faudra au moins 4 jours. Mais comme toujours dans ce pays, il faut compter sur l’extrême disponibilité des gens. La première voiture ne va que cinq kilomètres plus loin. La deuxième va à Cuenca mais est déjà bien chargée. Pas de de problème, ils ont l’art et la manière de charger 2 vélos, 12 sacoches et 4 personnes.

Cinq heures de trajet à l’arrière d’un pick-up serrés entre les vélos et les sacs de citron sur des pistes défoncées est une expérience à tenter pour vérifier si l’on a l’estomac bien accroché. Le mien n’a pas tenu le coup. Le paysage devait être très beau mais moi je n’ai rien vu.

Nous arrivons à Cuenca dans la famille de Heriberto. Non content de nous avoir véhiculé depuis l’Amazonie, il nous propose de rester chez lui avec ses enfants quelques jours alors qu’il repart à Guayaquil. Une fois de plus, la gentillesse de nos hôtes nous sidère. Heribert est Colombien et pour lui c’est naturel d’accueillir des inconnus chez lui. Et quand nous proposons d’aider ou de faire quelques courses, une seule réponse : «nada !». OK, ça on a bien compris.

Welcome to the jungle

Nous sommes à l’alliance française de Cuenca où nous avons enfin trouvé un accès internet qui devrait nous permettre de mettre à jour le blog dans les jours qui viennent.

26 août 2010 : Latacunga – Ambato / 5 leçons d’hospitalité en 24h

Demi-heure studieuse

1 – La pizzeria :

Difficile de trouver où manger le soir à Latacunga. La ville s’endort tôt et de manière générale les équatoriens mangent peu le soir. C’est dans la seule pizzeria ouverte que nous allons avec Joaquin. Nous dévorons nos lasagnes. Il est tard et Zoé s’endort à table. Le restaurateur nous propose de nous ramener avec sa voiture. Inutile de protester, il ne veut pas que l’on réveille Zoé en marchant. Retour motorisé chez Joaquin.

2 – Cynthia & Co. :

Petit déjeuner officiel

Au réveil, nous filons (en retard comme toujours) à la mairie pour un petit déjeuner organisé en notre honneur par Cynthia et ses collaborateurs. On se régale des spécialités de la région et je regrette que mon espagnol soit si balbutiant. Embrassades, encouragements, nous repartons tout sourire (c’est contagieux).

3 – Joaquin :

De retour chez notre hôte pour la nuit pour finir de préparer les vélos, celui-ci rentre de ses 2 heures de vélos quotidiennes. Il nous donne un bloc de sa potion magique : du sucre de canne à diluer dans notre eau. Je prends rendez-vous pour l’escalade du Cotopaxi dans un ou deux ans.

4 – Marco, le vendeur de glaces :

A Salcedo, la spécialité c’est la glace aux fruits. A tel point qu’il n’y a que des échoppes vendant des glaces. On s’arrête pour en acheter une pour Zoé. Au moment de payer, impossible. Marco tient à nous offrir cette glace. Nous restons une demi-heure à discuter avec lui (tiens, mon espagnol s’améliore).

5 – Le restaurant :

Il pleut, nous avons faim. Allons-y pour le traditionnel «almuerzo» à 1,50$. Nous arrivons un peu tard dans un restaurant qui ne doit pas souvent voir passer des «gringos» : toute la salle nous regarde en souriant. Comme d’habitude, nous avons droit à une nourriture simple et saine. A la fin du repas, alors que Carine est aux toilettes avec les filles, les trois femmes qui tiennent le restaurant m’assaillent de questions (elles ont du sentir que je devenais bilingue). Je réponds aux traditionnelle questions : d’où viens-tu, où vas-tu et surtout est-ce que l’Equateur te plaît ? Quand à cette dernière question je réponds par l’affirmative, les sourires s’élargissent encore.

6 – German :

Nous arrivons à Ambato. La ville a été complètement détruite en 1949 par un tremblement de terre. Son relief escarpé doit venir de là et ne plait pas à nos mollets. Dans une montée sinueuse particulièrement difficile où notre vitesse avoisine le 0km/h, une voiture se met en warning et nous suit, nous protégeant ainsi de la circulation. Arrivé en haut, je fais un signe amical au conducteur et le remercie de son attention. Il s’arrête et nous demande où nous allons. Quand il apprend que nous cherchons la mairie, il charge les vélos sur son pick-up et nous emmène. Il me tend sa carte et comme d’habitude, si nous avons besoin de quelque chose, il suffit de l’appeler. Ben justement on cherche un coin pour dormir. Devinez ce qui se passe ? Tous chez German pour une bonne douche, une visite guidée de la ville, un restaurant et une bonne nuit de repos. Sa femme me dit que je parle bien espagnol. C’est vrai que j’ai progressé en 24h. Mais c’est en matière d’hospitalité que les leçons sont les plus marquantes.

Petit lexique d’espagnol équatorien des phrases que l’on entend le plus :

mi casa es tu casa : ma maison est la tienne

no hay problema : il n’y a pas de problème

con gusto : avec plaisir

no te preocupes : ne t’en fait pas

Le long de la panaméricaine :

Petite leçon de conduite :

Les règles pour faire du vélo le long de la panaméricaine :

– rester à droite mais pas trop car le bord de la route est un fossé

  • se méfier des bus qui sont les rois de la route et qui se déportent régulièrement à droite pour récupérer ou jeter des passagers
  • éviter les nids de poule ou pire les égouts sans plaque d’égout
  • éviter les pierres qui n’ont rien à faire là mais qui y sont
  • doubler les véhicules garés sur le bord (panne, pause pipi, sieste)
  • faire un sprint quand un chien déboule en aboyant
  • deviner si le chien au bord de la route va débouler en aboyant
  • ne plus respirer quand un camion peine à nous doubler tout en crachant une fumée noire
  • ne pas mourir asphyxié quand les montées durent 20km
  • ne pas exploser un pneu quand les descentes durent 20km
  • répondre à chaque pouce levé d’un geste de la main en lâchant le guidon tout en continuant à respecter les règles précédentes
  • chercher à manger et à boire (et s’arrêter dès qu’on a trouvé)
  • garder le sourire et regarder le paysage (on est venu pour ça, non ?)

Ambato :

27 août 2010 : Ambato – Banos

On nous avait conseillé de rester sur la panaméricaine pour traverser le pays. Mais la panaméricaine, on en a un peu marre et visiter l’Equateur sans descendre en Amazonie, ce serait un peu dommage. Alors cap sur l’Oriente avec une première étape à Banos (les bains en espagnol), connu pour ses sources d’eau chaude. Ce matin, German nous emmène avec son pick-up à la sortie de la ville.

On enfourche nos vélos et commence alors la longue descente vers l’Amazonie. La route serpente dans des vallées grandioses et chaque pause pour laisser refroidir les jantes de nos vélos est prétexte à faire des photos.

Ici, on cultive à la verticale.

On aperçoit notre premier condor 😉

Le temps se gâte et le vent est tel qu’il nous faut pédaler pour avancer en descente ! L’après-midi, nous laissons nos vélos à l’hôtel (offert car l’hôtelier est un ami de German) et nous partons marcher sur un sentier surplombant la ville jusqu’à un observatoire permettent de voir le Tungurahua. Arrivés au sommet le ciel se lève et nous offre une vue superbe sur ce volcan qui s’est remis en activité depuis 1999 et qui reste une menace pour la ville de Banos.

Tarzan
Jane

Ce soir il pleut : un avant goût de l’Amazonie ?

Toujours plus haut

18 août 2010 : Repos à Quito

19 août 2010 : Quito moderne

Après le Quito colonial, nous consacrons une journée à la visite du Quito moderne. Ce quartier regroupe des maisons colorées abritant des pensions, des restaurants et des magasins «occidentaux». Un petit air de quartier pas désagréable.

Des agences de voyage vendent des séjours aux Galapagos ou en Amazonie et des magasins de sport vendent l’équipement nécessaire à ces séjours. Ca sent le tourisme hors de prix alors on décide de s’éloigner un peu pour trouver un petit restaurant où se retrouvent les employés des alentours. On mange un repas complet pour 2,50$. Au retour quelques maisons insolites.

L’après-midi est consacré à l’inévitable pause jeux pour Zoé et Mahaut dans un parc agréable. Nous constatons une fois de plus la grande gentillesse des équatoriens qui s’occupent de nos filles comme de leurs enfants en les aidant sur tous les ateliers. Le soir, nous discutons avec Luis, de l’association Ciclopolis, pour organiser notre départ de Quito.

20 août 2010 : Les hauteurs autour de Quito

Ce soir, Marco nous emmène voir Quito de plusieurs points de vue surélevés de la ville. Ce qui surprend, c’est l’extrême étendue de la ville. Coincée entre deux flanc montagneux à l’Est et à l’Ouest, elle s’étend du Nord au Sud, escaladant la montagne par endroit.

Au loin nous apercevons le Cotopaxi que nous rejoindrons dans quelques jours.

Ces différents points de vue géographiques se complètent de différents points de vue sur la population. Nous passons d’un quartier pauvre, où l’on nous conseille de passer uniquement en voiture, à des quartiers aisés où nous boirons un verre sur une terrasse surplombant la ville à la tombée de la nuit.

21 août 2010 : 8 ans en Equateur

Pour les 8 ans de Zoé, nous montons à 4100m (en téléphérique, avouons-le). Elèves de France, sachez que l’on vous ment : en Equateur, il peut faire très froid ! La Terre ayant un forme d’orange (bombée sur l’équateur, aplatie sur les pôles), nous sommes même un peu plus haut que les 4100m européens.

Ce qui surprend c’est l’absence de neige à cette hauteur, mais le vent est glacial. Entre autres, nous irons également voir une compétition de descente à VTT et un parc d’attraction.

La journée se finira avec la traditionnelle fête d’anniversaire comprenant cadeaux, gâteaux et jeux. Evidemment, Zoé, qui ne savait rien de cette journée, est ravie.

22 août 2010 : Quito – Machachi

Qu’est ce qu’un pays riche ? Si l’on parle d’argent et de possession matérielle, la France est bien plus riche que l’Equateur. Mais si l’on parle de sourires et de disponibilité, alors nous sommes le pays pauvre. Nous en avons encore eu la preuve aujourd’hui avec l’association Ciclopolis dont les membres nous ont accompagné pendant les 30km pour sortir de Quito en se relayant à vélo puis en nous suivant en camion pendant les premiers kilomètres bien dangereux de la panaméricaine. Marco nous a accompagnés une partie du trajet sur son vélo. Et au moment de nous quitter, nous versons quelques larmes derrière nos lunettes de soleil. Car lui aussi, pendant 10 jours, s’est occupé de nous en nous faisant découvrir Quito de jour comme de nuit, ce qui nous a permis de vraiment apprécier cette ville si différente de nos capitales européennes. Et puis tous ces encouragements le long de la route, les sourires, les pouces levés, les coups de Klaxon sympathiques ont contribué à faire de cette première étape en Equateur un bon moment. Le soir venu, après s’être vu refuser l’accès à la ferme militaire que nous avait conseillée Luis, nous trouvons un carré d’herbe au milieu d’une «hacienda» le long de la panaméricaine. A la nuit tombée, nous mangeons serrés dans la tente. La température a chuté.

23 août 2010 : Machachi – El Boliche

La banane est vraiment le fruit de l’équateur. Zoé, en traversant la ferme, constate que l’on en donne même aux vaches. C’est un fruit plein d’énergie et nous en avons besoin aujourd’hui où l’on passe le col du Cotopaxi, volcan majestueux recouvert de glace. Nous avons passés 20 jours sans pédaler et ça se sent. Nous souffrons pendant les 17km que dure cette montée. Alors que je répare un crevaison sur la roue droite de la carriole (celle qui passe dans les bas-cotés douteux de la panaméricaine), nous rencontrons deux cyclovoyageurs allemands partie d’Alaska à vélo. Ils roulent depuis plus d’un an et semblent en avoir assez. Nous échangeons nos mails et faisons quelques photos.

Reposés par cette bonne discussion, nous reprenons notre route vers le Cotopaxi mais c’est finalement en se trompant de route que l’on découvre le parc El Boliche. Un endroit superbe loin de l’agitation où nous campons en toute sécurité.

24 août 2010 : Près du Cotopaxi

Pour observer les sommets glacés des volcans en Equateur, il faut se lever tôt. C’est ce que je fais ce matin pour partir marcher dans le parc et faire quelques photos. Certains sommets recouverts de nuages hier sont visibles ce matin mais le Cotopaxi qui culmine à 5897m est toujours entouré de sa corole de nuages !

Nous avons dormi à 3550m, le point le plus haut de notre passage en Equateur et le climat des Andes se dévoile enfin : nuit glaciale, givre un peu partout le matin que les premiers rayons de soleil font fondre rapidement puis soleil de plomb qui se voile rapidement en fin de matinée. Le froid retombe à 17h et la nuit à 18h.

25 août 2010 : El Boliche – Latacunga

Levés à 6h30, nous plions le campement sous la pluie et dans le froid avec plus grand chose à manger. 5km plus loin, un café chaud dans une station service nous remonte le moral. Nous entamons la grande descente (55km !) jusqu’à Latacunga. Le trafic sur la panaméricaine est très supportable. Trois «almuerzos» (menus du jour) nous calent pour la journée et nous arrivons à Latacunga en début d’après-midi. Nous avons le nom d’un contact à la mairie pour l’hébergement de ce soir mais avant d’atteindre le bâtiment municipal, un cycliste s’arrête pour nous prendre en photo. Je lui explique que nous cherchons un endroit sûr pour passer la nuit. Il appelle un ami qui tient un magasin de vélo et qui nous ouvre sa remise pour poser nos affaires et dormir. Quelques jus de fruits plus tard, nous partons visiter le centre-ville plein de charme et tellement plus calme que celui de Quito.

Pas de supermarché mais un marché immense où l’on trouve de tout. On fait le plein de riz et de pâtes et on achète une nouvelle paire de gants pour Mahaut.

Demain, rendez-vous à 8h à la mairie pour un petit déjeuner dégustation de produits locaux. De quoi bien commencer la journée…

Alors, heureuses ?

Quito

Estamos bien en Ecuador ! Un peu fatigués par le voyage, le décalage horaire et l’altitude (Quito est la deuxième ville la plus haute du monde), nous prenons quelques jours pour nous acclimater avant de remonter sur nos vélos. Voici un petit résumé de ces premiers jours en Amérique du Sud.

Une fille dans chaque hémisphère

12 août 2010 : Barcelone – Quito

Dans l'avion

Nous nous attendions à avoir quelques difficultés à l’aéroport à l’enregistrement de nos bagages. Nous n’imaginions pas tant de galère. Pourtant, tout avait bien commencé. Au bureau de la compagnie Avianca, on nous confirme qu’il faut mettre les vélos en carton. Même son de cloche auprès de Jan et des magasins de vélo de Barcelone. Pas de problème, le très sympathique français s’occupant du magasin Espaibici nous en donne deux. On voulait prendre le train mais quand on se renseigne sur le prix plus que raisonnable du taxi, on change d’avis. On réserve un grand taxi pour nous 4, nos 2 vélos, la remorque et les sacoches. Nous passons notre dernière soirée chez Jan autour d’un lapin à la moutarde.

Le lendemain, le taxi qui se présente est bien trop petit pour les vélos, il nous faut en appeler un deuxième. Celui-ci n’est pas assez large non plus. Pas de problème pour le chauffeur. Il sort un couteau de la boîte à gants et décapite mon beau paquet. Evidemment, comme ça, ça rentre ! Au final on paiera pour 2 courses de taxi. Il nous en faut plus pour entamer notre moral et 4h avant l’embarquement, nous nous présentons à l’enregistrement avec 3 chariots et une poussette. Carine me fait remarquer que «check-in» se dit «facturacion» en espagnol. Elle ne croyait pas si bien dire. Au guichet, on nous explique qu’il n’est pas possible d’aller en Equateur sans posséder un billet de retour. La bonne blague. Carine explique avec son plus bel espagnol que l’on voyage à vélo et que nous repartirons d’Equateur avec nos petites jambes avant l’expiration du visa. Rien n’y fait. La règle est claire, soit on achète un billet, soit on ne monte pas dans l’avion aujourd’hui. Tout cela nous paraît un peu louche mais nos billets étant non remboursables, nous n’avons guère le choix. Pour compléter le tableau, je m’aperçois que j’ai oublié mes habits chauds chez Jan. Il saute dans un train, me les apporte et finalement nous est d’une aide précieuse pour nous expliquer qu’il faut acheter les billets les plus chers pour espérer le meilleur remboursement. Pour une fois qu’on achète des billets en 1ère classe, nous n’allons même pas les utiliser. Tout ça prend 3 bonnes heures et au moment d’enregistrer les vélos, les cartons sont trop grands et ne passent pas dans le scanner. On devrait donc payer un taxe supplémentaire mais comme nous sommes en retard, ça passe comme ça. Au final, on arrive à Quito avec une heure de retard. Tous nos bagages sont là sauf les vélos !

13 Août 2010 : Quito

Premières vues de Quito

Nous dormons quelques heures chez Marco qui par chance travaille à l’aéroport. Il retrouve la trace des vélos. Ils sont à Madrid ! Nous ne les récupérerons pas aujourd’hui.

Sur le toit de la maison de Marco

Marco nous invite chez ses parents pour un baptême. Si en France, on mange beaucoup et on danse un peu, ici on danse beaucoup et on mange un peu. Mais c’est jour de fête et on goûte à la spécialité locale, le Tornado accompagné de plusieurs variétés de maïs. C’est délicieux. L’accueil est chaleureux et les gens souriants.

Les restes de viande...
...et la sauce.

L’ambiance joyeuse tranche avec nos premières impressions de Quito. Car ici, les maisons sont entourées de murs infranchissables, les portes et fenêtres sont doublées de grille et la nuit on s’enferme à double tour avec l’alarme enclenchée. Pas vraiment rassurant au premier abord.

Quito à perte de vue

Pour finir la journée, nous allons rendre une visite à l’incontournable «Mitad de Mundo», le milieu du monde. Cette ligne imaginaire qui coupe le monde en deux et qui a fini par donner son nom au pays nous permet pendant un court instant d’avoir un pied dans chaque hémisphère.

Au milieu du monde

Un équatorien vivant à Toronto et parlant un peu français m’offre un verre de l’alcool local à base de sucre de canne. Sur la place, tout le monde danse.

14 août 2010 : Quito – Otavalo

La panaméricaine

Marco nous emmène en voiture à la découverte de la région au nord de Quito, où nous ne serions pas allés à vélos. mais qui recèle quelques trésors. D’abord le paysage magnifique traversé par la panaméricaine qui relègue les montagnes françaises au rang de sympathiques monticules.

Marco et les filles devant les Andes
Fabrique de biscuits régionaux
Les Andes
Nos premiers Lamas
Carine songeuse

Puis les marchés. Dans le premier, nous nous arrêtons pour grignoter quelques fruits inconnus en Europe et une autre préparation à base de porc. Puis nous allons à Otavalo pour découvrir son marché traditionnel. Les habitants de la région, qui ont conservé les coutumes et leur costume, descendent des montagnes alentours pour vendre tissus, laines et habits colorés fabriqués à la main.

Le marché d'Otavalo

Dans un autre village, c’est le travail du bois qui est à l’honneur. La place à elle-seule mérite le détour.

Place de village
Le temps change vite ici !

Pour finir cette journée de découverte, Marco nous emmène dans une ferme appartenant à sa famille pour y cueillir des mandarines, des avocats et des goyaves.

Il n'y a plus qu'à les cueillir...
...mais ce n'est pas si simple

Là-aussi l’accueil est chaleureux et après un thé et une part de gâteau, nous rentrons à Quito. Le décalage horaire fait dormir tout le monde dans la voiture.

Mini-fille = mini-avocats

15 août 2010 : Quito / Vieux Quito

Ce matin, opération récupération des vélos. Il nous faut presque 1 heure pour revoir nos deux cartons complètement éventrés. Un petit moment d’angoisse : on avait mis les sacs de couchage et les matelas dans ces cartons. Sont-ils encore là ? A part un garde-boue voilé, les vélos sont en bon état et nous retrouvons toutes nos affaires. Merci Marco!

L’après-midi, nous rencontrons Luis qui veut nous aider dans notre périple en Equateur. Il fait partie d’une association qui cherche à promouvoir le vélo à Quito. Avec ses amis, il veut nous escorter lors de notre sortie de Quito pour nous protéger de la circulation et nous accompagner une partie du chemin. Décidément, l’extrême disponibilité des équatoriens nous fait réfléchir sur l’individualisme de nos sociétés européennes. «L’Amérique du sud, c’est un autre monde» me dit Luis.Depuis 3 jours que nous sommes ici, c’est une évidence. Nous finissons l’après-midi sous la pluie (et oui ma p’tite dame, ici aussi, il n’y a plus d’saisons!) et Marco nous fait la surprise de nous faire découvrir la vieille ville de nuit. Le centre colonial autrefois réputé très dangereux a été entièrement réhabilité et donne une toute autre impression de Quito. Nous allons nous attarder quelques jours de plus pour le découvrir…

Quito by night
Quito la nuit
Quito en la noche
La Ronda

16 août 2010 – Quito

On se repose chez Marco, Zoé fait ses devoirs, nous lavons nos habits, nous rédigeons le blog, trions les photos, etc…

17 août 2010 – Quito et Vieux Quito

Aujourd’hui, opération remboursement des billets retour. Avec Marco, nous sommes baladés de bureau en bureau. Avec Carine, nous finissons dans le bureau central d’Avianca, quelque part dans la ville moderne. Nous trouvons enfin quelqu’un qui parle anglais. Nous nous expliquons :

  • Bonjour, nous voudrions obtenir le remboursement des billets que vous nous avez forcés à acheter à Barcelone.
  • Vous ne quittez plus l’Equateur ?
  • Si, si, mais en voiture (ne pas dire vélo, ça ne fait pas sérieux).
  • Pas de souci, revenez dans 45 jours, nous aurons le cash pour vous rembourser.
  • Heu, dans 45 jours, nous aurons quitté Quito.
  • Dans ce cas, faites-vous rembourser en France à votre retour.
  • Nous ne rentrons pas en France avant un petit moment.
  • Alors, ça ne va pas être possible de vous rembourser.
  • Si, si, ça va ETRE POSSIBLE !!

(longue attente, discussion entre chefs, photocopie de nos passeport, carte bleue, etc…)

  • OK, nous allons vous rembourser dans 2 mois.
  • Ca ne peut pas être un peu plus rapide.
  • Non.
Les grandes places de Quito

Nous passons le reste de la journée dans le Quito colonial. Ce sont surtout les édifices religieux qui caractérisent ce vieux quartier. Nous visitons sur les conseils de Marco deux des plus beaux édifices : le Covento de San Fransisco, le plus grand couvent des Amériques, véritable havre de paix dans ce centre ville bruyant et encombré de voitures.

Covento de San Fransisco

Ici, pas de conservatisme rigide, on repeint les murs des églises et les statues en couleurs vives. Les intérieurs sont chargés de détails. L’intérieur le plus flamboyant de tous est celui de la Campania, entièrement recouvert de feuilles d’or! Nous restons quelques temps entourés de cet étalage de richesse et oublions, pour un instant, la réalité extérieure. En sortant, là devant l’église, des enfants de l’âge de Zoé cirent les chaussures des passants. La misère n’est jamais très loin…

Finalement, nous allons rester à Quito jusqu’à dimanche pour plusieurs raisons : profiter de la compagnie de Marco un peu plus longtemps, fêter l’anniversaire de Zoé samedi et en plus le dimanche, certaines routes de Quito sont interdites aux voitures.

Pour la suite du trajet, nous devrions rester dans les Andes afin d’éviter les climats plus chauds et humides de l’Oriente et de la côte. Ainsi nous rejoindrons Riobamba où la famille de Marco se propose de nous héberger puis Cuenca où nous devrions arriver pour la rentrée scolaire et visiter une école qui depuis 2 ans correspond avec une école de Marseille. Encore merci à ceux ceux qui de près ou de loin nous aide d’une façon ou d’une autre dans ce périple. Et comme on dit ici en guise de remerciements : « Dios te pague »

PS : n’oubliez pas le journal de Zoé. Il y a plein de choses à voir aussi.