Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Auteur : Florian (Page 2 sur 12)

Un été au pays du sourire (1/3)

Parce qu’elle offre une multitude d’approches, de paysages et finalement d’expériences et parce qu’elle est facile à découvrir, la Thaïlande reste une destination idéale pour une famille de routards à la recherche de dépaysement sans grosses galères.

Elle fut notre destination lors de l’été 2014.

Bangkok

La skyline de Bangkok : des gratte-ciels d’acier et de verre dominent  les espaces décatis des taudis et des bidonvilles. Bienvenue dans le tiers monde.

24 juillet

Porte d’entrée de la plupart des farangs (terme péjoratif dérivé du mot “français” qui désigne l’ensemble des occidentaux), Bangkok a une réputation sulfureuse héritée de son gigantisme (douze millions d’habitants) et de ses quartiers chauds.

Nous y arrivons au milieu de la nuit. Le décalage horaire agit pleinement sur nos deux filles dont les yeux reflètent la fatigue de nos 24 heures de voyage.

Je suis content d’avoir demandé à notre taxi de nous attendre à la sortie de l’aéroport. Il nous accueille comme le veut la tradition Thaï : mains jointes au niveau de la tête et légère inclinaison du buste. Et un sourire. Pas de serrage de main. Les présentations sont faites et elles n’iront pas plus loin : mon thaïlandais est aussi inexistant que son anglais.

Dans l’escalator, il nous prend en photo. Passion débordante des Asiatiques pour l’image.

L’avantage de Bangkok aux petites heures du matin, c’est qu’on y évite les embouteillages. En 30 minutes nous sommes au pied de notre immeuble, à peine à 400m de la Chao Praya, l’artère fluviale de la ville qui, avec ses nombreux canaux annexes, lui ont valu jadis le surnom de Venise Asiatique.

En bas du condominium, il faut passer la dernière épreuve avant d’accéder à notre appartement : l’agent de sécurité, après nous avoir abondamment salué et souri, a besoin de nos passeports pour nous remettre un badge magnétique qui limite l’accès de l’ascenseur à notre seul étage. Des mesures de sécurité démesurées dans ce quartier tranquille mais dont nous découvrirons dans les prochains jours qu’elles sont générales. Les Thaïlandais aiment mettre des agents de sécurité à l’entrée de chaque bâtiment dans le seul et unique but de  donner de la valeur au dit bâtiment. Et ces gardiens, souvent recouverts de médailles qu’ils arborent fièrement et même parfois armés, semblent passer plus de temps à remplir des registres qu’à assurer une quelconque sécurité. Ils sont avec les portails immenses et décorés les éléments qui permettent de sauver la face d’un bâtiment. Une notion très thaïlandaise.

Une fois installés, nous contemplons de notre balcon la skyline de Bangkok : des grattes ciels d’acier et de verre dominent les espaces décatis des taudis et des bidonvilles. Bienvenue dans le tiers monde.

25 juillet

Quand retentit l’hymne national tout le monde se lève et reste immobile

L’occident nous entraîne dans un labyrinthe de choix qui ne mène nulle part. Le bouddhisme Thaï ne proposerait qu’un nombre limité d’activités mais dont le strict respect aboutirait au nirvana. C’est ce mystère que l’on pourrait tenter de percer en visitant les principaux temples de la ville mais nous nous levons bien trop tard. Les moines ferment les portes vers 17 heures et nous émergeons vaguement conscients du décalage horaire vers 15 heures. Mauvais pour notre karma.

Le mieux reste de partir errer au hasard en espérant que les surprises seront au rendez-vous.

Mais avant tout, il convient de manger. L’immeuble où nous résidons propose quelques restaurants occidentalisés mais Carine insiste pour que nous prenions un vrai premier repas au goût local. Elle déniche quelques mètres plus loin une gargote ouverte sur la rue. On y cuisine dehors, comme toujours en Thaïlande. Quelques tables et chaises en plastique accueillent les clients dans un intérieur kitch où les couleurs criardes se disputent les faveurs de notre regard avec des effigies de bouddha et du couple royal.

Comme nous ne comprenons rien au menu à l’entrée nous montrons ce que nous voulons et finissons par avoir devant nous quatre soupes de nouilles où trempent des morceaux de viande et des boulettes de poisson. Par chance ce n’est pas trop épicé et parfaitement toléré par nos filles qui semblent se régaler.

Une fois réglée la maigre addition, nous rejoignons la Chao Praya pour prend le bateau bus qui va nous emmener près des grands temples du centre.

Nous descendons un peu au hasard et nos pas nous mènent au cœur d’une grande fête populaire.

L’alphabet thaïlandais étant totalement hermétique pour nous, difficile de dire ce qui se trame ici. De grands enfants jouent au cerf-volant. Un écran géant est déroulé d’un côté de l’esplanade. Un concert se tient de l’autre côté. Des robots tout droit sortis de mangas japonais se laissent prendre en photo avec les enfants. Mais quand retentit l’hymne national tout le monde se lève et reste immobile. D’autant plus que l’immense portrait en pied du roi qui trône derrière la scène semble nous surveiller.

À la nuit tombante nous regagnons l’embarcadère le plus proche pour rentrer chez nous. Tout le long du chemin la passion des Thaïlandais pour la lumière transparaît. Des néons suspendus dans les arbres, les façades des palais illuminés et les multitudes d’ampoules colorées sur les étales sont les lucioles qui guident nos pas dans cette grande ville à la géographie encore mystérieuse.

26 juillet

Il ne faut pas oublier qu’ici, la magie est partout. Elle est antérieure à la logique.

Difficile de prendre une photo de Bangkok sans avoir entre l’objectif et l’objet de la photo deux éléments constitutifs du paysage urbain thaïlandais : l’enchevêtrement de câbles pendant entre les poteaux et les tuyaux de PVC bleu. Les premiers sont pour les Thaïlandais le symbole de l’électrification et donc de la modernité. La Thaïlande a été le premier pays d’Asie à électrifier ses grandes villes, avant le Japon. Les tuyaux bleus acheminent l’eau courante alors que leurs cousins jaunes et gris contiennent le gaz et les fils de communication.

Ce qui étonne les étrangers est qu’à aucun endroit, ces fils et tuyaux n’aient été enterrés afin de dégager le paysage et d’améliorer l’esthétique des rues. Surtout quand les typhons et autres tornades viennent mettre à terre cet ensemble qui défie la logique.

Des tentatives ont pourtant eu lieu mais elles se sont soldées par des échecs dus à l’extrême humidité des sols et plus probablement au manque d’intérêt de la population. Car comme pour les déchets qui par endroits ruinent le paysage, les Thaïlandais semblent éprouver peu de sensibilité quant à la préservation de leur environnement.

L’explication est culturelle. Marcher est considéré comme une activité réservée aux plus pauvres et les classes moyennes préfèrent se déplacer dans leur automobile-bulle de leur logement à leur travail. L’espace publique en vient à être perçu comme un lieu étrange peuplé par des esprits dont personne n’a la responsabilité. Il ne faut pas oublier qu’ici, la magie est partout. Elle est antérieure à la logique. Alors si ces pollutions visuelles et environnementales sont vues par nous comme un laisser-aller, elles sont pour les Thaïlandais la preuve de leurs modernité dont ils ne se sentent pas individuellement responsables. Ou bien pensent-ils comme le proverbe qu’il est inutile de cacher un éléphant derrière une feuille de lotus ?

Nous démarrons notre exploration aujourd’hui dans une jungle urbaine où la température ressentie est montée d’un cran. Le vent bienveillant de la veille a disparu et la pollution se fait sentir dès les premiers pas.

Heureusement que le ferry boat, en empruntant la voie fluviale plutôt que les autoroutes surélevées nous permet un temps de ressentir des bribes de fraîcheur et d’air marin.

Arrivés au premier temple de notre visite, la forte affluence s’ajoute à la chaleur. Pourtant, il est encore possible de trouver à l’intérieur des zones ombragées et calmes où se ressent l’esprit zen voulu par ses concepteurs.

Bouddha est partout, souriant, parfois allongé et proche du nirvana, d’autres fois assis en tailleur. Une vision presque idyllique de cette religion qui a su séduire un nombre important d’occidentaux qui y voyait un dieu accueillant et sympathique. C’est un peu vite oublier que derrière ce décorum se cache, comme dans toutes les religions, un sexisme intransigeant (les femmes ne peuvent  pas devenir moines et restent en dehors des lieux de prière).

Le palais qui jouxte le temple et dont la visite est inclus dans notre billet est d’un style néoclassique tendance pièce-montée. Le style néon-classique disent les spécialistes tant l’éclairage la nuit tombée fait ressortir les moulures des colonnades et les dorures des toits.

Tout ça nous a donné faim et pour rester dans les traditions locales, nous prenons notre repas de midi dans un resto où l’accueil est un peu froid mais la cuisine chaleureuse.

Le retour se fait par le quartier des ferrailleurs et nous finissons la journée en épaves devant quelques pains fourrés cuits à la vapeur.

27 juillet

Traditionnel ferry boat jusqu’au temple du bouddha couché. Ambiance zen et parc magnifique.

Repas dans le quartier indien.

Crocodiles dans le canal!

Déambulation dans un Chinatown vraiment dépaysant.

Une journée en Asie comme je les aime.

Salut à tous, fidèles lecteurs de ce blog  !

Pas grand chose à se mettre sous la dent ces dernières années. Peu de nouvelles entrées car rien en rapport direct avec le voyage à vélo et l’aventure quotidienne qu’il représente. Pourtant, l’Amérique du sud est restée en filigrane avec l’écriture d’un livre, des conférences et du conseil aux familles tentées par l’expérience. Et les voyages n’ont pas manqué : Thaïlande, Indonésie, Malaisie, Japon et même les bords de la Loire.

Alors, si je dépoussière aujourd’hui ce bon vieux blog, c’est pour en faire à nouveau le dépositaire d’une aventure bien différente qui se prépare depuis quelques mois. Une aventure qui s’opposera à notre traversée de la Cordillère des Andes sur presque tous les points : un territoire infiniment petit au lieu de l’immensité du continent sud-américain, une chaleur tropicale à la place du froid mordant de l’altiplano, une contemplation immobile remplaçant l’appétit de kilomètres.

Je ne peux que vous promettre autant de sueur, de découvertes et de belles photos dans ce nouvel univers.

Au plaisir de vous retrouver.

A suivre…

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Dans la presse

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Conférence d’urgence !

La solidarité entre cyclo-voyageurs ne se limite pas à un hébergement ou une douche chaude dans les coins les plus improbables de la planète. Elle impose de se serrer les coudes quand l’un d’entre nous n’est pas en forme pour assurer un diaporama très attendu.

C’est l’ami Marcel Blanc souffrant qu’il faut remplacer au pied levé vendredi soir à Champagne en Valromey.

Impossible de refuser un tel service au parrain de notre voyage, à Gilbert Grosclaude qui a toujours été partie prenante de notre aventure et à l’association Bugey Sans Frontière.

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C’est finalement 111 personnes qui viendront écouter le résumé en images de nos pérégrinations en Amérique du sud. Un public extrêmement attentif et dont les questions reflètent l’intérêt qu’il porte aux aventures humaines qui tendent vers l’ouverture sur les peuples et sur le monde.

Un grand merci à André Bailly et à toute l’équipe pour votre accueil, votre sympathie et votre écoute. Vous pouvez nous compter parmi les fidèles de BSF !

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La fête du livre

Ce voyage alimente depuis 4 ans de multiples discussions et provoque de nombreuses rencontres. Que ce soit par l’intermédiaire de notre site, de conférence ou bien au sujet du livre, c’est toujours avec le même plaisir que nous échangeons nos expériences, nos photos ou bien juste quelques mots.

au Gray des mots

Habitué à répondre aux solicitations par e-mails, je le suis moins dans le cadre d’un salon du livre. Mais les organisateurs de cette première édition à Gray ont eu la gentillesse de m’accueillir (et quel accueil !) et m’ont permis de venir poser mes cartons dans ce qui a été ma ville de jeunesse.

Loin de l’ambiance austère de certains salons, il y avait à Gray tous les ingrédients pour un week-end réussi : une préparation soignée, une diversité de sujets bienvenue, une vente de livre d’occasion qui remporte un vrai succès populaire et de multiples activités qui donnaient à cette manifestation un côté presque festif comme en a bien besoin le livre.

Au coté de Bob Morane et pas loin de James Bond, nous avons parlé Amérique latine, humanité, enfants, découvertes et livres. Qu’espérer de mieux ? Une nouvelle édition dès l’année prochaine !

Salon du livre à Gray

Nous serons présents au salon du livre « Au Gray des Mots » le week-end du 28-29 novembre 2015.

Nous dédicacerons la deuxième édition de notre livre de voyage « une famille un monde ».

Peut-être aurons-nous le plaisir de vous y rencontrer.

affiche

 

une année à vélo et en famille

Partis le 3 juillet 2010 de leur maison dans l’Ain, Florian, Carine, Zoé (8ans) et Mahaut (2ans ½) ont parcouru plus de 10 000km, traversant la Cordillère des Andes de l’Equateur à la Patagonie. Une vie nomade à affronter le froid, la pluie, la sécheresse, le vent et le soleil pour finalement toujours trouver le réconfort auprès des peuples sud-américains rencontrés.

Au départ, un projet de rapide tour du monde en tête, le voyage se transforme petit à petit en découverte approfondie de la Cordillère des Andes à travers l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, l’Argentine et le Chili. Choisi pour être simple, économique et passe partout, le vélo devient rapidement un passeport pour les rencontres. Entre immersion dans les paysages de montagnes et accueil par les habitants, la richesse des découvertes fait oublier la dureté du voyage.

Les parents découvrent toute la générosité des peuples andins tandis que Zoé parcourt les écoles péruviennes et que Mahaut s’éveille au monde dans la tradition nomade. Des milliers de photos, des heures de vidéos et des carnets de voyage tenus par toute la famille témoignent de l’effervescence du voyage qui vous fait plus que vous le faites.

Une traversée de l’atlantique en cargo avec des escales au Brésil, au Sénégal, et en Europe du Nord a permis de compléter cette découverte en prolongeant encore d’un mois le retour à la vie sédentaire le 28 août 2011.

Ce blog, rédigé  jour après jour pendant notre périple, est riche en souvenirs, photos, vidéos et détails pratiques pour ceux que l’aventure tente. Bon voyage…

Le livre, un bel objet

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272 pages / 59 photos couleurs / 24,99€

Plus d’infos

Interview

Le blog des « petits globetrotteurs » a publié une série d’entretiens sur le voyage à vélo. Ils ont eu la gentillesse de nous questionner. L’interview est ici.

 

Un peu d’actualité

Il n’y a pas que des sondages ennuyeux et des promesses électorales sans lendemain dans la presse.

Nous avons aussi eu droit à deux articles pour annoncer notre première conférence/rencontre/diaporama en France, la dernière en date ayant eu lieu à Buenos Aires.

C’est le journal de la Côtière qui a relayé l’info jeudi :

Puis Anne-Laure WYNAR du Progrès a rédigé ce bel article suite à une interview donnée vendredi soir :

Au final, 75 personnes sont finalement venus samedi en fin d’après-midi pour voir (en avant-première !) le film réalisée et commentée par Zoé, puis un diaporama d’environ 200 photos à travers lequel nous avons essayé de résumer plus d’un an de voyage. Les questions ont été nombreuses et variées.

Nous remercions toutes les personnes présentes et plus particulièrement Marcel BLANC, grand voyageur, et Gilbert GROSCLAUDE qui anime depuis 10 ans ces rencontres.

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