Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Mois : avril 2018

France ou pas ?

S’il y a bien une question par ici qui n’appelle pas de réponse simple c’est « Alors, Tahiti, c’est la France ou pas ? »

Et nous voilà repartis pour des heures de débat. Entre autonomie, indépendance, pays d’outre mer et autres grands mots, pas facile de s’y retrouver. Alors moi je vais vous dire, j’ai une réponse simple : Tahiti, c’est comme la France d’il y a 30 ans.

Évidemment les moins de 30 ans vont avoir du mal à comprendre les références de cet article mais tant pis. Ils se feront aider par plus vieux qu’eux.

30 ans plus tôt.

Fouille dans ta mémoire à une époque où les pompes à essence avaient leur pompiste. Quand tu étais petit, c’est le monsieur à qui ton papa tendait un billet en disant « le plein s’il vous plait ! » en début de mois et « 30 francs, ça suffira » en fin de mois. Il s’occupait de plein de voiture en même temps et ne se trompait jamais sur les montants. Trop fort. Le pompiste tahitien, il est pareil que celui de ton enfance sauf que tu le tutoies et que les montants c’est plutôt « 4000 francs s’il te plait ! ».

Tu te rappelles quand pour avoir internet on utilisait des modems qui faisaient plein de lumière et que même plus ça clignotait dans tous les sens, moins ça allait vite ? Bienvenue sur l’internet polynésien ! C’est cher, pas rapide et quand ça ne fonctionne plus il faut appeler le service client qui ferme à 16h.

Et te souviens-tu du prix d’un abonnement au réseau GSM (c’était comme ça que ça s’appelait avant la 4G) avant qu’une entreprise n’invente le forfait à deux euros ? Et même que t’avais des sms limités et qu’il fallait faire attention à ne pas dépasser et te prendre la tête avec le report des minutes d’un mois sur l’autre mais attention ça ne marchait plus le mois suivant à moins que t’aies collecté assez de points fidélité. Et bien ça marche encore comme ça ici.

Et puis : quand la carte bleue était encore un truc de geek que tes grands-parents refusaient d’utiliser parce que « c’est quoi cette monnaie en plastique et pis j’oublie tout le temps le code ». Tu sortais ton chéquier à tout bout de champ et au moment où t’en avais le plus besoin : Paf! Plus de chèques !

C’est toujours ainsi sur les belles îles de Tahiti.

Et quand il fallait attendre des plombes pour avoir la carte grise , précieux sésame délivré après avoir rempli en 3 exemplaires une feuille sur laquelle tu ne comprenais pas la moitié des items. Bon OK, c’est toujours comme ça en France.

Mais ici on lèche encore le timbre fiscal devant l’hygiaphone (cherche pas, il n’y a pas de contrepèterie).

Et avant les répondeurs automatiques, il fallait absolument joindre ton interlocuteur pour lui délivrer ton message. Rassure-toi, ici aussi les smartphones ont un répondeur (avec ce superbe accent tahitien) mais personne ne semble l’utiliser. On t’appelle et on ne te laisse pas de message. Il reste ce besoin de parler de vive voix. Pas toujours pratique.

Ça fait partie du charme polynésien. Et puis il y a quand même une différence. Ici tu t’en moques de tout ça. Tout le monde te sourit et personne ne râle. Pas très français pour le coup !

Nouvelle Calédonie

En Nouvelle-Calédonie, on peut hésiter entre équitation et plongée. La solution pour contenter tout le monde : chevaucher des hippocampes.

Choses vues – avril 2018

En lieu et place du traditionnel journal de voyage, voici, jetés en vrac des choses vues, des pensées, des grains de sable du voyage. On pourrait me reprocher de ne pas avoir mis d’ordre dans mes idées, mais j’ai craint qu’avec l’ordre disparaissent les idées, comme c’est parfois le cas…

Nouméa

  • Air Calin (la compagnie néo-calédonienne) serait-elle la compagnie aérienne de la douceur? Le petit déjeuner servi dans l’avion après 4h de sommeil tend à confirmer cette intuition : une crêpe remplie de riz au lait accompagnée d’une gaufre sur un lit de crème anglaise. Le bonheur d’un art culinaire entre ciel et terre. L’art de l’entre-deux.
  • Première expérience culturelle à Nouméa où nous arrivons pendant un très long week-end de Pâques. Tout est fermé et nous finissons dans une célèbre chaîne américaine de fast-food. Nous vérifions le principe économique du prix du hamburger comme indicateur du niveau de vie. Mêmes ingrédients, 33% plus cher.
  • Lu dans un dépliant touristique : « Les perles de Tahiti sont moins chères à Nouméa qu’à Tahiti ». Nous vérifions le principe économique qui dit que tout est plus cher à Tahiti.
  • Pour nous, polynésiens d’adoption, Nouméa c’est grand. Il y a dans cette ville autant d’habitants que sur l’île de Tahiti. Est-ce à cause de cette surpopulation relative que les baies ont perdues leur âme ? Béton, bagnoles et caniches sont-ils les marques au fer rouge que les hommes appliquent à la nature ?
  • Les windsurfers et kitesurfers, qui avec leurs planches et leurs voiles animent le lagon de Nouméa, agissent comme un révélateur : ils rendent apparente cette force invisible de la nature, le vent. Merci à eux.

  • Au loin, la barrière de corail se pare d’une frange d’écume. Plus près, les murs se parent de tags. Les tagers manquent d’imagination, l’écume est bien plus (re)belle.
  • Rues commerçantes de Nouméa. En regardant dans les vitrines les télévisions à vendre, je viens subitement de comprendre pourquoi les doter d’écrans toujours plus plats : pour être en adéquation avec le contenu qu’elles diffusent.
  • A Nouméa, comme à Papeete, absence de kiosque à journaux, absence de presse, absence de ce qui nous écrase.

La Foa

  • Aujourd’hui nous avons roulé plus de 120km sans revenir au point de départ. Aujourd’hui, nous nous sommes trompés de route. Aujourd’hui, nous avons eu du mal à sortir d’une zone commerciale. Toutes ces choses impossibles à Tahiti.
  • Dans la brousse de la chaîne montagneuse, je me sens comme une feuille de thé. Je prends le temps de m’immerger, de me laisser gonfler pour remonter lentement à la surface. C’est la cérémonie du thé adapté au voyage : repos, patience et dégustation.

  • Perçu dans le brouhaha lointain de l’actualité française : encore une réforme du lycée. J’espère qu’un jour les pays étrangers remercieront la France pour leur avoir montré tout ce qu’il ne fallait pas faire.
  • Assis sur l’herbe, entouré de la chaîne, la montagne calédonienne, baignée dans le soleil, je fais miens les mots de Churchill : I am a man of simple tastes, easily satisfied by the best !
  • Je lis la vie secrète des arbres1. On y redécouvre la communication par phéromones pour prévenir les voisins d’un danger. On y apprend la communication par influx nerveux via les racines. L’homme a beaucoup copié la nature pour ses propres inventions. Qu’internet existe sous terre depuis que les arbres sont là c’est très réjouissant. Ça relativise les propos de ceux qui nous bassinent avec la révolution internet. Historiquement d’abord, l’écriture, l’imprimerie, la radio ont été au moins aussi révolutionnaires dans l’histoire de l’humanité. Et maintenant la barrière des espèces vole en éclat. Les végétaux s’envoient des messages et partagent de l’information. Il faudra un jour regarder les arbres comme nos vénérables compagnons plutôt que comme un stock de planches.
  • Les arbres ne manquent pas à proximité de Pocquereux où, sous un ciel dans lequel nagent quelques nuages épais, nous promenons nos baskets. Imaginer ce lien invisible entre eux rend encore plus incongru et ridicule les kilomètres de clôture qui sectionnent, segmentent et découpent la brousse en propriétés privées. Et ces panneaux souriez vous êtes filmés à des kilomètres du premier village sont le mauvais goût incarné par de petites gens qui n’ont de grand que leur propriété. La brousse, nouvel eldorado de la vidéo-surveillance ?

  • Si les arbres ont inventé internet, les oiseaux sont les ingénieurs des données cryptées. La preuve : on ne comprend rien à ce qu’ils se chantent mais on aimerait tellement le savoir.

Pondimié

  • Lu sur le bord de la route : « Le droit à l’endroit ». Une revendication des tribus ? Vu sur une couverture de magazine : « Deux couleurs, un pays ». Un appel à l’indépendance ? Mystérieuse Calédonie.
  • « Un touriste rapporte environ 200 000 francs pour 6 000 francs investis ». Ami voyageur, tu es un investissement pour ce pays. Tache de garder ton rendement économique sinon … sinon quoi ?
  • A propos du référendum à venir sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, un dirigeant politique nous dit : « Si nous savons que le chemin n’est pas praticable, nous n’engagerons pas la population à le suivre ». Il va falloir reboucher tous les nids de poule sur les routes pour que la population suive ce genre d’argument.
  • En Nouvelle-Calédonie, on peut hésiter entre équitation et plongée. La solution pour contenter tout le monde : chevaucher des hippocampes.
  • J’ai toujours trouvé les sites industriels très photogéniques. Les immenses mines à ciel ouvert de Nouvelle-Calédonie n’échappent pas à la règle. Surtout un samedi, où l’activité a disparu et que la roche rouge fait passer les montagnes découpées pour des forteresses martiennes taillées par des géants.

  • Le nickel est le sang de la Nouvelle-Calédonie. Il a scarifié la montagne, rougi les rivières et irrigué toute l’histoire de l’archipel.

  • Ceux qui voyagent pour vérifier sur place que le pays correspond à l’idée qu’il s’en font vont être déçus par la Nouvelle-Calédonie : c’est un pays plein de rien au milieu d’un grand vide. Sorti de l’effervescence toute relative de Nouméa, c’est brousse et compagnie. L’île et grande mais peu peuplée. Le lagon est immense mais trop vaste pour en apercevoir les limites de la plage. Ici la grandeur rejoint une forme d’ennui qui pousse à la contemplation.
  • Pays des extrêmes géographiques il est également celui du grand écart social. Deux sociétés, l’une moderne, l’autre tribale se partagent le caillou. Mais se rencontrent-elles ?
  • « Attention, traversée de tribu ». Qui a eu l’idée de ce panneau routier ? Ne se sont-ils pas rendu compte de la proximité du message avec celui prévenant de la traversée d’animaux ?
  • Un jeune cerf a traversé la route devant nous avec toute la grandeur et le respect que dégagent ces animaux : sur le passage piéton. Puis il a marché sur le trottoir le long des groupes attablés pour le repas dominical amusés de cette présence inattendue. Je suis certain qu’il leur a souhaité un bon appétit. Politesse du roi de la forêt.
  • Ecouter John Zorn confortablement allongé dans le sable en contemplant le ciel imitant la mer. L’idée la plus proche que je me ferais du paradis si je n’étais pas athé.
  • Quand on voit les espèces endémiques extraordinaires de Nouvelle-Calédonie, on se dit que ce bout de terre, à l’instar de la Nouvelle-Zélande, a eu raison de se détacher du supercontinent Gondwana. Preuve géologique que pour préserver son intégrité, il faut dériver, s’éloigner de la masse. La tectonique des plaques ou la majorité a toujours tort.

Bourail

  • La plongée c’est l’art de disparaître. Une fois la tête complètement immergée, on change de monde. Fini l’ambiance terrestre avec sa pesanteur épuisante, son bruit incessant et ses odeurs omniprésentes. Bienvenue dans un univers aquatique où les couleurs, le bruit, les sensations changent et évoquent la douceur de flotter dans le monde. Retour dans le fluide originel (la composition de l’eau de mer est très proche de celle du liquide de nos cellules) peuplé d’être tous plus originaux les uns que les autres. Retour dans le silence du ventre maternel. Retour dans la source de la vie. Je maudis cet animal prétentieux qui a franchi la frontière de ces deux mondes il y a 500 millions d’année pour s’aventurer sur terre.

  • J’aime cette analogie tout droit venue d’un peuple de pêcheurs : les ethnies de ce pays sont comme les mailles d’un filet. Il faut régulièrement resserrer les liens.
  • Observation de la mangrove : si les moustiques aiment tant le sang, pourquoi ne se piquent-ils pas entre eux ?
  • Sur les murs, encore : « Rêvez Rêveurs Rêveil Rêvons Rêvolte »
  1. la vie secrète des arbres – Peter Wohlleben – Les arènes

Un été au pays du sourire (3/3)

Ko Tao

La vérité est que dans la vie, la plupart du temps, il n’y a rien à faire. L’homme sage est celui qui cultive l’art de ne rien faire.

6 août

Avez-vous déjà mis un pied au paradis ? Je veux dire avec la possibilité d’en revenir. C’est à peu près ce qui nous est arrivé en découvrant une petite baie au sud de l’île de Koh Tao.

Ici, tout semble s’être figé comme sur une carte postale. Enfin, pas tout à fait. Sur la colline d’en face, dans la végétation luxuriante qui caractérise les îles tropicales, se construit un nouveau resort. Encore en béton brut non recouvert de bois, il fait râler la famille française qui a eu la mauvaise idée de s’installer à quelques mètres de mon hamac. Évidemment, on peut verser dans un discours passéiste dans lequel cette île encore récemment dépeuplée était pour certains une sorte de paradis vierge version La Plage ou quelques Leonardo Di Caprio trentenaires vivaient en occidentaux repus persuadés d’être seuls au monde. On peut imaginer naïvement que les Thaïlandais auraient pu choisir un autre mode de développement économique basé sur le respect de la nature et la conservation de l’environnement. Qu’ils choisissent de ne pas exploiter la manne touristique que représentent ces plages de sable blanc et continuent de vivre de pêche et de jus de coco en s’abritant de la mousson sous des tôles. Bref, qu’ils soient notre Jekyll quand nous faisons nos Hide depuis des siècles. Je ne me fais pas d’illusions sur ce que deviendra cette île de la tortue. Il suffit de voir les clichés pris en 1995 du débarcadère. Un chemin de terre bordé de cocotiers. Aujourd’hui, quand nous sommes arrivés, nous avons trouvé une station balnéaire du tiers-monde. Dans une atmosphère saturée de gaz d’échappement, des pickups transformés en taxi charrient des vivres, des matériaux de construction et des backpackers en mal d’exotisme.

Dans 20 ans, les petites huttes en bois auront toute disparu, la jungle sera balafrée par des cordons d’asphalte et la côte sera recouverte d’hôtels gigantesques avec piscine à débordement et cocktails alcoolisés. La Thaïlande sera passée du stade de tigre asiatique à celui de pays développé. Les riches Chinois auront envahi la place et les routards seront partis explorer d’autres lieux vierges et perdus.

En attendant, le petit coin de paradis que nous trouvons à la pointe que de cette minuscule île (21 km2) est le havre de paix que nous souhaitons trouver après 15 jours dans la jungle urbaine.

Elle est surtout peuplée de plongeurs dont la principale qualité est de passer leurs journées dans l’eau, nous laissant parfaitement tranquilles sur la plage.

Jeudi 7 août

Mon goût prononcé pour la position allongé dans un hamac et la forte présence de l’arbre à noix de coco me désigne comme une victime potentielle de la théorie de Newton

Alors que nous passions du temps parmi les éléphants, des panneaux rappelaient d’éviter de tenir l’appareil photo dans la même main que la canne à sucre. Conseil judicieux. La trompe de l’éléphant est précise et puissante.

Ici, l’autre conseil prodigué par la petite brochure de bienvenue sur l’île est d’éviter de faire la sieste à l’ombre des cocotiers. Ca paraît être plein de bon sens mais c’est assez difficile à respecter. Mon goût prononcé pour la position allongé dans un hamac et la forte présence de l’arbre à noix de coco me désigne comme une victime potentielle de la théorie de Newton. Il faut bien mourir un jour. Face à la bien nommée Sharks island, bercé par le bruit des vagues et la brise tropicale, ça a plus de classe qu’au fond d’un lit d’hôpital abattu lentement par un cancer.

L’enseignement de Bouddha a laissé quelques beaux principes. Par exemple, il nous apprend que la vérité n’est que dans la vie, la plupart du temps il n’y a rien à faire. L’homme sage est celui qui cultive l’art de ne rien faire.

Bouddha aurait-il séjourné sur Koh Tao ?

Je tente le coup d’appliquer au moins ce conseil pendant les jours qui vont suivre.

8 août

Le resort où nous logeons a évidemment occidentalisé ses pratiques : jardin impeccablement entretenu , plage nettoyée matin et soir et menu traduit en anglais. Mais contrairement aux autres pays d’Asie du sud-est, cette occidentalisation est à l’œuvre en Thaïlande depuis longtemps. C’est le roi Chulalongkorn qui avait exigé du peuple de copier les habitudes et les manières des occidentaux, prétextant qu’un pays occidentalisé et donc moderne aux yeux des étrangers protègerait de la colonisation, la justification de tous les colonisateurs étant de civiliser les pays qu’ils envahissaient. Et cela fonctionna à merveille puisque la Thaïlande, à l’opposé de ses voisins, ne connut jamais la colonisation. L’adjectif Thaï signifie par ailleurs homme libre.

9 août

Le guide du routard le disait. Koh Tao est l’île de la plongée, alors pourquoi ne pas essayer pour la première fois de respirer sous l’eau? Le fait d’observer de beaux fonds marins avec masque et tuba, de voir partir le matin le bateau chargé de plongeurs et peut-être tout simplement l’envie de comprendre ce qui pousse toutes ces drôles de tortues chargées de bouteilles à passer une bonne partie de la journée sous l’eau, ont suffi à nous décider. Il faut ajouter que le club de plongée est attenant à notre logement et que l’instructeur parle français, ce qui permet à Zoé de profiter pleinement de sa formation.

Après avoir rempli les papiers officiels où je reconnais pour moi et ma fille que la plongée est une activité comportant un certain nombre de dangers, je certifie que nous sommes tous les deux en bonne santé, que nous ne souffrons d’aucune allergie (hem), que nous ne souffrons ni du mal des transports ni de claustrophobie ni de vertige (un petit mensonge), nous descendons sur la plage pour apprendre les rudiments de la survie sous l’eau. Nous sommes 4 ce matin à tenter l’expérience. Évidemment, nous en restons aux exercices de base : enlever le détendeur sous l’eau et le remettre, vider son masque de l’eau qu’il contient et enfin respirer normalement. Puis, en suivant la pente de la plage, nous nous enfonçons doucement sous l’eau en restant à proximité de notre instructeur au cas où quelque chose se passerait mal. De mon côté, à part l’eau qui rentre continuellement dans mon masque, tout se passe bien. Après l’étrangeté de la situation – après tout nous ne sommes pas des poissons – vient le plaisir de flotter dans un monde tellement différent de celui d’au-dessus. Commence alors le jeu de l’observation de la faune et de la flore qui vit à 5 mètres sous l’eau. Et celui de la respiration qui permet d’assurer sa flottaison. Même si pendant ces 45 minutes, il n’est pas toujours possible de se détendre totalement (après tout cet appareillage qui fait de nous des hommes-poissons n’est pas là pour nous faciliter les choses), nous sommes tous d’accord pour tenter une deuxième plongée.

Du 10 août au 14 août

J’ai dit que j’appliquais les concepts du bouddhisme. Donc je prends quelques vacances bien méritées.

15 août

Après une ultime matinée à la plage, nous quittons Koh Tao à bord d’un Catamaran dont la vitesse impressionnante nous permet de rejoindre le continent en moins d’une heure et demi.

Suit une nuit dans le train où, dormant en haut c’est à dire à côté du plafonnier, je ne ferme pas l’oeil.

Retour à Bangkok.

16 août

Sky Train jusqu’au National Stadium.

Visite de la maison de Jim Thompson.

Balade au MBK, grand centre commercial pour touristes.

Retour à la maison puis massage des pieds et repas au bord de la Chao Praya.

La routine en quelques sorte.

17 août

Parc de la ville : balade en pédalo et jeu pour les enfants.

Centre commercial et quartier des grattes-ciel.

18 août

Vue panoramique de Bangkok du 32ème étage de notre immeuble. Vu d’ici, il mérite son nom marin de light house. Nous sommes dans un océan urbain dont on ne voit pas les limites et je commence à avoir le mal de mer.

Puis retour à Chinatown, ses ruelles serrées, ses odeurs étranges.

Et pour finir cette journée à chiner très asiatique, direction l’Asiatique River Front, le dernier-né des Mall de Bangkok.

Le soir, les filles retournent faire un massage intégral Thaï. Je m’abstiens.

19 août

Cette vision Thaï du volant transformé en roue de la fortune où seuls ceux qui méritent de mourir vont se tuer.

Dernière journée à Bangkok. On traverse à nouveau le quartier des méga Mall pour aller cette fois-ci dans un jardin où sont regroupées d’anciennes maisons Thaï. Encerclé par les buildings, surplombé par le métro aérien, l’endroit conserve tout de même une atmosphère paisible avec ses multiples terrasses donnant sur les bassins. Évidemment il pleut. Il pleut de plus en plus. Nous entrons dans la période de la mousson sous une chaleur étouffante apparemment conséquence d’El Nino.

Curieux anachronisme que ce mini village thaï au milieu des grattes-ciel qui résume bien le pays. Une Thaïlande pleine de traditions déjà entrée de plain-pied dans la modernité.

Un autre bel exemple de cet assemblage étonnant de croyances anciennes et d’adaptation contemporaine est donné par les moines et leur système de donation. Les moines ne devant rien posséder vivent grâce aux dons en nature effectués par leurs fidèles. Habituellement, ces offrandes sont données dans de grands seaux que les hommes à la tunique safran rapportent aux temples (on n’ouvre jamais un cadeau devant celui qui l’offre). Dans chaque seau, les moines trouvent nourriture, bougies, savons et d’autres articles de première nécessité. Mais au pays des centres commerciaux géants, de vénérables commerçants ont commencé à ouvrir des échoppes devant les temples pour faciliter la transaction. Et à l’heure d’Internet, les Thaïs les plus pressés et les plus aisés peuvent même commander en ligne des packs pré-assemblés qui seront livrés au temple de leur choix.

Ce soir, il faut reprendre une dernière fois le taxi pour rejoindre l’aéroport. Encore une fois, il va falloir se battre contre la vision occidentale de la façon de conduire des chauffeurs de taxi, irresponsabilité et négligence envers la vie humaine, et tenter pendant la durée du trajet d’adopter cette vision Thaï du volant transformé en roue de la fortune où seuls ceux qui méritent de mourir vont se tuer !

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