Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Mois : mai 2011

Trois p’tits tours et puis s’en vont

Déjà, nous sommes repartis du Chili car les glaciers des Andes sont plus accessibles côté Argentin. Nous aurons seulement entrevu une petite partie au sud du pays mais c’était la région qui nous attirait le plus. De la région des lacs et de l’île de Chiloé, nous retiendrons l’hospitalité sans condition de Jorge et Sandra, Sylvia et Antonio et des gardes forestiers, le curanto d’Ana Maria, les volcans somptueux, la beauté sauvage de l’île, les mauvaises pistes et les plages immenses du pacifique. Et la pluie, le vent, le froid et les tempêtes. On ne peut pas vivre coincé entre la cordillères des Andes et l’océan pacifique et à une telle latitude sans composer avec les éléments naturels. Mais c’est là que réside tout le charme de la Patagonie chilienne. Il faut passer des heures à regarder tomber la pluie pour comprendre le soin apporté aux intérieurs chiliens.

Nous avons aussi adopté pour cette région un autre mode fonctionnement : nuits chez l’habitant et exploration à vélo d’une petite zone sur un grand laps de temps qui nous ont donnés pour une fois l’impression de ne pas être juste de passage mais un peu plus sédentarisés. D’ailleurs on nous a plusieurs fois demandé si nous étions installés ici !

Et avec toutes les difficultés que nous avons eu à trouver un bus pour nous faire traverser à nouveau ce col enneigé et franchir ces douanes compliquées, nous avons bien failli y rester.

En conclusion, ce fut un mois moins intense en souffrances physiques (quoique !) mais où nous avons pris plus de temps pour réfléchir à ce que nous avons fait en Amérique du sud et à l’avenir. Y’aura une vie après le vélo !

On dirait le sud

En lisant vos mails, je m’aperçois que vous pensez que nous cherchons à entretenir un certain suspens quant à la suite du voyage. Détrompez-vous, si vous avez l’impression que nous ne savons pas trop où aller, c’est que réellement nous ne le savions pas il y a encore quelques heures. Nous sommes depuis le début de ce voyage dans une totale improvisation où la seule ligne directrice était d’aller vers le sud. Nous nous sommes laissés bercer par les rencontres, le charme de certains lieux, la laideur d’autres, l’envie de se reposer ou l’envie d’avancer. Il s’agit bien évidemment d’un luxe : avoir assez de temps devant soi pour ne pas chercher à le régenter. Mais la fin du périple sud-américain montre le bout de son nez et avec lui la fin du «être en voyage», ce sentiment de liberté extraordinaire.

Et si pendant des mois, nous n’avons jamais vraiment intégré le paramètre climat à notre (absence de ?) réflexion, il faut reconnaître que l’hiver austral nous refroidit. Comme je l’ai écrit dans le dernier article, nous sommes arrivés au bout de notre descente vers le sud à vélo. Bloqués au moment où j’écris ces lignes par la pluie et le froid, nous ne regrettons pas notre décision. Mais cela ne veut pas dire que nous allons arrêter de descendre ! Seulement, pas à vélo. Nous allons opter pour un moyen motorisé et utiliser les 15 jours qu’il nous reste pour finir d’explorer la Patagonie. Et mettre un point final à cette aventure en donnant le plus de sens possible à notre parcours.

Ainsi, nous allons «abandonner» nos bicyclettes pour la première fois depuis presque un an et monter dans une voiture. Nous avons beaucoup hésiter à rejoindre le côté obscure de la force (motrice) mais rester enfermés à regarder la pluie tomber n’est pas une option qui nous tente. Après cela, nous rejoindrons Buenos Aires pour y rester environ deux semaines. Un programme presque chargé nous attend là-bas. Nous en reparlerons.

Et enfin retour en France que nous traverserons à nouveau à vélo pour rejoindre … Rignieux-le-Franc ! Les coureurs du tour de France n’ont qu’à bien se tenir…

Avez-vous remarqué que tout blog qui se respecte propose régulièrement à ses lecteurs des sondages? Avec des questions d’actualité brûlantes du genre:

Le «socialiste» préféré des français est-il un violeur en série ? Oui, Non, Je ne me prononce pas

Madame Sarkozy est-elle enceinte ? Oui, Non, Je n’espère pas

Ces deux événements ont-ils un rapport ? Oui, Non, J’avoue que je n’y avais pas pensé

Et bien, à l’occasion de notre retour, nous aussi nous vous proposons un sondage. Alors, jetez-vous dessus ! (colonne de droite)

Chiloé : il pleut, c’est merveilleux, je t’aime

«L’île de Chiloé est célèbre pour la noirceur de ses orages et de son sol, pour ses forêts de fushias et de bambous, ses églises jésuites et les doigts d’or de ses sculpteurs sur bois. Un des ses coquillages, une énorme barnache, le pico de mar, se dresse sur votre assiette comme un Fuji Yama en miniature. La population est un mélange d’Indiens chonos, d’Espagnols et de marins de toutes les couleurs. De leur imagination bouillonnante sont nées des mythologies tourmentées.»

C’est Bruce Chatwin, l’écrivain voyageur britannique qui faisait cette description de Chiloé. Je ne ferais pas mieux. Je ferais même bien plus mal ;

Chiloé est un pays à part entière : on y mange différemment du reste du Chili, le climat est singulier, les croyances sont particulières et même l’architecture des maisons est propre à l’île. C’est certainement pour cela que cette île fascine les Chiliens et les passants du bout du monde que nous sommes.

4 mai 2011 : Chacao

Nous dégustons le curanto que nous prépare Ana Maria : coquillages, moules gigantesques, pommes de terre. Très bon et (très) nourrissant.

5 mai 2011 : Chacao – Ancud

Il est difficile de quitter la petite maison en bois sur la plage. Mais l’île, même si elle est petite (à peine 250km de long) recèle bon nombre de coins paumés et sauvages qu’il nous faut explorer.

La route 5 qui est en fait le dernier tronçon de la panaméricaine n’est pas vraiment surchargée. A mi-chemin, nous visitons le parc de la mythologie Chilote (en fait un particulier qui a aménagé son jardin avec une multitude de statues en bois à l’effigie de toutes les croyances locales). A Ancud, il n’y a plus de pirates pour rapporter des livres de magies blanches du vieux continent, seulement des pêcheurs et l’océan.

6 mai 2011 : Ancud – Chepu


Encore un plan galère ! Mais qu’est ce qui nous a pris de vouloir nous enterrer (au sens premier du terme) à Chepu ? Nous étions tranquillement en train de pédaler sur la route 5 quand nous avons pris ce petit chemin de terre pour «voir l’océan». Il nous faudra 3h pour parcourir les 15 kilomètres de chemin boueux, les roues bloquées par la terre et nous en train de pousser.

Et puis Chepu n’est même pas au bord de l’océan. Il faut encore monter 13km. Oui, monter !

Heureusement, nous ne sommes pas déçus par l’agroturismo (chambre à la ferme) que nous visions. Sonia («vous n’êtes quand même pas venus jusqu’ici à vélos ?») nous reçoit avec café et galletas. Nous rangeons vite le difficile chemin au rayon des souvenirs.

7 mai 2011 : Chepu

Tempête le matin, puis découverte des environs avec Armando sous le soleil.

8 mai 2011 : Chepu – Quemchi


Il a plu et le chemin est encore plus impraticable. Armando affrète sa camioneta et nous emmène jusqu’à la route. De là rejoindre Quemchi est un jeu d’enfants : des montagnes russes plus précisément.

Sur la route, nous sommes interpellés par deux jeunes femmes qui nous disent venir de Santiago et nous invitent à rejoindre le royaume de Dieu. Nous déclinons gentiment mais je les plains : entre les témoins de truc, les adventistes du 7ème machin, les évangélistes néo-bidule qui ont pignon sur rue dans tous les villages, la concurrence est rude. Nous, nous nous contentons de croire en basilisco, cuchiovillu et La Pincoya, superstitions médiévales Chilotes autrement plus croustillantes…

Quemchi est un village de pécheur comme il y en a tant d’autres sur l’île. C’est d’ici que partent les bateaux chargés d’alerce, le bois

imputrescible originaire de la zone. Il n’y a rien à faire ici et c’est parfait pour nous.

9 mai 2011 : Quemchi

Une île minuscule reliée au continent par un pont en bois. Il n’en faut pas plus pour nous faire sauter sur nos petites bicyclettes. Evidemment, il pleut, évidemment le chemin n’est pas praticable pour des vélos et pour finir, le pont est fermé. Bah, ce n’est pas une interdiction formulée dans une langue qu’on peut très bien ne pas comprendre qui va nous arrêter.

A mi-chemin, le vent, la pluie, les planches pourries qui craquent et l’eau glaciale 5 mètres en dessous ont raison de notre héroïsme.  On se contente de la vue et des cygnes à col noir qui vivent ici.

10 mai 2011 : Quemchi

Cette île du bout du monde, soeur jumelle de l’Irlande, est un des rares endroits d’Amérique du sud où nous aurions vraiment envie de nous installer. Est-ce son aspect sauvage, son climat incompréhensible, ses baraques en bois de guingois ou ses habitants qui la rende si attachante ? Logés à deux pas de l’école, Carine nous prend rendez-vous avec le directeur pour une visite de l’établissement. Toujours disponibles, les enseignants nous montrent le fonctionnement de l’école, ses classes spécialisées et ses équipements ultra-modernes. Il n’en faut pas plus pour scolariser Mahaut et Zoé tout l’après-midi avec les petits de quatre ans. Une expérience qui prolonge et complète celles que nous avions déjà eues au Pérou.

11 mai 2011 : Quemchi – Dalcahue

Entre la fin d’une averse et le début de la suivante, nous faisons les 50 km qui nous séparent de Dalcahue. Comme d’habitude, appels de phare, coups de klaxon et gestes d’encouragement des «motorisés» sont notre lot quotidien.Ce côté de l’île semble un peu moins escarpé et le moral est bon.

12 mai 2011 : Dalcahue

Beaucoup de pluie. Autant en profiter pour visiter le village, ses maisons en bois, son église en bois et son pont en bois…imputrescible, ça va sans dire !

13 mai 2011 : Dalcahue – Achao – Dalcahue

Nous posons nos sacs et partons visiter l’île de Quinchao. Pédaler libérés de nos encombrantes charges est si facile que nous en oublions l’heure et rentrons dans une épais brouillard.

14 mai 2011 : Dalcahue – Castro

Malgré l’épaisse brume matinale, il fait finalement beau temps. Comme sur beaucoup d’îles, les pentes sont impressionnantes et nous poussons les vélos sur de longues portions. Arrivés à Castro, nous découvrons les «palafitos», petites maisons colorées sur pilotis typiques de la ville et qui font le régal des photographes. Il s’agit pourtant des quartiers pauvres de la ville où le temps s’est arrêté il y a un peu plus de cinquante ans.

Plus loin, le long de la route côtière, nous louons une vielle baraque en bois au plafond si bas que je tiens à peine debout.

15 mai 2011 : Castro

Castro est la capitale de Chiloé. Hormis une grande place centrale, rien ne la distingue vraiment des villages avoisinants. Même nonchalance, même sensation de temps arrêté. Seule l’église est pleine à craquer ce dimanche matin. Nous avons les rues pour nous.

16 mai 2011 : Castro – Chonchi

Chonchi est surnommé «le village aux trois étages». Plus en pente tu meurs. Nous passons en mode «poussage de vélos» pour nous rendre dans une petite pension. Nous sommes seuls dans la maison, les touristes, comme les moustiques, ayant fui le froid et la pluie, ce qui est une double bonne nouvelle.

Dans la rue, un passant s’accroche à un panneau de signalisation, me regarde béatement et s’écroule sur le trottoir en souriant. Je ne me formalise pas (pas plus que les autres témoins de la scène). C’est que ça titube sacrément dans les ports de Chiloé. Tous les jours nous rencontrons des âmes esseulées dont la démarche trahit l’abus de nectar local. Plus ou moins éméchés, plus ou moins sympas, ils font partie du paysage comme les monticules malodorants de coquilles de moule (utilisées comme remblais) ou les arbres morts droits comme des i (victimes des tremblements de terre et autres tsunamis).

17 mai 2011 : Chonchi – Cucao

C’est certainement la plus belle route de l’île. Entre deux lacs en enfilade et une végétation tropicale, la route file vers l’océan pacifique où un bras de lac s’y jette. C’est beau, c’est désolé et nous arrivons sous un ciel menaçant et dans un vent glacial. La route s’arrête. Je suis un peu triste car ce dernier village est notre bout du monde à nous, notre Ushuaïa Chilote. C’est l’endroit le plus austral de notre périple à vélo. A quelques kilomètres d’ici s’arrête la panaméricaine. Il faut prendre le bateau pour rejoindre la route australe et continuer vers le sud. Mais les jours de plus en plus courts, le froid, la pluie et le vent nous disent de ne pas nous lancer dans cet ultime tronçon à vélo et avec des enfants.

18 mai 2011 : Cucao

Cette nuit, j’ai bien cru que nous allions nous envoler dans notre cabane-triangle au bord du pacifique. Mais le matin, le temps est clément : le ciel est gris, l’humidité à 100% et pas trop de pluie. C’est ce climat unique qui a amené  la création du parc national que nous découvrons aujourd’hui. Nous traversons d’abord une zone curieuse sur Chiloé où une végétation endémique s’est habituée à vivre les pieds dans l’eau. Et le sol sur lequel nous croyons marcher n’est qu’un amoncellement de troncs d’arbres pourrissants sur une nappe d’eau. Le véritable sol est bien plus bas !

Une demi-heure de marche plus loin, place à la désolation. Une lande désertique qui mène à une plage où les vagues de l’océan montent et descendent à la vitesse d’un homme qui court. C’est vrai, nous avons essayé ! Deux paysages, deux écosystèmes totalement différents qui donnent un aperçu de la diversité incroyable présente sur ce bout de terre au bout de la terre.

19 mai 2011 : Cucao

Alors qu’après une journée bien remplie à regarder l’écume de l’océan s’envoler sous les vents violents de Patagonie, nous faisons nos courses pour la soirée au mercado du coin, la petite dame (Tante Emma d’après le panneau) nous fait remarquer que nous sommes dans le journal. Même ici, où l’on a l’impression que rien ne se passe, il se passe des choses. Ainsi l’éditorialiste du journal fait remarquer que bien que ce soit la mauvaise saison, il y a des «touristes» sur l’île. Ca me rassure, à la couverture du journal j’ai cru qu’il n’y avait que des crimes ignobles.

20, 21 mai 2011 : Cucao

Nous repartirions bien mais il faut attendre la fin de la tempête. Entre deux averses, nous risquons une fois de plus notre vie de petits reporters pour vous rapporter ces quelques clichés.

Vacances sur une île

28 avril 2011 : Ensenada – Puerto Varas

La météo annonce quatre jours de soleil. Incroyable ! Quatre jours c’est ce qu’il nous faut pour arriver jusqu’à l’île de Chiloé. Mais si le ciel est dégagé, il ne fait toujours pas chaud. Pas plus de 12° aux meilleures heures de la journée et les nuits sont glaciales. Sans nuage, la vue sur les différents volcans de la région est idéale. Pour nous protéger du froid, nous achetons en chemin du miel mélangé à de la gelée royale. C’est bon et pour le prix nous avons droit à un dépliant listant tous les bienfaits de cette préparation de «mielothérapie». De là à dire que la vendeuse est un peu mielleuse…

Protégés de toutes les maladies de l’hiver pour le siècle qui vient, nous reprenons gaiement la route. 50km plus loin, nous sommes à Puerto Varas. Cette petite bourgade construite par les colons allemands fait étalage de son architecture germanique et de ses bonnes idées pour garer les vélos.

Nous faisons le tour des hébergements pour trouver le moins cher. Puis c’est la traditionnelle soirée au coin du feu.

29 avril 2011 : Puerto Varas – Puerto Montt

Nous sommes en Patagonie à la mauvaise saison, c’est évident. La météo devient prépondérante dans notre gestion des étapes. Qu’il fasse froid et nous écourtons le trajet. S’il pleut, nous essayons de rester où nous avons dormi quand c’est possible. Si le soleil se montre, nous pédalons le plus possible (bien que les journées deviennent terriblement courtes). Voilà un résumé de ce que j’ai compris de la météo de la région : si le vent vient du Nord, il est porteur de pluie mais pousse nos vélos vers le Sud. S’il souffle du Sud, il chasse les nuages, il fait froid et ensoleillé et nous pédalons plus fort pour avancer moins vite (si ce n’est pas clair, relisez les deux phrases précédentes, ça tombe sous le sens). Ca c’est la théorie. En pratique, aujourd’hui, le vent vient du Sud, il fait froid et le ciel est dangereusement bas. Ajouter à cela des pentes à plus de 20%, une circulation dense et vous comprenez que l’arrivée sur Puerto Montt ne restera pas un des meilleurs moments du voyage.

Seule récompense, nous arrivons sur l’océan pacifique que nous avions quitté à Trujillo au Pérou. Ici, la côte est belle, constellée d’îles et battue par les vents. Nous passons le reste de la journée à nous informer sur les différents ferries pour aller et revenir des îles. A la simple idée de prendre un bateau, il y en a deux qui sont heureuses.

30 avril 2011 : Puerto Montt – Huelmo

Puerto Montt est la dernière grande ville du sud chilien. C’est un port un peu tristounet sans véritable attrait. Pour continuer plus au sud, nous avons deux solutions : la route 5 rapide, asphaltée et encombrée de camions. Ou une petite route côtière partiellement asphaltée, plus longue mais plus tranquille. Et bien que nous nous soyons promis d’éviter autant que possible le ripio (route de gravier), nous choisissons l’option longue. Nous quittons donc Puerto Montt par les ports de pêche baignés dans l’odeur de poisson. Les nuages s’en vont enfin tout comme l’asphalte.

Nous quittons la piste pour rejoindre par un petit sentier le micro-village de Huelmo. Pour la première fois, nous mettons le pied à terre en descente tant la pente est importante. Sur la plage, la vue est imprenable. Le Nord de la Patagonie est vraiment superbe et malgré des conditions météo un peu difficiles, nous ne regrettons pas d’être venus jusque là.

1 mai 2011 : Huelmo – Calbuco

On trouve au Chili un réseau routier secondaire assez dense qui permet d’échapper à la route principale qui parcourt le pays du Nord au Sud. Inconvénient principal : c’est assez loin de l’idée de route que l’on a en Europe. C’est comme on dit ici :«pura piedra». Et puis évidemment ça fait des détours. Si vous avez l’impression sur la carte que l’on tourne en rond, rassurez-vous, c’est ce que nous faisons. Et c’est comme ça que nous finissons sur l’île de Calbuco (reliée au continent par un pont) à chercher les trois volcans qui nous sont devenus familiers et nous servent de points de repère. Mais comme il fait beau, profitons-en ! D’ailleurs le proverbe du jour c’est «mieux vaut pédaler sur une mauvaise route par beau temps que sur une bonne route par mauvais temps».

2 mai 2011 : Calbuco – Chacao

Si vous imaginez le Chili comme je l’imaginais – la Cordillères des Andes qui s’aplanit jusqu’à venir se jeter dans l’océan Pacifique – vous avez tout faux. Entre la Cordillère et l’océan, il y a la cordillère maritime. Autrement dit, plus on s’approche de l’océan, plus ça grimpe ! Comme le résume assez bien Zoé «dans les côtes on transpire, dans les descentes on s’enrhume». Elle sait de quoi elle parle, la pauvre a mal à la gorge et passe son temps à se moucher. Le miel aux 10 000 vertus ne tient pas ses promesses;-)

Nous nous arrêtons pour acheter quelques bonbons pour nos filles dans une station-service. Le patron paye un café aux parents. Ca n’a l’air de rien mais c’est ce genre de petites surprises qui nous font tant aimer l’Amérique du Sud. Et puis par ce froid, ça fait du bien.

Nous arrivons pour prendre le bateau pour Chiloé en fin d’après-midi.

Sur place, nous passons une demi-heure à l’office du tourisme à étudier l’itinéraire avec un passionné de l’île. Pour finir, il nous accompagne chez Ana Maria qui nous loue une maison face à la plage. A ce tarif-là, on peut dire qu’elle nous la prête. Le séjour sur l’île commence bien.

Proverbe du jour : «A chaque jour suffit sa panne».

3 mai 2011 : Chacao

Parce qu’on est bien, parce que Zoé est un peu malade, parce qu’il pleut, parce qu’au bout de tant de temps de voyage, nous avons enfin compris que ce qui compte ce n’est pas de «tout voir très vite» mais de prendre plaisir à voyager, nous restons tranquillement au chaud.

Et puis Ana Maria nous a promis de nous faire déguster la spécialité de Chiloé : un mélange de fruits de mer dont j’ai oublié le nom. C’est qu’elle est extraordinaire cette petite dame qui vit seule, fait trois métiers pour s’en sortir et peste contre ce président de droite qui replonge le pays dans l’ultralibéralisme initié par Pinochet. Elle regrette «la Bachelet», la précédente présidente, qui d’après elle se souciait plus des Chiliens et était en plus contre ce projet de pont qui doit relier l’île au continent. Car ici, le sentiment d’insularité est fort et l’ambiance est bien différente. Ile aux revenus modestes, l’hébergement et la nourriture y sont plutôt moins chers que dans le reste du Chili. Mais pour beaucoup d’habitants, joindre les deux bouts relève de l’exploit.

Et pour finir,  la suite de notre vidéo-blog :

Un petit bilan sur l’Argentine

En arrivant à la douane de la Quiaca, nous avions rencontré des Français qui passaient en Bolivie après plusieurs semaines en Argentine et  qui nous avaient dit sur le ton de la confidence : « Attention, en Argentine, nous ne sommes pas les bienvenus ».  2 mois plus tard, je m’étonne toujours du ressenti très différent que des voyageurs peuvent avoir sur un même pays. Est-ce le vélo ou  les enfants qui nous donnent la chance d’être presque toujours bien reçus par les populations que nous rencontrons ?

Toujours est-il que les  3000km parcourus ne donnent qu’un petit aperçu de ce grand pays dont la superficie est 5 fois supérieure à celle de la France pour seulement 40 millions d’habitants. De la région andine située à la frontière Bolivienne à la région des lacs, nous aurons eu le temps de nous apercevoir que :

– les Argentins sont extraordinairement sympathiques et accueillants;

– l’Argentine aime les cyclovoyageurs, ce qui est en adéquation avec le point précédent;

– les paysages changent lentement et rendent le trajet à vélo parfois un peu ennuyeux;

– les cyclotouristes adorent l’Argentine, ce qui est en contradiction avec le point précédent;

– les grands espaces vides sont un terrain de camping idéal;

– mais où sont les Argentins ? (réponses possibles : ils font la sieste, ils sont au prochain village à 200km, ils boivent le maté en profitant de la vie…)

– les glaces argentines sont meilleures que les glaces italiennes (mais le café y est moins bon)

– les vins argentins sont moins bons que les vins français (mais la viande y est meilleure);

– à l’occasion de la perte de nos vélos par une grande entreprise de transport, nous retrouvons quelques travers bien européens et nous passons du « y’a pas de problème » chers aux Boliviens, aux Péruviens et aux Equatoriens au « c’est pas si simple » bien de chez nous.

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