Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Mois : mars 2011

Mafalda, Omar et Luis ou l’hospitalité version argentine

Suite à un problème de «propagation des DNS», l’accès au site a été bloqué plusieurs jours. C’est décevant mais pas très grave. Vous avez été nombreux à nous écrire mais les mails aussi étaient bloqués. Voici donc l’article de la semaine dernière, resté en rade dans les tuyaux insondables du grand World Wide Web.

Depuis que nous sommes en Argentine, nous sommes sous le charme de la gentillesse des Argentins. Mais nous n’avions pas encore retrouvé cette hospitalité désarmante que nous avions connue au début de notre voyage en Equateur ou au travers de quelques rencontres au Pérou et en Bolivie. Et bien c’est ici, au coeur de cette région au climat très chaud, que nous sommes à nouveau invités à partager un peu du quotidien des autochtones.

17 mars 2011 : San Blas – ?

Une toute petite étape pour aller profiter de la fraîcheur d’un torrent. Comme on nous l’a dit, le site est beau. Mais son entretien laisse à désirer : des poubelles un peu partout et pas mal de dégradations. Un petit air de site à l’abandon alors que ces installations sont récentes. C’est malheureusement souvent le cas ici : les mairies mettent beaucoup d’argent pour aménager de superbes structures municipales mais semblent oublier le budget alloué à l’entretien. Le bon côté des choses, c’est que c’est gratuit et que nous avons tout le confort souhaité : une table, des bancs, de l’eau et un endroit pour faire le feu.

Sur la route, un super couple d’Allemands qui donne aux enfants des bonbons et de quoi acheter des «ice-creams»…

Comme je me demande si toutes ces sucreries sont bonnes pour les nouvelles dents de Zoé, j’en mange une partie.

18 mars 2011 :  ? – Pituil

Autant il était difficile d’observer des condors au Pérou alors que pourtant «el condor pasa», autant nous en voyons chaque jour en Argentine le long de la route 40. Aujourd’hui, ils sont quatre à tourner au-dessus de nos têtes. Ils doivent lorgner sur notre sac de nourriture à l’arrière de la carriole. J’essaie de faire quelques photos mais ils sont timides.

A part ces beaux oiseaux, la route devient vraiment ennuyeuse. Comprenez : les lignes deviennent droites et le relief plat. Nous arrivons à Pituil complètement démotivés. Evidemment, c’est oublier un peu vite qu’en Amérique du sud, il se passe rarement une journée sans événements marquants. Ici, c’est Mafalda qui crée la surprise. Alors que nous cherchons où dormir, elle nous invite dans sa grande maison. Nous nous retrouvons attablés à siroter un mate pendant qu’elle nous parle de son voyage en Allemagne pour aller voir son fils. Le plus difficile pour nous sera de s’adapter au rythme argentin : repas à 11h pour aller au lit vers minuit. Entre deux bonnes étapes de vélo, nous passons pour des couche-tôt !

19 mars 2011 : Pituil – Chilecito

Partis tôt pour effectuer une longue étape, rassasiés par le petit déjeuner de Mafalda, nous roulons vite, le sourire aux lèvres quand patatra ! Carine a son pneu arrière à plat et lamentablement déchiré au niveau du flanc. Heureusement que l’on transporte au fond d’une sacoche un pneu de rechange pliable. L’étape est sauvée mais la réparation nous fait perdre l’avance que nous avions.

Encore 75 km en quelques lignes droites. Ca devient pesant et contrairement aux Andes que l’on a connues où le paysage change à chaque col, à chaque vallée, rien ne distingue vraiment sur la route une étape de la précédente. Si ça continue, nous allons prendre la machine à remonter le temps (comprenez : le bus) pour allez voir plus bas si la route est plus intéressante.

Par contre, si le chemin ne nous donne pas vraiment notre lot quotidien de surprises, les rencontres s’enchaînent de façon presque ininterrompue. Après Mafalda et sa bonne humeur communicative, nous sommes abordés aujourd’hui par Luis qui vient d’effectuer un voyage à vélo en Afrique et nous invite à venir dormir chez lui à Mendoza. Puis arrivés à Chilecito, c’est Omar qui nous guide à travers la ville jusqu’à sa maison où il nous offre à boire et à manger. Nous n’y dormirons pas car la place manque un peu – ils sont déjà six à vivre là – mais nous repartons les bras chargés de vivres. Zoé offre une partie de ses quelques jouets et livres aux enfants d’Omar. Elle aussi, le voyage la transforme petit à petit, sa générosité prenant modèle sur la générosité sud-américaine. Omar parle des Argentins qui sont trop «pacifiques» pour se battre. Se battre pour travailler et se battre contre des hommes politiques corrompus. Un mot qui finalement les définit mieux que «nonchalant». Omar se contente de sa petite maison et ne veut pas trop travailler. Un discours aux antipodes du discours européen et de la sacro-sainte consommation à outrance qui semble être notre seul salut.

20 et 21 mars 2011 : Chilecito

Chilecito est indiqué comme un petit pueblo sur notre carte. Erreur ! (une de plus), Chilecito est une ville. Et tant mieux, nous avons besoin de faire quelques petits achats. Alors, bien installés dans un vieil hôtel où l’on peut camper (une fois n’est pas coutume, nous prendrons une chambre, la différence de prix étant minime), nous passons ce dimanche à l’ombre du patio, la chaleur étant écrasante, à écrire quelques articles sur le blog. Zoé et Mahaut aussi mettent leur journal à jour. And just for you, my English speaking friends, I’ve updated the english part. Merci qui ?

Les pieds dans l’eau

Hé, ce n’est pas parce que nous n’écrivons pas sur le blog que nous n’avançons pas ! Au contraire, nous roulons à un bon rythme mais n’oubliez pas, l’Argentine c’est 40 millions d’habitants dans un pays  5 fois grand comme la France. Ca vous donne une idée des espaces dépeuplés que nous traversons (avis à ceux qui voudraient s’échapper : l’Argentine a besoin d’immigrés !). Donc entre deux villages peu équipés, il n’y a que de la pampa. Alors Internet, n’y pensez même pas. Pas d’inquiétude à avoir cependant, tout est au beau fixe (même le temps).

Le titre du précédent article n’ayant pas déclenché l’hilarité, voici une explication en vidéo du titre du présent article :

En détails :

03 et 04 mars 2011 : Cafayate

Repos, lessive, barbecues, mécanique, blog, jeux, musique, observation des oiseaux.

05 mars 2011 : Cafayate – Colalao del Valle

Partis de Cafayate en fin de matinée, nous comptions aller jusqu’aux ruines de Quilmes. Mais Zoé ne se sent pas bien. Nous écourtons l’étape et demandons à planter notre tente à côté d’un comedor (petit resto). C’est Pauline, une cyclovoyageuse écossaise qui nous a indiqué l’endroit. Nous avons discuté avec elle de l’état des routes : celle qu’elle va prendre pour rejoindre la Bolivie et celles qui nous attendent pour rejoindre Mendoza. Elle nous encourage également dans un projet un peu f(l)ou que nous souhaitons réaliser dans quelques mois. Mais de cela, nous vous parlerons si ça aboutit.

06 mars 2011 : Colalalao del Valle – Santa Maria

L’Argentine serait un pays bien agréable si l’on pouvait y dormir un peu. Le petit comedor d’hier soir semblait un endroit bien paisible sauf que, suite à une coupure d’électricité, la petite dame refuse de nous faire à manger. Puis à 20h, c’est une demi-douzaine de voitures qui débarquent pour passer la nuit musique à fond. Et quand ces braves gens partent dormir au milieu de la nuit, ils sont relayés par une bande de joyeux lurons armés de guitares et d’une grosse caisse nous empêchant définitivement de dormir. Aux premières lueurs du jour (6h30), nous déguerpissons pour aller prendre un café plus loin (les concertistes, eux, vont seulement se coucher). Mais c’est sans compter sur les pluies diluviennes qui ont créé partout des badenes, torrents de boue traversant la route à intervalles réguliers.

Certains endroits sont infranchissables et c’est grâce à un engin de chantier venu pour dégager la boue que nous passons la carriole.

Un baden plus loin, nous perfectionnons le système :

Pour compléter le tableau, à cette heure matinale et avec le temps orageux, nous nous faisons dévorer par les moustiques. Par contre, nous, nous n’avons rien à dévorer. A hauteur de Quilmes, nous décidons d’emprunter une piste qui mène aux ruines pré-incas. Les ruines en elles-mêmes sont assez décevantes.

Le plus intéressant est l’imbrigolio juridique qui les concerne. Le site, acheté une misère par un homme d’affaires argentin, qui y a fait construire un hôtel avec piscine, est aujourd’hui réclamé par les Indiens qui considèrent qu’il s’agit là de leur héritage. Le tribunal propose un arrangement où l’exploitation du site est confié à la communauté indienne et la propriété remise pour 5 ans au businessman. Une séparation des biens que les Indiens contestent invoquant la création d’un monde unique par la Pachamama (la déesse mère) et dont les différents éléments ne peuvent pas être séparés. Pour calmer la colère des indiens, le propriétaire des lieux a fait construire un peu plus loin, dans le village d’Aimacha, un musée dédié à la Pachamama. C’est d’ailleurs dans ce village que nous comptons faire des provisions et passer la nuit. Sauf que nous sommes dimanche et que c’est la fête de la Pachamama ! Un grand carnaval est organisé depuis samedi et le gouvernement argentin a ajouté lundi et mardi comme jours fériés. C’est quatre jours de fiesta prévus et le paisible village s’est transformé en mégapole. Tout est complet, les campings, les jardins des particuliers, les places du village.

Il ne nous reste donc plus qu’à pousser jusqu’ à Santa Maria, 20 km plus loin. A 19h, nous plantons notre tente. Fin d’une longue journée.

07 et 08 mars 2011 : Santa Maria

Bloqués à Santa Maria pour cause de problèmes mécaniques (cette fois-ci, c’est la jante de la carriole qui est méchamment voilée), nous continuons notre lente transformation en vrais Argentins.

D’abord, boire du Yerba Mate toute le journée en respectant le protocole : 50g de feuilles grossièrement hachées dans une tasse (mate) sur lesquelles on verse de l’eau bouillante à plusieurs reprises et que l’on boit à l’aide d’une paille métallique (bombilla). La première fois, on se brûle. La deuxième fois on est surpris par l’amertume. La troisième fois on est accroc. Il faut dire que cette plante médicinale possède de nombreuses propriétés intéressantes : chargée en antioxydants et en caféine, elle supprime la sensation de fatigue, tonifie les muscles et le cerveau, réduit la faim, limite les migraines et, cerise sur le gâteau, mange le mauvais cholestérol pour en produire du bon. Une aubaine dans un pays où l’aliment principal est la viande rouge. C’est la boisson nationale, détrônant Coca-Cola majoritaire sur le continent (main dans la main avec le Fanta orange …). Tous les Argentins se promènent avec leur mate, leur bombilla et une thermos d’eau chaude.

Ensuite, il faut changer de régime alimentaire. Finis les fruits et les légumes. Ici on dévore de la viande. On l’achète dans des boucheries où elle est découpée à la demande et à la scie à ruban. Demandez un peu de viande à griller pour deux et on vous sert 1kg de viande. L’unité de mesure, c’est le baby-steak, une pièce de 500g. La viande est juteuse et même oubliée sur le grill, elle reste tendre. Le secret : des animaux vivants dans l’immensité de la pampa, sans complément alimentaire ni antibiotique et grandissant à un rythme normal.

Que font les Argentins quand ils ont une demi-journée devant eux ? Ils trouvent un asadore, barbecue gigantesque. Il y en a partout : place de village, camping municipal, le long des routes,… Là, ils sortent le charbon, la viande et mettent la musique à tue-tête. C’est véritablement la troisième occupation du pays après la sieste et le football.

Et enfin, il boivent du Soda :

Dernier détail amusant : sur les devantures des magasin, on trouve un panneau disant «Abrimos cuando venimos y cerramos cuando nos vemos» : on ouvre quand on arrive et on ferme quand on part. Inutile de demander les horaires.

09 mars 2011 : Santa Maria – Punto de Balasto

La route 40 en Argentine est un peu l’équivalent de la route 66 aux Etats-Unis : une route mythique qui traverse le pays de part en part dans des paysages superbes. Peu fréquentée, la qualité du revêtement laisse à désirer et les possibilités de ravitaillement sont rares. Aujourd’hui s’ajoute une difficulté supplémentaire. Les rivières en crue traversent toujours la route et des ponts ont été arrachés par le courant. On nous prédit que nous ne passerons pas. Finalement nous franchissons deux cours d’eau en poussant les vélos. Pour la carriole et les enfants, nous préférons sagement demander à un véhicule d’assurer la traversée. Nous nous arrêtons au dernier village avant un long tronçon «sin nada», sans rien. A la première personne que nous croisons, je pose la question traditionnelle «où pouvons nous camper ?». «Dans mon jardin» me répond sans hésiter Manuel. Il est en train d’y construire sa maison (seul). L’endroit est juste parfaitement paradisiaque. Nous pouvons même prendre une douche chaude et boire une boisson fraîche.

Nous discutons encore des différences culturelles entre nos deux continents. En guise d’exemple, je lui explique qu’en France, si je demande à camper, je risque pas mal de refus (nous le savons, nous avons essayé). Nous visitons également le petit musée du village présentant les objets traditionnels de la communauté indienne. Il faudrait un article complet pour aborder le traitement des Indiens dans ce pays. Plus tard peut-être.

Une journée bien remplie sachant que le matin, à Santa Maria, une équipe de télévision assurant un reportage sur les élections de dimanche, nous est tombée dessus pour une petite interview. Si je trouve la vidéo sur le web, je la posterai mais il ne faudra pas se moquer, d’accord ?

10 mars 2011 : Punto de Balasto – ?

La route se poursuit, encadrée de sommets enneigés culminant à plus de 6000m. Mais ça monte et le vent joue les trouble-fête. Et puis ces grandes lignes droites ne sont pas vraiment motivantes. Comme prévu, nous trouvons de l’eau. Et ce sera ainsi tout le long des 90km qui séparent les deux villages. Nous campons à proximité d’une mystérieuse base militaire. Que se trame-t-il ici ? Un comité d’accueil pour martiens, des expérimentations sur des animaux disparus ? Je m’endors avant d’avoir trouvé le moindre indice…

11 mars 2011 : ? – Hualfin

Un franchissement de rivière sortie de son lit, un repas froid riche en féculent, de la piste qui casse, des montées, des galères pour trouver où dormir : une journée standard en somme.

12 mars 2011 : Hualfin – Puerta de San José

Cette fois-ci, c’est un camion de la municipalité qui nous aide à passer la rivière en crue. Tant mieux, c’était pas gagné de passer à pied. En descendant le vélo du camion, les dents des plateaux ont la mauvaise idée de se planter dans ma jambe. C’est pas très beau, nous verrons s’il faut faire des points à Belen. Le vent continue à jouer contre nous. 10km avant la «ville», nous trouvons un endroit bien paisible pour passer la nuit : sous un petit toit de paille, le ciel se faisant menaçant.

13 mars 2011 : Puerta de San Jose – Belén

Il nous faut nous arrêter à Belén essentiellement pour aller chercher un peu d’argent à la banque. Comme ce n’est pas très loin de là où nous avons dormi, nous restons la matinée  au camping. Il faut réparer ces maudits matelas gonflables, retendre la chaîne du tandem et réaliser quelques menus travaux. Comme nous sommes encore là à midi, les gens du village, venus dans ce petit coin de nature pour manger ensemble, nous offrent de partager leur repas : choclo et empanadas. Le choclo est préparé à l’argentine, bien différemment de la Bolivie. Un peu façon cassoulet à vrai dire.

C’est dimanche, jour des élections des intendentes, les maires de villages. La ville est animée, mais comme tous les dimanches, plus un sou à la banque. Il faudra attendre demain et faire la queue avec la moitié des habitants.

«Trop de gens et pas assez d’argent» résume un habitant que nous croisons et qui nous laisse une brochure de son commerce. Son métier est de faire repousser les cheveux !

14 mars 2011 : Belén

Day off. Enfin pas pour Zoé qui doit aller à l’école avec deux enseignants exigeants.

15 mars 2011 : Belén – ?

Cette fois-ci, c’est 100km de pampa qu’il faut parcourir entre nos deux villages étapes. Nous achetons notre ravitaillement à Belén et mangeons à midi chez Irène. Elle vient d’Allemagne et tient un petit resto-glacier. Nous nous régalons tout en résolvant quelques casse-têtes «made in Germany». Puis vient le désert Argentin où la ligne droite est reine et où la petite reine s’ennuie. Pour dormir, nous avons l’embarras du choix : des centaines de km2 de sable et d’arbustes juste pour nous. Là où la végétation pique le moins, nous montons la tente puis observons le ciel étoilé avec ce sentiment étrange de n’être pas grand chose.

16 mars 2011 : ? – San Blas

Il pleut. Pour la première fois depuis des semaines, la pluie nous accompagne toute la journée. Avec le vent et les longues lignes droites, l’étape est un peu lassante. Le soir, une hosteria nous servira de tente et un restaurant remplacera le réchaud à essence.

Barjes de vélo

Cafayate : nom de ville se déclinant habituellement en Cabernet-Sauvignon ou Merlot. Loin des hauts plateaux des Andes, nous atteignons les régions viticoles d’Argentine. Les routes  pour aller jusqu’ici ont été superbes. Changement de paysage permanent et pas encore cette pampa qui est, paraît-il, si ennuyeuse. Et la chance nous sourit encore : après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région la semaine dernière, nous débarquons sous un soleil de plomb.

25 février 2011 : Salta

Quelle déception ! Cette ville présentée par les guides comme une des plus belles d’Argentine nous a laissés de marbre. Si elle possède quelques beaux bâtiments, ceux-ci sont noyés dans une architecture urbaine assez laide. Inondée de voitures, sans un mètre de rue piétonne, elle ne nous donne guère envie de s’y attarder. Demain nous repartons non sans avoir fait le plein de protéines et d’ouvrages en français.

26 février 2011 : Salta – El caril

Nous ressortons comme nous étions rentrés, par une belle piste cyclable. Tant mieux car le trafic est dense. C’est le dernier samedi avant la rentrée scolaire. Sur la route, nous croisons un couple d’Allemands venu pour 4 semaines et qui remonte de Mendoza à Jujuy.

Une fois à El Carril, nous nous dirigeons vers la piscine municipale où nous savons qu’il est possible de camper. La campagne pour la prochaine élection municipale nous offre l’animation musicale une partie de la nuit. Sympa.

Nous faisons aussi la connaissance de Kerouac-Atahualpa, un gentil chiot qui aurait pu devenir le 5ème passager de notre expédition. Mais finalement, il pèse déjà trop lourd.

27 février 2011 : El Carril – Guachipas

Chaque gros village d’Argentine (ou du moins de la région que nous traversons) possède un «complexe touristique» municipal. On y trouve un terrain de foot, des barbecues, un terrain de camping et une piscine (généralement sans eau). Et dans ces endroits, on peut camper gratuitement et prendre une douche (froide, faut pas rêver!). Ce service, que les municipalités offrent à tous les voyageurs, semble assez méconnu. Pour nous, c’est une aubaine. En arrivant ce soir à Guachipas, nous nous payons même pour quelques euros, une chambre avec 6 lits au sec. C’est qu’il a beaucoup plu ici cette année et tout est humide.

D’ailleurs ma béquille en a marre de toute cette eau et nous annonce que pour elle, le voyage s’arrête ici. Dommage, elle nous aidait bien.

28 février 2011 : Guachipas – Alemania

Ici, contrairement à la Bolivie, c’est une année de très forte pluie. Beaucoup de voyageurs venant du sud ont vu leur itinéraire perturbé. Des cyclistes allemands obligés de prendre un pick-up pour passer les routes inondées. Un motard anglais qui espère pouvoir retourner sans trop de difficultés à Santiago de Chile. De nombreuses coulées de boue sur la route témoignent de la violence des précipitations. Et le rio que nous suivons et qui a creusé le canyon qui mène à Cafayate est anormalement chargé. C’est le long de ce rio, dans le micro-village d’Alemania que nous décidons de camper. Nous y rencontrons deux cyclistes argentins qui s’arrêtent également là pour la nuit. Des accidents ont eu lieu ces derniers jours et la police va interdire la circulation dans la soirée, l’eau et la route sinueuse faisant mauvais ménage. Nous nous réservons les fabuleux paysages de cette traversée pour demain.

01 mars 2011 : Alemania – El Paso

Encore une belle route. La Quebrada de Las Conchas est infiniment plus sauvage et plus belle que celle de Humahuaca. Quelques belles formations rocheuses parsèment la route : la gorge du diable, l’amphithéâtre, le crapaud, l’obélisque, etc…

L’autre attraction touristique, c’est nous. Il doit y avoir un concours photos du genre «envoyez-nous vos plus belles photos de cyclovoyageurs transpirants et gagnez votre poids en Saltenas». Nous sommes mitraillés du matin au soir malgré nos t-shirts sales et nos 5 jours sans douche. Au pire, c’est d’une voiture ou d’un bus de touristes à la sauvette, au mieux la conversation s’engage et c’est quand même plus sympa.

Côté accueil de la population, c’est variable. Soit, nous nous voyons offrir une pause à l’ombre des arbres et quelques fruits frais par une charmante vendeuse de raisins, soit nous nous faisons virer par des commerçants peu enclins à nous aider qui lâchent leurs chiens parce que nous stationnons devant chez eux pour obtenir un peu d’eau. Un comportement que nous n’avions pas vu depuis que nous avons posé nos pieds en Amérique du sud. L’Argentine, c’est un peu comme l’Europe, pour le meilleur et pour le pire. Nous finissons par camper dans un endroit où il y a trop d’épines pour nos roues.

02 mars 2011 : El Paso – Cafayate

Nous les avons rencontrés ! Les «comme nous». Ils s’appellent Eric et Gaëlle, ils ont deux enfants, deux vélos et ils remontent actuellement l’Argentine du Sud au Nord pour rejoindre la Bolivie. Nous étions en contact via internet, un outil formidable pour les rencontres mais pas aussi performant qu’un barbecue et une bouteille de vin de Cafayate.

Une soirée sympathique où nous échangeons autour du voyage, des itinéraires des uns et des autres, des enfants, du matériel et de ce qui nous préoccupe en ce moment : la croissance extrêmement rapide des pieds de Mahaut. Il faut encore acheter de nouvelles chaussures.

Cafayate est aussi l’occasion pour nous de prendre un ou deux jours de repos dans un haut lieu de la viticulture argentine.

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