Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Mois : septembre 2010

En route pour Jaen

25 septembre 2010 : San Ignacio – 20 km avant Tamborapa
  

Le bon génie qui suit notre voyage a eu la bonne idée, ce matin, de changer une nouvelle fois le décor. De la montagne sèche de San Ignacio, nous descendons dans la vallée du Rio Chinchipe.

Dans les premiers kilomètres, on se croirait à Sapa au Vietnam : des rizières avec les montagnes en toile de fond.

Le bon génie a eu également l’idée de nous faire parcourir la vallée dans le sens descendant et d’aplanir un peu la route, ce qui rend cette étape très agréable.

Toujours peu de voitures, on se croit seuls au bout du monde. Sauf à la pause repas où une famille entière sort d’on ne sait où pour toucher les cheveux de Mahaut. Il fait 40°C à l’ombre.

26 septembre 2010 : 20 km avant Tamborapa – Jaen
 

Réveillés à 4h du matin par un cochon égorgé (ici, pas de frigo, on tue quand on veut de la viande), nous sommes prêts à l’aube. Tant mieux car la journée s’annonce encore très chaude. La chance viendra sous la forme d’un motard, Milton, qui nous donne l’adresse d’un magasin de vélo à Jaen : «El Ciclista». Nous pouvons nous rendre là-bas, nous serons bien reçus. La route continue à sillonner des plaines cultivées en bordure des rivières.

Riz, ananas, mangues, papayes en abondance. Nous retrouvons l’asphalte et avec lui un peu de civilisation à mi-chemin.

En fin de parcours, nous sommes accompagnés par un cycliste puis un motard qui nous questionnent sans relâche.

65km plus tard, nous sommes à Jaen en plein défilé de mototaxis aux couleurs des différents partis politiques qui s’affronterons dimanche prochain. On se faufile parmi les manifestants pour rejoindre la «casa el ciclista». Miguel qui tient le magasin est absent mais toute la famille nous accueille à bras ouverts. Ils nous prêtent une chambre et nous mettent en garde sur la dangerosité de la ville. Récemment, deux personnes se sont faites tuer et les habitants sont en émoi. ça ne nous empêche pas d’aller déguster un bon poisson grillé suivi de flans et de yahourts artisanaux. J’ai l’impression qu’ici comme ailleurs, on parle beaucoup d’insécurité avant les élections.

27 septembre 2010 : Jaen : «El ciclista»
 

Nous passons la journée dans l’atelier de réparation de vélo du senior Miguel. C’est la caverne d’ali baba du cycliste. Toute la famille monte et démonte des vélos du matin au soir. Une seule règle : la débrouille. Et un savoir certain. Tous les amoureux de vélo viennent régulièrement ici. Miguel commence à récupérer des bouts de tube et des vis pour réparer et améliorer le système de roulement de la charriote de Mahaut. Le système très fragile d’axe fusée de Charriot va être remplacé par de la technologie péruvienne adaptée aux routes péruviennes.

Il continue à faire chaud, très chaud, ce qui n’empêche pas les enfants de jouer.

28 septembre 2010 : Jaen : «El colegio»
 

Quand Miguel nous propose de visiter l’école de ses filles, nous sautons sur l’occasion. A Cuenca, nous nous étions heurtés au refus du directeur. Ici, il est content d’accueillir ces deux professeurs venus de France. J’ai droit à la visite complète de l’école pendant que Carine se repose sur un tapis de la maternelle. C’est à son tour d’être malade. Comme partout au Pérou, les enfants m’accompagnent bruyamment en répétant inlassablement les mêmes questions : «De donde viene ?» et «Como te llamas ?».

Un élève s’étonne de ma grande taille. «Il a bu beaucoup de lait» répond sa maitresse. Je ne démens pas.

Cette école publique est la plus ancienne de Jaen et une des plus anciennes du Pérou. Cela explique en partie qu’elle soit si bien équipée par rapport aux autres établissements que nous avons vus. Une bibliothèque, un laboratoire, une salle informatique et des salles avec suffisamment de tables et de chaises. Pour le reste, les manuels sont édités par l’état (religion et patriotisme à chaque page) et les élèves sont très bruyants !

Pendant que je visite, Zoé et Mahaut se font entraînées par un autre groupe d’élèves et je les retrouve assises à une table dans une classe. Je récupère Mahaut et laisse Zoé trop heureuse d’aller à l’école !

Fin des cours à 12h30. Repas délicieux pour 3 (Carine ne mangera pas aujourd’hui, vous dire si ça va mal). A 14h30, Zoé retourne à l’école pour le sport. Mais le mieux est de la laisser raconter tout ça dans sons journal … prochainement.

Un autre Miguel (guide touristique, négociant en riz et en café) rencontré dans l’atelier de vélos (c’est fou le monde qui passe ici) m’emmène faire une balade à vélo à travers les rizières en bordure de la ville. Nous discutons (autant que mon espagnol le permet) de la vie au Pérou et en France. Ici le salaire minimum est de 200 sols (50€). Il permet de manger correctement et de vivre dans une cabane sans eau ni électricité. A partir de 500 sols (120€), on mange bien, on peut vivre dans un appartement et conduire une moto. Je précise que par appartement, il faut voir une ou deux pièces très simples et que la moto n’est pas vraiment du dernier cri. Au delà, on commence à faire partie des riches.

29 septembre 2010 : Jaen – Suite et fin

Le Pérou, comme tous les pays pauvres, paye cher le changement climatique, dû essentiellement au mode de vie énergivore des pays riches. Les glaciers fondent et avec eux les réserves d’eau potable du pays. Les cours d’eau s’assèchent et le rendement des cultures traditionnelles est en baisse. En particulier, la culture du riz, aliment principal, devient difficile. Ajoutons à cela les désastres naturels qui détruisent en partie les habitations des plus démunis.

La notion d’écologie pointe le bout de son nez à l’école où Zoé est retournée aujourd’hui. Des projets concernant la sauvegarde des espèces animales et végétales sont menés dans les différents niveaux. La classe politique en parle un peu également. Par exemple, ce soir nous sommes invités par un des candidats à faire un tour de vélo en ville avec d’autres cyclistes pour promouvoir le déplacement durable. Il faut dire que cette semaine est la semaine «marathon meeting». Chaque jour des mototaxis défilent aux couleurs des différents partes (pas moins de douze rien que pour la ville de Jaen). Chaque soir un podium et une sono sont montés en ville pour accueillir les candidats. Des slogans sont scandés entre deux morceaux de salsa. Un coté fête populaire accompagne la campagne politique. Côté programme, la plupart des candidats sont du côté des pauvres (il vaut mieux par ici), beaucoup parlent de travail (une denrée rare), de la fin de la corruption (preuve que ce fléau ronge encore le pays) et de lutte contre l’insécurité (tient, ça me rappelle quelque chose…).

Et pendant ce temps-là, dans l’Ain…

Grace a notre ami Gilbert GROSCLAUDE, quelques nouvelles de l Ain :

Cher Marcel, à très bientôt.

Bonjour le Pérou, au revoir l’asphalte…

Nous aurions pu choisir de suive la panaméricaine qui redescend sur la côte comme tout le monde nous l’avait conseillé. «Après, le Pérou, c’est tout plat. Facile !». Oui mais ça doit être un peu lassant de pédaler sur l’autoroute avec des camions qui passent à 120km/h. Et puis les moustiques…

Alors, on s’entête, et on poursuit dans la montagne malgré l’absence de route asphaltée. On verra bien…

16, 17 et 18 septembre 2010 : Loja
  

3 jours de repos à Loja avec en vrac : une balade à vélo (!), un parc avec la tour Eiffel, le Kremlin et le Machu Pichu, un mini zoo, des dégustations de produits locaux, une interview avec le journal local, des photos avec notre famille d’accueil.

Un article de journal sympa dans lequel on apprend que ce qui surprend le plus nos hôtes, c’est le fait que nous ne regardons pas la télé le soir ! C’est vrai que dans ce pays, la télé est omniprésente : cuisine, salon, chambres, restaurant, hôtel, bus. Une vraie folie. Impossible d’y échapper.

Ingrid, tu peux nous trouver le lien sur Internet ?

19 septembre 2010 : Loja – Vilcabamba 
 

Vilcabamba est célèbre pour les multiples recherches scientifiques s’étant déroulées ici dans les années 50. Le sujet ? L’extraordinaire longévité de ses habitants. Tout a été étudié : le climat extrêmement stable (20°C toute l’année), la qualité de l’eau bue venant de la montagne, le régime alimentaire, etc…

Aujourd’hui, le village est un repère de routards du monde entier et il y règne une atmosphère délicieusement baba-cool.

Quand nous arrivons en fin d’après-midi, le temps est frais et il pleut. Décidément, tout fout le camp.

20 septembre 2010 : Vilcabamba – Yangana
 
 

Nous nous sommes endormis hier dans un hôtel, nous nous réveillons dans une communauté hippie ! Allemands de 20 à 70 ans et jeunes californiens préparent à tour de rôle leur jus de fruit dans la cuisine commune. Je ne suis pas dans le coup avec mon café.

On s’attarde un peu d’autant que Zoé se sent mal. Nous allons au bout de la route, là où l’asphalte s’arrête et où commence la piste qui mène au Pérou. Zoé s’endort dans mes bras pendant que Carine cherche où dormir. Après accord du directeur, ce sera dans le réfectoire de l’école. De l’eau et la lumière, c’est grand luxe !

21 septembre 2010 : Yangana – Namballe (Pérou)
Impossible d’envisager de grimper des cols avec Zoé dans cet état. On se lève à 5h30 (l’école démarre à 7h) bien décidés à prendre le premier bus pour Zumba. Malheureusement, il est bondé et impossible de trouver une place pour le tandem. Ce sont deux fonctionnaires du ministère de l’industrie qui nous servent de taxi. Et c’est reparti pour 5h de «taxi-vomi». Cette fois-ci, c’est Mahaut la victime. Autant dire que quand nous arrivons à la frontière avec le Pérou, nous deux filles sont exténuées. Heureusement que les formalités de douane nous font sourire : le douanier péruvien écoute Bon Jovi à fond dans son bureau et chez la police, c’est ambiance boîte de nuit.

On remonte sur nos vélos et après quelques kilomètres nous nous offrons un bel hôtel. Une vraie folie : le prix de la paire de chaussettes que je viens de perdre sur la piste (mais que je retrouve un peu plus tard).

Petit bilan de l’Equateur :
Avertissement : ce bilan n’est qu’un point de vue personnel et spontané et je ne prétends pas connaître ce pays en l’ayant uniquement traversé. Je ne donne pas de leçon et je ne juge pas ses habitants. Je ne fais que noter quelques éléments qui me paraissent intéressants.

Nous avions prévu 3 semaines en Equateur. C’était sans compter sur les Equatoriens !Nous sommes finalement restés 5 semaines. De l’Equateur, nous garderons évidemment le souvenir des paysages des Andes, de l’atmosphère si particulière de la jungle et des villes coincées dans les vallées. Mais ce serait bien réducteur de résumer notre séjour à ces images. La vraie richesse de l’Equateur ce sont ses habitants, accueillants, curieux, chaleureux, souriants et disponibles. Ils ont été nombreux à nous encourager d’un signe de la main, à nous aider le long de la route et à nous héberger. Véritable leçon d’hospitalité et de contact humain pour nous européens retranchés trop souvent derrière notre individualisme qui mène plus à avoir qu’à être.

La plupart des Equatoriens possèdent souvent peu de choses : une petite maison, un vélo, parfois une moto voire un vieux camion. Pour eux, le but de notre voyage est un peu incompréhensible. Nourris à travers la télévision d’images paradisiaques des Etats-Unis, notre volonté de visiter leur pays par nos propres moyens leur parait un peu folle. Nous sommes des «gringos locos». Mais leur accueil et leur gentillesse restent incomparables.

Une autre partie de la population vit au contraire dans un luxe très occidental : grande maison, plusieurs grosses voitures, femme de ménage, cuisinière, etc… Habitués à voyager, ils sont souvent attentifs aux détails de notre expédition. Ils veulent souvent nous aider et participer à la bonne réalisation de notre voyage. Ils mettent tout à notre disposition pour faciliter notre séjour chez eux.

Entre ces deux extrêmes, il n’y a rien. Pas de classe moyenne à laquelle nous pourrions être assimilés.

Ne pensez pas pour autant que nous avons un vision angélique de ce début de voyage. L’Equateur présente également quelques problèmes pour les cyclo-voyageurs que nous sommes. Dans l’ordre :

– les chiens : ils sont la plaie de ce pays. Ils sont partout, plus ou moins sauvages, plus ou moins agressifs. Ils partagent avec leurs cousins européens la même passion pour le mollet de cycliste. Faut-il les fuir, les affronter, les insulter en espagnol, en quechua ou en français, leur jeter des pierres ou donner des coups de bâton ? Dans tous les cas, quelques décharges d’adrénaline pour nous et un peu de sport pour eux.

– les pistes : le réseau routier s’améliore en Equateur mais par moment la piste poussiéreuse, pleine de cailloux ou de sable est de retour. Il faut alors pédaler encore plus fort. Le problème est qu’aucune carte n’est à jour et que les réponses donnés par les autochtones sont souvent contradictoires.

– la pluie : cette saison est censée être la saison sèche. Il pleut (presque) tous les jours. En guise de saison, la Sierra c’est au choix : «le printemps perpétuel», «l’été et l’hiver», «4 saisons en un jour».

Et le vélo dans tout ça ? Et bien c’est parfois difficile mais quand on s’arrête quelques jours, nos jambes nous démangent et c’est avec plaisir que nous repartons lentement vers d’autres cieux. Pédaler est devenu une seconde nature. Peu de moyen de transport donne l’impression d’autant de liberté. Nos drôles de machines attirent l’attention et les curieux viennent discuter avec nous. Mais notre véritable passeport, ce sont nos enfants. C’est vers eux que tous les regards se tournent (et toutes les inquiétudes aussi). C’est certainement grâce à nos filles que nous sommes si souvent invités.

22 septembre 2010 : Namballe
 

Nous restons une journée dans ce lieu paradisiaque pour que Zoé finisse de se reposer. Notre bungalow au charme très anglais est tenue par une anglaise non moins charmante qui m’explique en détail la route qui nous attend. Pour elle, c’est l’enfer. Rien que des montées sur une route défoncée et sous une chaleur écrasante. Seul point positif, les gens de la région sont très «friendly». Elle pense comme moi qu’il vaut mieux éviter la côte, très ennuyeuse, ainsi que la route passant en Amazonie où quelques rescapés du sentier lumineux agissent encore, proximité avec la frontière colombienne oblige.

Mais rien n’entame notre bonne humeur, due en partie aux petits déjeuners gargantuesques qu’elle nous prépare.

23 septembre 2010 : Namballe – Nueva Esperanza 

Après une bonne infusion de feuilles de coca, nous voilà repartis. La route est moins difficile que prévue même s’il faut souvent pousser les vélos.

Au total, on fait tout de même 28 km entre les pierres et la poussière.

A Nueva Esperanza, il y a une école. Nous demandons à voir le directeur. Quand nous arrivons enfin devant son domicile, une trentaine d’enfants et quelques adultes ont formé un groupe autour de nous. Ils examinent nos vélos sous tous les angles. Carine demande au directeur pour dormir dans l’école. Evidemment, il n’y a aucun problème. Il nous ouvre une salle où nous rentrons les vélos toujours accompagnés des enfants du village qui me questionnent sans relâche.

Je ne comprends pas la moitié de ce qu’ils me disent mais peu importe, une famille de gringos va dormir au village et par ici, ce n’est pas si courant !

24 septembre 2010 : Nueva Esperanza – San Ignacio

Ce qui frappe au Pérou, pour nous qui arrivons du sud de l’Equateur, c’est l’extrême dénuement des villages. Pour commencer, il n’y a plus de voiture. Ici on marche ou on circule à dos d’âne, voire on emprunte un de ces taxis-motos venus tout droit d’Asie avec tigres et dragons en décoration.

Les magasins sont vides, les restaurants contiennent le minimum et les routes sont quasi-inexistantes. Même les télévisions et les postes de radio ont disparu. Et pour cause, l’électricité est rare.

Et dans ce pays, où 90% des enfants sortent de l’école sans savoir ni lire et ni écrire correctement, d’immenses panneaux expliquent comment prendre soin de sa santé.

Sur la route qui nous mène à San Ignacio, les villages sont faits de maisons assemblées en brique de terre cuite recouvertes de tôle ou de plastique.

Mais partout on nous sourit, on nous encourage ou on nous sert la main. Nous faisons rire les enfants avec nos peaux blanches et nos filles blondes.

Trempés de sueur, malgré notre départ très matinal, on arrive enfin en vue de la «grande» ville quand Zoé me fait remarquer que la roue de la carriole sort de son logement. Impossible. Je m’arrête, je démonte et là, pas de doute, l’axe de la roue est cassé. Impossible de réparer.

On profite d’une famille qui s’est arrêtée pour prendre nos filles en photo pour leur demander s’ils peuvent nous emmener jusqu’au centre ville. Pas de problème. Un fois là-bas, on se met en quête d’un atelier de réparation de vélo (après une bonne douche, précisons-le quand même). Evidemment, il n’a pas la pièce mais nous emmène dans un autre magasin où pour 30 centimes d’euros, nous faisons l’acquisition d’une vis et d’un écrou qui devraient nous permettre de repartir demain…

Pour finir, nous sommes en période d’élection au Pérou. Le 3 octobre prochain, le pays vote pour renouveler ses représentants locaux, régionaux et cantonaux. Beaucoup de propagande sur les murs. Nous allons essayer de suivre cela de près. On vous en reparlera.

La route est belle mais elle est difficile

« Donde hay un deseo hay un camino
Donde hay un camino hay una aventura »

5 jours pour faire 210km. La route de Cuenca à Loja est tortueuse et montagneuse. Elle est réputée difficile même en bus ! Pour nous ça aura été la portion la plus difficile pour l’instant.

11 septembre 2010 : Cuenca – Col du Trinajilla

La route de Cuenca à Loja est jolie et le paysage nous rappelle celui de l’Ain. Nous sommes en forme mais notre progression est ralentie par un journaliste de «El Tiempo», le 3ème journal de Cuenca qui veut aussi son interview et ses photos. Un peu plus loin, c’est une famille en voiture qui s’arrête pour nous saluer et nous offrir des fruits. Ils ont vu l’article du «Mercurio» et sont très fiers de nous serrer la pince ! Ils tiennent un hôtel à Cuenca et voudraient nous loger pour la nuit. Après 5 jours de pause, nous avons les jambes qui nous démangent. Nous refusons poliment.

On peut enfin attaqué l’ascension du col du Tinajilla (3500m). A mi-chemin la panne : la roue libre de mon vélo n’accroche plus, autrement dit je pédale dans le vide. Il est tard. On demande à camper dans une ferme, on nous ouvre la grange. Je démonte le moyeu de la roue, je resserre et je remonte : ça a l’air de fonctionner. On verra demain.

12 septembre 2010 : Col du Tinajilla – La Paz

Après la mécanique du vélo, c’est la mécanique du pilote qui flanche : cette fois-ci c’est mes intestins qui sont en roue libre. Peut-être aurais-je dû éviter la peau de cochon grillé vendue sur le bord de la route. Le fait est que je ne dors pas de la nuit aidé par un coq déréglé et un matelas dégonflé. Au petit matin, j’ai à peine la force de pousser le vélo. A midi, je dors sur le bord de la panaméricaine. Il nous faut plus de 3h pour finir de gravir le col. Au sommet, une voiture s’arrête. C’est un médecin de Cuenca qui a lu les articles dans les journaux ! Quand je vous dis qu’on a de la veine. Il fait 60km aller-retour pour nous apporter du Coca, des gâteaux et du chocolat. Et donne 20 dollars aux filles «pour aider». Comme d’habitude, impossible de refuser. Le Coca fait son effet et nous poursuivons la route entre 3200m et 3500m avec l’agréable impression de rouler sur le toit du monde. Vue plongeante sur les montagnes avoisinantes.

Le soir nous croisons un ranch à l’américaine. Il y a de la place pour camper. Pas de problème pour les propriétaires qui nous offrent un café et des croque-monsieur. Bonne idée car il commence à faire sacrément froid.

13 septembre 2010 : La Paz – Ona

Cette nuit, nous avons été télétransportés. Quand nous enfourchons nos vélos, nous nous retrouvons dans l’ouest américain : grandes lignes droites désertes, pierre et terre rouges, cactus et végétations brûlés par le soleil. On aurait dû s’en douter : un ranch en Equateur ! La route magnifique est accrochée à la montagne. Le changement de décor est brutal mais on nous avait prévenu : le sud de la sierra est désertique.

Nous passons un nouveau col pour avant de plonger sur Ona. Un énorme pick-up aménagé en camping-car nous double. Ce sont des allemands qui pendant 3 ans parcourent la panaméricaine. Eux aussi ne vont pas aussi vite que prévu ! Pour eux, nous sommes fous de traverser un pays aussi escarpé à vélo. Ce soir, nous sommes d’accord avec eux.

Enfin, nos amis pompiers nous prêtent à nouveau une chambre. Sympas.

14 septembre 2010 : Ona – Saraguro

Deux cols, soit 1200m de dénivelé positif dans la journée, ça use.

Rencontre avec Kokoro, un Japonais fou. Déjà 4 ans sur la route et encore un an à pédaler. Incroyable.

Des paysages superbes et beaucoup d’encouragements sur la route, mais ça je l’ai déjà écrit plein de fois.

15 septembre 2010 : Saraguro – Cuenca

Hier soir, nous avons dîné avec Kokoro. Il nous a parlé de son voyage, du Tibet qu’il a tant aimé et du Japon également apprécié des cyclo-voyageurs. Lui qui a pédalé presque partout trouve que les Andes sont des montagnes difficiles sans plateau avec de longues successions de cols.

La journée d’aujourd’hui  n’échappe pas à cette règle. Avec en plus pluie, vent et froid. En milieu d’après-midi, il faut se rendre à l’évidence, nous n’arriverons pas à Loja. Nous décidons de continuer jusqu’à la nuit et de trouver un endroit pour camper. Nous finirons les quelques kilomètres restant dans la matinée.

Sauf que nous sommes en Equateur ! Un pick-up s’arrête. C’est un habitant de Loja qui nous a vus partir ce matin sous la pluie. Il ne veut pas nous laisser camper ici. Il nous emmène chez lui et nous invite à planter la tente dans son jardin. Et nous rencontrons une nouvelle fois un famille adorable et accueillante…

Cuenca

Du 06 au 10 septembre 2010 : Cuenca

Cette petite semaine à Cuenca s’achève et nous aurons tout fait sauf ce que nous souhaitions : nous reposer (à  ce sujet, la petite maxime reçue il y a quelques jours correspond assez avec notre état d’esprit : «mieux vaut ajouter de la vie aux années que des années à la vie»). Il a fallu régler quelques problèmes administratifs avec la France (merci Pascal !). Ce qui nous a fait rencontrer Mme Carmen Moreno, consul honoraire à Cuenca. Très dynamique, elle nous a fait faire quelques interviews avec les médias locaux. Cette présence dans la presse pourrait bien nous aider en cas de difficultés lors de la suite du voyage.

Nous avons également rencontré Hernan, un ami de German (notre hôte à Ambato) qui nous a invités dans sa grande maison. Accueil chaleureux et discussions autour des différences culturelles entre la France et l’Equateur. Hernan est inquiet de l’influence des Etats-Unis sur l’identité de son pays. Zoé joue avec Evelyn, sa fille de 9 ans.

N’oublions pas l’aspect culturel de Cuenca avec notre premier site Inca. Il n’en reste pas grand chose à vrai dire mais les ruines montrent à quel point ces cités étaient modernes et développées. A l’intérieur du musée, des têtes réduites dorment paisiblement. Elles en ont de la chance !

Nous réfléchissons également à la suite du parcours. Après Cuenca, nous devrions traverser une zone plus désertique avant de rejoindre le Pérou. Là-bas, nous hésitions entre rester dans la Sierra (les Andes) sur des pistes ou bien descendre le long de l’océan pacifique sur la panaméricaine au risque de s’ennuyer un peu pendant les 1500km (très plats) pour rejoindre Lima. Les tuyaux de ceux qui sont passés par là à vélo sont les bienvenus.

Amis végétariens et amis des animaux, ne lisez pas ce qui suit :

Pour finir en beauté avec Cuenca et la famille Gomez qui nous accueille, nous allons ce soir au restaurant manger … des cochons d’Inde ! Et oui, ici on ne les élève pas comme animaux de compagnie mais on les mange. Il parait que ce sont les pattes la meilleure partie. Je confirme.

Bon appétit et à bientôt.

L’Espagnol pour tous

Il n’y a pas de raison pour que l’on soit les seuls à travailler notre Espagnol. Voici un peu de lecture (cliquer sur l’article pour l’agrandir).

A Cuenca

Après notre virée dans l’Oriente, nous revenons à la civilisation dans la sympathique ville de Cuenca. Nous sommes hébergés dans une famille Colombienne à la gentillesse désarmante qui nous donne bien plus que nous ne pourrons leur donner…

Carine donne sa première interview dans les rues de Cuenca pour le journal du soir.

Nous passons à la radio pour une interview dans une émission sportive où Zoé surprend en répondant en espagnol.

D’autres événements devraient suivre dans les jours qui viennent.

Départ prévu samedi … si nous pouvons partir;-)

J’en profite pour ajouter deux nouvelles pages :

«dans nos bagages» : une liste du matériel emporté (cette question revient souvent dans vos mails).

«presse» : nous essaierons d’y mettre les différents articles publiés.

Nous allons mettre à jour le journal de Zoé. Patience, elle est en train de faire ses devoirs…

L’Oriente

Toujours confortablement installés dans les locaux de l’alliance française de Cuenca (que nous remercions au passage), voici la suite du récit :

28 août 2010 : Banos – Rio Verde

Levés à 5h du matin (c’est une idée de Carine, vous vous en doutez). C’est pour la bonne cause. On va se baigner au lever du soleil dans les sources d’eau chaude de Banos. A un autre horaire, la piscine est prise d’assaut et il fuit attendre des heures avant de pouvoir entrer. Le fait est que c’est agréable de se glisser dans de l’eau à 50°C venant du volcan. Régulièrement, il faut sortir et se passer sous l’eau glacée de la cascade avant de retourner au chaud. C’est agréable et d’après les Indiens, ça soigne presque tout les maux.

Pour le reste de la journée, nous avions prévu de descendre tranquillement jusqu’à Puyo, porte d’entrée de l’Amazonie, soit 1500m de dénivelé négatif.

C’était sans compter avec Federico. Alors que Carine et Zoé sont suspendues au dessus du vide dans une tarabita (moyen de transport inventé par les Incas pour passer d’une montagne à l’autre sans redescendre dans la vallée, pas comme nous !), Federico vient observer de près la carriole.

Il veut la même pour sa moto. Nous discutons vers son étal. Federico est peintre et avec sa femme, ils fabriquent des bijoux et peignent des t-shirt et des chaussures dans leur atelier puis les vendent sur les marchés. Il insiste pour que l’on visite la huitième merveille du monde El Pailon Del Diablo située dans son village à Rio Verde. Et bien évidemment, nous sommes les bienvenus chez lui. Ce n’est qu’à 18km. Nous prenons notre temps, le paysage se transformant petit à petit du paysage andin des hauteurs en celui plus dense et plus vert de l’Amazonie. Des cascades surgissent de partout et des plantes géantes prennent le relais des arbres.

La cascade de Rio Verde tient ses promesses. Nous l’ajoutons à la liste des huitièmes merveilles du monde déjà visitées.

Nous nous baladons à pied dans les environs de Rio Verde, Zoé et Mahaut se voient offrir des cadeaux par les commerçants du coin. A la nuit, nous mangeons avec Federico & Jenny et un ami. Nous discutons en buvant de la bière (ça nous change des jus de fruits et du coca). Assommés de fatigue, nous partons nous coucher au milieu de la soirée. Se lever si tôt, ça ne nous réussit pas.

La route descend, la température monte.

Nous goûtons à la spécialité locale ; la truite. On boit du jus de canne pour recharger nos batteries et arrivons à Puyo où l’hospitalité nous est offerte ce soir par les pompiers.

Au petit matin, ils nous invitent à partager leur petit déjeuner. Les cheveux d’or de Zoé et Mahaut font une nouvelle fois fureur.

Moustiques partout, justice nulle part.

30 août 2010 : Puyo – Reserva Hola Vida

J’écris tranquillement installé dans un hamac. Le rythme équatorien gagne du terrain…

Ce matin nous rendons visite à un couple de suisses francophones qui ont monté, il y a quelques années, un refuge pour les singes victimes du trafic d’animaux (le troisième trafic illégal d’équateur). Ces singes, habitués à l’homme, sont attachants et fouillent dans nos poches tout en nous grimpant dessus. Ils apprécient particulièrement la chevelure de Carine.

Au moment de partir, l’un d’eux tentera même la grande évasion en grimpant sur la carriole.

Pour le reste, la route continue à descendre, disons globalement, avec quelques côtes comme seul l’Equateur sait en produire.

Une fois de plus, nous décidons de ne pas suivre la route principale qui coupe à travers la forêt équatorienne, pour rejoindre à l’aide d’une route partiellement asphaltée une réserve écologique. L’endroit est sublime, au bout du monde. Rusés, nous montons la tente sous une cabana, pour ne pas avoir à payer et être à l’abri de la pluie. Les chutes d’eau nocturnes sont impressionnantes. Heureusement, les hamacs sont au sec.

31 août 2010 : Repos (ou presque)

Nous sommes à une dizaine de kilomètres de Nuevo Mundo. Déjà une semaine que nous pédalons. Nous décidons de rester une journée pour «descansar», verbe sublime qui signifie «défatiguer». L’Equateur comme nous l’imaginions est ici. Les bruits de la forêt, les oiseaux colorés, les fleurs gigantesques, les piscines naturelles nous donnent envie de profiter un peu plus de l’endroit. Bien évidemment, on ne tient pas en place et on se fait une petite balade dans la forêt suivie d’une virée en pirogue.

Pas d’eau courante, pas de douche, pas de cuisine, nous nous adaptons à cette vie nature.

Ce pays est magnifique et nous allons nous y attarder.

Suite du petit lexique d’espagnol :

«Cuanto cuesta tu bicicleta ?» : Combien coûte ta bicyclette ? Question essentielle quand on sait qu’ici, un vélo neuf (VTT) coûte entre 2000$ et 5000$, soit trois fois plus qu’en Europe.

«Te gusta Ecuador ?» : Ca te plait l’Equateur ? Les Equatoriens sont fiers de leur pays et encore plus des «gringos» qui essaient de le découvrir à vélo.

«La comida es muy buena en Ecuador» : La nourriture est très bonne en Equateur. Beaucoup de riz, un peu de viande et de légumes et beaucoup de jus de fruits frais. Avec un tel régime, pas étonnant que dans certains villages, on trouve beaucoup de centenaires.

01 septembre 2010 : Nuevo Mundo – Chuitaya

Les soirs se suivent mais ne se ressemblent pas. Pour cette nuit, c’est dans une sorte d’hôtel au bord de l’eau normalement fermé que nous trouvons à dormir. On se lave dans le Rio Pastaza tout proche et comme tous les soirs, nous nous faisons dévorer par ces moustiques noirs minuscules dont les piqures sont très douloureuses.

Dans la journée, nous avons poursuivi notre route à travers l’Amazonie.

Nous avons traversé de nombreuses communautés shuar, descendants directs des indiens Jivaro, célèbres pour leurs réductions de tête. Ils ne s’amusent plus à ça depuis longtemps et vivent dans de petites maisons sur pilotis.

Ils ne nous ont même pas attaqués pour nous dépouiller sur cette route déserte réputée dangereuse. Il semble que beaucoup d’Equatoriens aient peur des indigènes. Des réflexes de méfiance envers les plus pauvres que l’on connait malheureusement bien en Europe également.

02 septembre 2010 : Chuitayo – Macas

Plus de 60 km de montagnes russes entre Chuitayo et Macas dont une partie sous la pluie et tout ça pour arriver dans une ville peu accueillante : ça vous donne une idée de notre moral en fin de journée.

En plus, les petites sont un peu malades (eau? nourriture ? chaleur ?) et moi aussi d’ailleurs. Bref, nous ne sommes pas mécontents de quitter ce petit bout d’Amazonie pour rejoindre à nouveau les Andes.

03 septembre 2010 : Macas – Tayuza

Encore 60km à monter et à descendre. En fin de journée nous demandons dans les villages où camper. «Allez à l’hôtel» nous dit-on. Pourquoi des gringos comme nous veulent-ils camper? Parce que les hôtels sont loin.

A la nuit tombante, je repose la question à deux curieux qui viennent me voir. «Tu peux dormir là» me disent-ils en me montrant du doigt un petit parc au centre du village. Même réponse donnée à Carine par la marchande du coin. Bon, et bien dormons là. Je ne dors que d’un oeil entre les aboiements des chiens et le chant des coqs.

04 septembre 2010 : Tayuza – Mendez

Allez, on s’offre le luxe d’une petite étape et d’une arrivée avant 11h. Il fait une chaleur à tuer un cyclo-touriste et toute sa famille avec. Une terrasse ombragée nous tend les bras. On s’installe quand deux cyclos suisses germanophones arrivent. Ils viennent d’Argentine et remontent sur Quito avant de rejoindre Zurich. Ils vont manger mais passent à leur hôtel avant pour prendre une douche. Regard envieux de Carine. OK, j’ai compris, on s’offre l’hôtel. De toute façon, nous avons vraiment besoin de nous laver.

05 septembre : Mendez – Cuenca

Comment faire pour parcourir les 180km qui nous séparent de Cuenca sachant que l’on a devant nous 2000m de dénivelé (positif cette fois) et que nous sommes attendus demain pour quelques projets dont je vous reparlerai plus tard ?

Prendre le bus est impossible, il ne prenne qu’un vélo à la fois et le tandem pose problème. Reste le pouce. Toujours optimistes, et malgré les avertissements des autochtones, nous nous lançons dans le combat du cycliste au vélo chargé contre la pesanteur. Assez vite, nous comprenons qu’à ce rythme, il nous faudra au moins 4 jours. Mais comme toujours dans ce pays, il faut compter sur l’extrême disponibilité des gens. La première voiture ne va que cinq kilomètres plus loin. La deuxième va à Cuenca mais est déjà bien chargée. Pas de de problème, ils ont l’art et la manière de charger 2 vélos, 12 sacoches et 4 personnes.

Cinq heures de trajet à l’arrière d’un pick-up serrés entre les vélos et les sacs de citron sur des pistes défoncées est une expérience à tenter pour vérifier si l’on a l’estomac bien accroché. Le mien n’a pas tenu le coup. Le paysage devait être très beau mais moi je n’ai rien vu.

Nous arrivons à Cuenca dans la famille de Heriberto. Non content de nous avoir véhiculé depuis l’Amazonie, il nous propose de rester chez lui avec ses enfants quelques jours alors qu’il repart à Guayaquil. Une fois de plus, la gentillesse de nos hôtes nous sidère. Heribert est Colombien et pour lui c’est naturel d’accueillir des inconnus chez lui. Et quand nous proposons d’aider ou de faire quelques courses, une seule réponse : «nada !». OK, ça on a bien compris.

Welcome to the jungle

Nous sommes à l’alliance française de Cuenca où nous avons enfin trouvé un accès internet qui devrait nous permettre de mettre à jour le blog dans les jours qui viennent.

26 août 2010 : Latacunga – Ambato / 5 leçons d’hospitalité en 24h

Demi-heure studieuse

1 – La pizzeria :

Difficile de trouver où manger le soir à Latacunga. La ville s’endort tôt et de manière générale les équatoriens mangent peu le soir. C’est dans la seule pizzeria ouverte que nous allons avec Joaquin. Nous dévorons nos lasagnes. Il est tard et Zoé s’endort à table. Le restaurateur nous propose de nous ramener avec sa voiture. Inutile de protester, il ne veut pas que l’on réveille Zoé en marchant. Retour motorisé chez Joaquin.

2 – Cynthia & Co. :

Petit déjeuner officiel

Au réveil, nous filons (en retard comme toujours) à la mairie pour un petit déjeuner organisé en notre honneur par Cynthia et ses collaborateurs. On se régale des spécialités de la région et je regrette que mon espagnol soit si balbutiant. Embrassades, encouragements, nous repartons tout sourire (c’est contagieux).

3 – Joaquin :

De retour chez notre hôte pour la nuit pour finir de préparer les vélos, celui-ci rentre de ses 2 heures de vélos quotidiennes. Il nous donne un bloc de sa potion magique : du sucre de canne à diluer dans notre eau. Je prends rendez-vous pour l’escalade du Cotopaxi dans un ou deux ans.

4 – Marco, le vendeur de glaces :

A Salcedo, la spécialité c’est la glace aux fruits. A tel point qu’il n’y a que des échoppes vendant des glaces. On s’arrête pour en acheter une pour Zoé. Au moment de payer, impossible. Marco tient à nous offrir cette glace. Nous restons une demi-heure à discuter avec lui (tiens, mon espagnol s’améliore).

5 – Le restaurant :

Il pleut, nous avons faim. Allons-y pour le traditionnel «almuerzo» à 1,50$. Nous arrivons un peu tard dans un restaurant qui ne doit pas souvent voir passer des «gringos» : toute la salle nous regarde en souriant. Comme d’habitude, nous avons droit à une nourriture simple et saine. A la fin du repas, alors que Carine est aux toilettes avec les filles, les trois femmes qui tiennent le restaurant m’assaillent de questions (elles ont du sentir que je devenais bilingue). Je réponds aux traditionnelle questions : d’où viens-tu, où vas-tu et surtout est-ce que l’Equateur te plaît ? Quand à cette dernière question je réponds par l’affirmative, les sourires s’élargissent encore.

6 – German :

Nous arrivons à Ambato. La ville a été complètement détruite en 1949 par un tremblement de terre. Son relief escarpé doit venir de là et ne plait pas à nos mollets. Dans une montée sinueuse particulièrement difficile où notre vitesse avoisine le 0km/h, une voiture se met en warning et nous suit, nous protégeant ainsi de la circulation. Arrivé en haut, je fais un signe amical au conducteur et le remercie de son attention. Il s’arrête et nous demande où nous allons. Quand il apprend que nous cherchons la mairie, il charge les vélos sur son pick-up et nous emmène. Il me tend sa carte et comme d’habitude, si nous avons besoin de quelque chose, il suffit de l’appeler. Ben justement on cherche un coin pour dormir. Devinez ce qui se passe ? Tous chez German pour une bonne douche, une visite guidée de la ville, un restaurant et une bonne nuit de repos. Sa femme me dit que je parle bien espagnol. C’est vrai que j’ai progressé en 24h. Mais c’est en matière d’hospitalité que les leçons sont les plus marquantes.

Petit lexique d’espagnol équatorien des phrases que l’on entend le plus :

mi casa es tu casa : ma maison est la tienne

no hay problema : il n’y a pas de problème

con gusto : avec plaisir

no te preocupes : ne t’en fait pas

Le long de la panaméricaine :

Petite leçon de conduite :

Les règles pour faire du vélo le long de la panaméricaine :

– rester à droite mais pas trop car le bord de la route est un fossé

  • se méfier des bus qui sont les rois de la route et qui se déportent régulièrement à droite pour récupérer ou jeter des passagers
  • éviter les nids de poule ou pire les égouts sans plaque d’égout
  • éviter les pierres qui n’ont rien à faire là mais qui y sont
  • doubler les véhicules garés sur le bord (panne, pause pipi, sieste)
  • faire un sprint quand un chien déboule en aboyant
  • deviner si le chien au bord de la route va débouler en aboyant
  • ne plus respirer quand un camion peine à nous doubler tout en crachant une fumée noire
  • ne pas mourir asphyxié quand les montées durent 20km
  • ne pas exploser un pneu quand les descentes durent 20km
  • répondre à chaque pouce levé d’un geste de la main en lâchant le guidon tout en continuant à respecter les règles précédentes
  • chercher à manger et à boire (et s’arrêter dès qu’on a trouvé)
  • garder le sourire et regarder le paysage (on est venu pour ça, non ?)

Ambato :

27 août 2010 : Ambato – Banos

On nous avait conseillé de rester sur la panaméricaine pour traverser le pays. Mais la panaméricaine, on en a un peu marre et visiter l’Equateur sans descendre en Amazonie, ce serait un peu dommage. Alors cap sur l’Oriente avec une première étape à Banos (les bains en espagnol), connu pour ses sources d’eau chaude. Ce matin, German nous emmène avec son pick-up à la sortie de la ville.

On enfourche nos vélos et commence alors la longue descente vers l’Amazonie. La route serpente dans des vallées grandioses et chaque pause pour laisser refroidir les jantes de nos vélos est prétexte à faire des photos.

Ici, on cultive à la verticale.

On aperçoit notre premier condor 😉

Le temps se gâte et le vent est tel qu’il nous faut pédaler pour avancer en descente ! L’après-midi, nous laissons nos vélos à l’hôtel (offert car l’hôtelier est un ami de German) et nous partons marcher sur un sentier surplombant la ville jusqu’à un observatoire permettent de voir le Tungurahua. Arrivés au sommet le ciel se lève et nous offre une vue superbe sur ce volcan qui s’est remis en activité depuis 1999 et qui reste une menace pour la ville de Banos.

Tarzan

Jane

Ce soir il pleut : un avant goût de l’Amazonie ?

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