Une famille Un monde

Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Mois : juillet 2010

De l’autre coté des Pyrénées

27 juillet 2010 : Canet – Le Boulou

Nous quittons Marie-Jo et Gérard ce matin.

Armés d’une carte IGN de la Costa Brava, nous suivons les conseils de Gérard pour rejoindre l’Espagne par le col du Perthus. Une route interdite aux vélos nous fait rebrousser chemin et trouver un autre passage. Finalement, nous dormons un peu avant la frontière.

Baraque de pêcheur à Canet

28 juillet 2010 – Le Boulou – Figueres

Cette journée fût difficile. Elle avait pourtant bien commencé par une ascension du Perthus plutôt facile. Les camions sont interdits sur cette route la journée et les touristes en voiture sont prudents sur ces routes sinueuses.

Le Perthus coté espagnol

Coté espagnol, c’est le contraire : la plupart des touristes français ne vont pas plus loin et s’arrêtent à la frontière pour acheter alcool et cigarettes. Pour nous, il faut jongler entre les poids lourds sur l’unique route jusqu’à la Jonquera. Dès que possible, nous tentons notre chance vers l’ouest mais ça grimpe raide et nous finissons par nous perdre en suivant des chemins de randonnée.

Le charme des villages espagnols

A quelques kilomètres de Terrades, sur les conseils des habitants et parce que nous n’avons plus un centime en poche, nous virons sur Figueres. Nous y trouvons de quoi manger mais pas un endroit pour dormir. Un peu assommés par la chaleur et avec la nuit qui s’annonce, nous demandons à planter notre tente à la première maison avec jardin. Nous avons la chance de rencontrer Claire qui vit ici depuis 7 ans avec qui nous discuterons un bonne partie de la soirée. En plus des cartes de la région, nous trouverons le lendemain matin des tomates et des livres pour les enfants à emporter avec nous.

Un peu d'ombre

29 juillet 2010 : Figueres – Salt (Girona)

Nous avions pris rendez-vous avec Pau et sa famille par l’intermédiaire du site warmshowers.org. Il nous faut donc arriver à Salt avant la nuit. Mais encore une fois, le jeu est d’éviter la terrible « national dos » et les autoroutes. C’est par Banyoles que nous passons.

Le ciel se couvre

L'étang de Banyoles

Mais au bout de 60km, le seul moyen d’entrer dans Girona est une 2×2 voies où la vitesse minimale conseillée est de 60km/h ! Pas le choix, l’arrivée sur Girona est périlleuse mais l’accueil chez Pau et sa famille nous fait oublier les difficultés. Autour d’un délicieux plat catalan (fideua) nous discutons dans un mélange d’espagnol, de français, d’anglais et de catalan.

Moltes gracies Pau, Carme, Arnau i Julia !

Vous pouvez désormais consulter également le journal de Zoé (voir onglet en haut de la page d’accueil du site).

Repos à Canet

Nouvelle journée de repos, cette fois-ci à Canet-en-Roussillon, où nous sommes superbement reçus par Gérard et Marie-Jo et où Zoé retrouve sa meilleure « copiiiiiiine » et son meilleur « copaaiiiiiin ». On va en profiter pour réviser un peu les vélos, répondre à nos mails, prévoir (un peu) notre route jusqu’à Barcelone et faire le tri des photos et vidéos de ces 10 derniers jours.

Des canaux à la mer

16 juillet : Générargues – St Martin de Londres

La route qui nous emmène des Cévennes à la vallée de l’Hérault est superbe.

Arrivée sur Anduze

Nous trouvons de l’ombre et de l’eau fraîche au cœur des villages.

Nous roulons toute la soirée sous un soleil moins agressif. 55km plus tad, nous sommes à St Martin de Londres dont le nom, comme son homonyme anglais, signifie « colline brumeuse ».

Mais de brume, nous ne trouverons pas. Seule une place de village garnie d’une fontaine à laquelle tous les cyclistes de passage viennent boire. Pensant qu’elle est peut-être sacrée et qu’elle décuple la force des mollets, j’en prends un litre. Sait-on jamais…

17 juillet 2010 : Repos

Zoé profite de la piscine où les règles sont clairement indiquées par une grande peinture murale :

A la fin de la journée, nous pensons troquer le tandem contre un tridem. Conclusion : trop large.

18 juillet 2010 : St Martin de Londres – Gignac

Belle route dans la Garrigue.

Villages sympas.

Grandes descentes.

Route barrée.

Il faut remonter !

Arrivée dans la vallée de l’Hérault et nuit à la belle étoile dans un coin tranquille.

19 juillet : Gignac – Vias

Carine et moi essayons de confier le pliage des matelas aux filles.

C’est un échec.

Nous suivons la vallée de l’Hérault vers la mer. C’est une motivation supplémentaire pour Zoé. D’ailleurs nous roulons 65km aujourd’hui. Les petites routes que nous empruntons sont désertes alors que les autoroutes sont saturées. Tant mieux pour nous. Notre seule préoccupation est de trouver de l’eau (15 litres dans la journée !). C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Jean-Marie qui après avoir rempli nos gourdes et, visiblement inquiet pour nos filles, nous propose d’aller cueillir des prunes et des figues. Il nous montrera ses cochons et ses lapins et nous repartirons les vélos ornés de plumes de paon !

20 juillet 2010 : Vias – Colombiers

Après une nuit non loin de cap d’Agde où les vendanges (celles des touristes) ont déjà commencé, nous suivons le canal du midi direction Béziers. C’est un vrai régal de pédaler à l’ombre le long de l’eau.

Sur la partie asphaltée avant Béziers, nous ne sommes pas vraiment seuls (136 cyclistes croisés d’après la comptabilité tenue par Zoé). Petit cours pratique sur le fonctionnement d’une écluse et passage devant l’impressionnant escalier d’écluses (21 m de dénivelé).

Toutes les nationalités viennent prendre en photo ce système. Nous sommes également photographiés par les plaisanciers dont nous dépassons les embarcations. Enfin un engin motorisé plus lent que nous !

21 juillet 2010 : Colombiers – Sallèles d’Aude

Rouler le long du canal du midi est presque trop simple. Heureusement quelques incidents techniques et une chute sans gravité viennent pimenter la journée. Nous bifurquons le long du canal de la Robine pour rejoindre Narbonne.

22 juillet 2010 : Sallèles d’Aude – Port la Nouvelle

Franchir l’Aude par un pont de chemin de fer a été notre petite aventure du jour. Épaulés par un couple de cyclistes et deux randonneurs, nous avons monté les vélos, puis les sacoches et enfin la remorque sur le pont.

Mention spéciale à Théo (11 ans) qui nous a bien aidé dans cette opération qui a duré presque une heure.

C’est fou ce qu’on est prêt à faire pour éviter les voitures.

Après un pause repas au centre de Narbonne, nous retrouvons la mer. Vent et orages toute la nuit.

23 juillet 2010 : Port la Nouvelle – Port Barcarès

D’un port à l’autre, nous essayons de suivre les tronçons d’une piste cyclable discontinue empruntés également par les voitures et les camping-cars à la recherche d’un endroit tranquille. Entre l’étang et la mer, la route traverse aussi bien la pinède que les alignements de résidences touristiques en bord de mer. On est loin des superbes pistes cyclables de la côte atlantique.

Le soleil a baissé en intensité remplacé par son ami le vent. Si les rafales ont bien failli nous faire tomber de nos vélos, il faut reconnaitre que ce vent venant de la terre nous a souvent poussés. Avec la carriole en guise de voile, plus besoin de pédaler.

Ardèche, Gard, Cévennes et « Papy »

Après 2 jours de repos mérités (?), nous repartons le 12 juillet et rattrapons le Rhône derrière Donzère.

Et comme la circulation ce lundi matin est plutôt calme, nous restons sur la N86 jusqu’à St Martin d’Ardèche. Le lieu est hautement touristique et, pour faire plaisir à Zoé, nous nous rendons dans un camping avec piscine trop cher et peu agréable.

Le lendemain (13 juillet) nous profitons une dernière fois de la piscine (à ce prix là!) avant d’attaquer les routes vallonnées de l’Ardèche et du Gard. Il fait chaud alors les 11°C de l’Aven d’Orgnac à 100m sous terre nous font de l’œil. Zoé et moi mettons nos polaires (nous ne les aurons pas transportées pour rien) et visitons pendant une heure ce gouffre climatisé. Puis direction le soleil couchant et nuit à Barjac.

Ce 14 juillet, nous fuyons les départementales surchargées et entrons dans les Cévennes par les routes secondaires. Les premiers village traversés sont loin de l’image de carte postale véhiculée par cette région. Même l’accueil ne suit pas. Carine aura du mal à obtenir de l’eau dans un bar pour nos gosiers assoiffés. La route s’embellit à l’approche d’Alès. Nous traînons au bord des cours d’eau et nous faisons pêcher les enfants pour le repas du soir.

Le résultat de la pêche ne suffisant pas à la survie de notre famille, nous nous enfilons 1kg de frites à la première fête du 14 juillet rencontrée. A 20h passées, nous cherchons où dormir et suivons sans trop y croire les indications que l’on nous a données pour un « petit camping familial ».  Le camping est bel et bien fermé mais son propriétaire est toujours bien là qui nous propose dans l’ordre : de nous recevoir, de nous ouvrir un de ses chalets, de nous préparer le repas pendant qu’on se baigne dans sa piscine et de boire une coupe de champagne suivi d’un excellent vin rouge.

« Donner sans recevoir » est le plaisir de Guy, la soirée, la nuit et le petit déjeuner étant offerts gracieusement. Les filles sont aux anges et nous n’en revenons pas d’une telle hospitalité. Dommage qu’un fonctionnaire zélé ait poussé le camping à fermer. Ça devait être quelque chose quand « Papy » recevait les famille d’habitués ! Et comme les bonnes choses arrivent par lot, nous rencontrons aussi Jules qui, en nous voyant arriver avec nos vélos chargés, nous explique qu’il a effectué plusieurs tours de France à vélo et à pied et qu’il envisage un tour d’Europe à vélo et un tour du monde à pied. Zoé passera la soirée avec sa fille Anaïs. Merci à tous.

15 juillet : Après cafés, tartines et confitures maison, nous quittons avec regret Guy pour descendre vers le sud des Cévennes.

Nous annulons notre idée de descendre vers Anduze quand on apprend que 80 000 touristes envahissent le village l’été. On s’arrête à quelques kilomètre en amont. Un accès wifi inespéré, et voilà le blog qui avance.

Les terribles insectes du Sud de la France

LES SECRETS DERRIÈRE LES ASCENSIONS FULGURANTES ENFIN RÉVÉLÉS :

Le carburant

Le moteur

Le GPS

A bientôt.

Des vélos dans le ciel

Des vélos dans le ciel

Sommes-nous victimes d’une hallucination due au soleil ? Une petite surprise en notre honneur organisée par les gens du village ? Non, c’est seulement le tour de France qui arrive mais alors très loin derrière nous !

Autre information importante : l’apprentissage de la propreté continue pour Mahaut : de « pipi pot », nous sommes passés sans encombres à « pipi nature » puis à « pipi voiture » ce qui nous a permis de vérifier la parfaite étanchéité de la carriole…

Brèves de tandem :

Zoé : « Dans la cordillère des Andes, les côtes seront encore plus raides ? » « Oui, ma puce » « Bon, ben il est encore temps d’annuler ».

6 juillet : partis de Cour-et-Buis vers 11h, nous rejoignons Beaurepaire par une grande descente à près de 50km/h pour remonter vers Hauterives où nous préférons la dégustation d’une glace à la visite du palais du facteur cheval. Plus loin, la route nous réserve une belle surprise que Mahaut a d’abord dû prendre pour un mirage : une machine à lait !

La Machine à Lait

Deux litres du précieux breuvage cru après, nous reprenons notre route à travers les collines de la Drôme pour finir dans un de ces coins perdus que nous affectionnons particulièrement. Avec un nuit à la belle étoile en prime.

Descente sur Montchenu

Notre jardin pour ce soir

7 juillet : au petit matin, nous découvrons que notre hôte Bernadette dans la Drôme est la cousine germaine de Fernande, notre voisine à Rignieux. Bonjour à toutes les deux ! Nous traversons l’Isère à Romans et nouvelle nuit à la belle étoile après une soirée studieuse en compagnie de Clarisse.

Cahiers de vacances pour tous

Un peu de vélo après le tandem

Photo souvenir

8 juillet : On continue à travers la Drôme en longeant le Vercors. Chaude journée et pause à Crest pour une peu de fraîcheur.

La Drôme à Crest

En fin d’après-midi, on se retrouve chez Eric que je n’avais pas vu depuis 4 ans et avec qui nous discuterons, jusqu’à tard dans la nuit, de voyage en Amérique du sud qu’il connaît bien pour l’avoir parcourue pendant 6 mois. Nuit au château !

Le nouveau groupe de rock à la mode ?

9 juillet : le ciel légèrement voilé nous a laissé croire qu’il ferait moins chaud. Erreur ! Le vent a disparu et il fait très chaud. Le jeu du jour consiste alors à passer sous les arrosages des champs de maïs. Le soir ce sera piscine chez Bastien et Cynthia chez qui nous somme reçus comme des rois (comme d’habitude) :

Donzère by night

Pizza, Piscine et P'tit rosé

Un week-end de repos et on reprend la route lundi.

Chaud Time

Petit bilan de ces quatre dernières journées :

3 juillet 2010 : Rignieux – St Romain de Jalienas

Rangement de la maison dans des cartons et préparation des vélos,

courte nuit sur le trampoline (merci Hélène et Bruno),

tornade ménagère (merci les parents, merci Ingrid et David), grosse fatigue, départ sous la banderole (merci Axelle et Théo),

photos, larmes,

les dernières 24h avant le départ ont été un grand chaos. Et puis après quelques kilomètres (merci Marc pour l’accompagnement), la magie du voyage a à nouveau fonctionné : oubli progressif de ces dernières journées trop remplies, automobilistes s’arrêtant pour nous ramasser les objets tombés de la carriole, rencontres, questions et encouragements à chaque arrêt, Zoé en pleine forme, Mahaut à la sieste, douches, bivouac et nuit bien méritée.

Nous voulions plutôt partir discrètement mais votre présence à tous nous a beaucoup touchés. Merci à Marcel d’avoir fait le déplacement. Pour nous, tu es un peu le parrain de cette aventure.

Brèves de tandem :

– Maman, nous n’avons pas goûté.

– Pour goûter, il faut pédaler un petit peu. La boulangerie est au prochain village.

– Pour faire le plein d’énergie, il faut user de l’énergie. C’est drôle !

PS : nous avons franchi notre première frontière … entre l’Ain et l’Isère.

Bye Bye l'Ain

Déjà dans la forêt équatoriale ?

Campement avant l'orage

4 juillet 2010 : St Romain de Jalienas – Artas

Après une nuit arrosée (par les orages), nous quittons la ferme des épinettes pour continuer notre route vers le sud. On y découvre ce qui n’est pas signalé sur la carte routière : le relief. Nous gravissons lentement les nombreuses côtes en râlant et oublions tout à chaque descente. Un cyclo hollandais nous montre dans son guide que la route que nous empruntons (au hasard) est célèbre aux pays bas. Elle relie Amsterdam aux Saintes Marie de la Mer. Il me demande comment j’arrive à tirer la carriole dans les montées. Je lui répond : « lentement ». Malgré la chaleur, nous faisons nos 40km. Arrivée à Artas, dont j’apprends qu’elle est la ville à l’origine de la fête des mères, la chance nous fait rencontrer Agnès, Hugo et Jessica qui nous propose spontanément de planter la tente dans leur jardin en plein cœur du village. Il est 18h30, nous acceptons immédiatement. Qui a dit que la richesse du voyage à vélo est dans les rencontres ?

5 juillet 2010 : Artas – Cour-et-Buis

Brèves de tandem :

Au sujet des craquements du tandem, Zoé : « Si ça continue, il va rentrer tout usé le tandem »

The Bike Sisters

Pause café

Zoé studieuse

Le soir, à l’étape, Zoé écrit son journal de bord. Ce soir, c’est assez poétique :

Nous sommes quatre avec deux vélos

Et c’est très rigolo

De voyager à vélo

Mais quand il y a un grande montée

Nous sommes tous très fatigués

Et nous voulons nous reposer

Et c’est l’heure du repas

Et nous ne sommes plus tout plats

Parce que nous sommes courageux

Et nous ne sommes pas des screugneugneus

Ce soir, nous dormons chez Mireille et Guy,  passionnés de voyage également. Leur dernier voyage en inde est relaté ici : gm.inde.over-blog.com Un grand merci à eux et à Céline de nous avoir reçu.

En enfin, pour changer un peu, et parce que je suis fatigué d’écrire, voici un résumé vidéo rapide de la journée :

A bientôt.

Avant le départ

A la question « Êtes-vous prêts ? », nous répondons « non ». A moins de 24h du départ, il nous manque encore quelques pièces de vélos, l’étage de la maison n’est toujours pas débarrassé, et les petits soucis administratifs s’accumulent. Mais vous êtes tellement nombreux à nous encourager de vive voix, par mail ou à travers les commentaires de ce blog, que nous maintenons le cap et nous partirons bien demain. Dès que nous nous serons éloignés, libérés de l’écrasante présence des objets (pourquoi accumulons-nous tant de choses ?), nous trouverons bien du temps pour vous répondre à tous.

Au fait, merci les parents : « Nous sommes partagés entre deux sentiments;la fierté et l’inquiétude. Nous sommes fiers de votre courage, fiers de votre ouverture d’esprit tournée vers les autres, fiers de votre soif de découvrir d’autres cultures, admiratifs du travail de préparation que vous avez fourni pour mener à bien ce projet. Notre inquiétude est celle tout à fait naturelle de parents et de grands-parents qui vous aiment. Mais rassurez-vous notre fierté supplante largement nos craintes. Bon vent à tous les quatre!!! ».

Quelques photos de la préparation des vélos :

Le Fahrrad Manufaktur T400 chargé

Le KHS Tandemania

... et surout n'emporter que l'essentiel !!

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